Avec le retour de Ran Gvili, le ToI retire son bandeau « Israël en guerre » après 843 jours
Le Hamas n'est pas détruit, souligne David Horovitz, mais avec le retour du dernier otage - qui marque officiellement la fin de la phase 1 du plan Trump - "la guerre sous sa forme actuelle est terminée"
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Avec le retour du corps de Ran Gvili, le Times of Israel a retiré du jour au lendemain le bandeau « Israël en guerre » de l’en-tête de son site, soit 843 jours après l’invasion, le massacre et les enlèvements de masse perpétrés par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël.
Ran Gvili, 24 ans, sous-officier de l’unité d’élite de police Yassam avait revêtu son uniforme le jour du pogrom et était parti en guerre malgré une épaule cassée huit jours avant le 7 octobre 2023. Il a combattu pendant des heures contre les terroristes envahisseurs au kibboutz Alumim, avant d’être tué et son corps emporté à Gaza.
Il était le dernier otage, vivant ou mort, détenu par les groupes terroristes de Gaza. Son corps a été localisé et identifié lundi par les troupes de l’armée israélienne dans le cimetière al-Batash, dans le quartier de Shejaiya, à Gaza-City.
Dans une opinion publiée il y a six semaines et intitulé « En attendant Ran Gvili », le fondateur du Times of Israel, David Horovitz, notait que plusieurs lecteurs lui avaient écrit au sujet du bandeau.
« Il y a des raisons convaincantes de penser que la guerre est désormais terminée, mais il y a également des raisons convaincantes d’affirmer qu’elle ne l’est pas. Des lecteurs nous ont écrit à ce sujet, la plupart d’entre eux soutenant la première thèse plutôt que la seconde. »
« Les guerres se terminent généralement par un cessez-le-feu, et un accord de cessez-le-feu a en effet été signé par les délégués israéliens et du Hamas à Charm el-Cheikh le 9 octobre dernier, après avoir été approuvé de fait par le gouvernement israélien. Il est entré en vigueur le lendemain », a écrit Horovitz.
Il avait également ajouté que « le président américain Donald Trump, qui a joué un rôle central dans la négociation de cet accord, a déclaré à plusieurs reprises que la guerre était terminée et a clairement exprimé sa détermination à empêcher la reprise d’un conflit militaire intense ».
Enfin, « la plupart des troupes israéliennes se sont retirées de la bande de Gaza, la plupart des réservistes ont été renvoyés chez eux et Tsahal s’est largement, mais pas exclusivement, limité à des opérations de défense ».
Néanmoins, Horovitz n’était « pas tout à fait convaincu » que le moment était venu de retirer le bandeau, en grande partie parce que le corps de Ran n’avait pas encore été rapatrié.
« Nous lui devons, ainsi qu’à ses proches, de prendre la décision symbolique d’attendre encore un peu avant de déclarer que la guerre dans laquelle il a sciemment risqué sa vie pour son pays, et perdu la vie en protégeant son peuple contre l’armée terroriste envahissante de la quasi-nation voisine, est terminée. »
Dans un édito publié lundi, alors que le corps de Ran était rapatrié en Israël, Horovitz a souligné que l’un des deux objectifs essentiels de la guerre n’avait pas encore été atteint.
« Il va sans dire que le Hamas n’a pas renoncé à son objectif d’éliminer Israël. Au contraire, il a manifestement conclu que la libération, dans un premier temps, des vingt otages encore en vie, puis, enfin, des vingt-huit otages morts, était le meilleur moyen d’éviter une pression militaire israélienne soutenue par les États-Unis, qui risque de s’intensifier. Contrôlant toujours près de la moitié de Gaza, il estime créer les conditions qui lui permettront de brouiller les pistes quant au sort exact de ses armes, de reconstituer ses effectifs et ses ressources, de continuer à bénéficier du soutien d’un monde rempli d’ennemis d’Israël et d’idiots utiles, d’attendre un leadership américain plus favorable, et de reprendre sa soi-disant ‘résistance’ contre l’État juif. »
« Officiellement, la récupération du corps de Gvili marque la fin de la première phase du vaste plan de paix du président américain Donald Trump pour Gaza, et ouvre la voie aux phases suivantes, dans le cadre desquelles le Hamas devra déposer les armes, la bande de Gaza devra être démilitarisée, l’armée israélienne devra se retirer progressivement, et une nouvelle Gaza, qui ne constituerait plus une menace, devra être construite », a-t-il poursuivi.
« Dans l’immédiat, Ali Shaath, l’ancien vice-ministre de l’Autorité palestinienne nommé à la tête du Comité national pour l’administration de Gaza [NCAG], a annoncé jeudi que le poste-frontière de Rafah entre Gaza et l’Égypte ouvrirait dans les deux sens dans les jours à venir. Et Netanyahu, qui craint profondément que toute concession de ce type ne soit exploitée par le Hamas, toujours puissant, a accepté à contrecœur, au grand dam de ses partenaires de coalition d’extrême droite. Dimanche soir, son cabinet a conditionné la réouverture du passage à l’achèvement des recherches du corps de Gvili. Une condition qui est désormais remplie. »
En bref, « le Hamas n’est pas détruit », mais « la guerre sous sa forme actuelle est terminée ».
Et avec le retour du corps de Ran Gvili, Horovitz a conclu : « Les dirigeants politiques et militaires israéliens ont levé un obstacle crucial dans la reconstruction de leurs relations avec les citoyens qu’ils ont si dramatiquement échoué à protéger il y a de cela 843 jours. Les otages ont été libérés. Jusqu’au dernier. »
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