Avi Bluth évoque une application inégale de la loi entre les jeteurs de pierres juifs et palestiniens – média
« Il n’y a pas de détention administrative contre les Israéliens, mais il y a 4 000 détenus palestiniens », a rappelé le chef du Commandement du Centre de l'armée israélienne
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Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Le chef du Commandement du Centre de l’armée israélienne, le général de division Avi Bluth, a récemment déclaré lors d’un forum à huis clos que l’armée israélienne appliquait des politiques différentes envers les jeteurs de pierres juifs et palestiniens en Cisjordanie, invoquant des « conséquences sociologiques graves » si les soldats devaient ouvrir le feu sur des Israéliens, a rapporté dimanche le quotidien Haaretz.
Selon cet article, Bluth a déclaré que l’armée avait élargi ses règles d’engagement à l’encontre des Palestiniens, accordant aux soldats une plus grande latitude pour recourir aux tirs réels dans certaines zones.
Plus précisément, il a indiqué que dans la « zone de jonction » le long de la barrière de sécurité de Cisjordanie, les soldats sont désormais autorisés à mener une procédure d’arrestation de suspects pouvant aller « jusqu’à tirer au niveau des genoux et en dessous », à titre de mesure de dissuasion.
Il a ajouté que cette politique avait entraîné de nombreuses victimes parmi les Palestiniens tentant de franchir la barrière : « Il y a donc un prix à payer. »
Tsahal autorise depuis longtemps ses soldats à ouvrir le feu sur les Palestiniens qui tentent de pénétrer en Israël le long de la barrière de Cisjordanie, présentant cette mesure comme une mesure de sécurité.
Cependant, ses détracteurs affirment que l’application de cette mesure s’est relâchée ces dernières années, les autorités fermant vraisemblablement les yeux sur les passages de Palestiniens à la recherche d’un emploi, dans le but d’alléger la pression économique en Cisjordanie.
Selon les chiffres présentés par Bluth, entre 50 000 et 70 000 Palestiniens se trouveraient actuellement en Israël sans permis, en raison notamment du taux de chômage élevé en Cisjordanie. Il a toutefois affirmé que la politique de dissuasion continuait d’empêcher les attaques.
Il aurait défendu la conduite de l’armée à l’égard des Palestiniens en la qualifiant « d’agression ciblée » visant à empêcher la répétition des attaques perpétrées par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Interrogé sur l’absence de soulèvement palestinien en Cisjordanie, malgré des tensions accrues et une montée de la violence des résidents d’implantations, il a affirmé que la plupart des personnes tuées étaient impliquées dans des actes terroristes.
« Pourquoi n’y a-t-il pas d’Intifada ? Pourquoi ne descendent-ils pas dans la rue ? Pourquoi la population palestinienne est-elle indifférente ? Parce que 96 % des personnes tuées étaient impliquées dans des actes terroristes, et que seulement 4 % ne l’étaient pas », a déclaré Bluth.
Il a également déclaré qu’il n’était pas favorable à l’ouverture du feu sur les Israéliens qui lancent des pierres, malgré le danger similaire qu’ils représentent, reconnaissant « une certaine discrimination » dans l’application de la loi.
Bluth a averti que de tels incidents avaient des implications sociétales plus larges, affirmant : « Je ne suis pas sûr que tirer sur chaque Israélien qui lance des pierres serait utile ; je pense que cela aurait exactement l’effet inverse. »
Il a également souligné les disparités en matière de détention administrative, notant que plus de 4 000 Palestiniens sont actuellement détenus sans procès alors qu’aucune mesure de ce type n’est appliquée aux Israéliens, suggérant que cette politique devrait être réévaluée.
« Il n’y a pas de détention administrative contre les Israéliens, mais il y a 4 000 détenus palestiniens », a-t-il fait remarquer.
En novembre 2024, le ministre de la Défense Israel Katz a annoncé la fin des ordonnances de détention administrative pour les résidents d’implantations de Cisjordanie, ce qui signifie qu’Israël n’appliquerait cette politique controversée consistant à détenir des suspects sans inculpation qu’aux Palestiniens soupçonnés de terrorisme.
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