Baharav Miara critique la loi sur la conscription des ultra orthodoxes et alerte sur ses effets
La procureure générale dit que le texte n’allégera pas le fardeau des réservistes ni les besoins de Tsahal, suscitant la colère de l’auteur du projet et des partis haredim
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La procureure générale Gali Baharav Miara a déclaré mercredi, dans un document de synthèse, que la législation controversée visant à réglementer la conscription des ultra orthodoxes dans l’armée aurait pour effet de décourager l’enrôlement et répondrait plutôt aux besoins des yeshivot et de leurs étudiants qui fuient la conscription qu’aux besoins en effectifs de l’armée.
Le projet de loi, actuellement en cours d’examen à la Knesset, ne permettrait pas de remédier à la pénurie critique d’effectifs à laquelle l’armée israélienne est confrontée ni d’alléger le fardeau des réservistes. Au contraire, il priverait l’armée des outils efficaces dont elle dispose aujourd’hui pour faire respecter la conscription, a-t-elle affirmé.
« Non seulement il ne favorise pas la conscription des membres de la communauté haredi, mais il contient aussi une incitation négative à la conscription et renforce même à long terme l’inégalité entre les communautés qui effectuent leur service militaire et celles qui ne le font pas », a écrit la procureure générale.
« Dans la pratique, le projet de loi réduit les outils dont disposent actuellement le gouvernement et l’armée pour augmenter le taux de service militaire chez les ultra orthodoxes, par rapport à la situation juridique existante », a-t-elle ajouté.
Baharav Miara a souligné que le texte fournirait immédiatement des « fonds de soutien directs et indirects » aux yeshivot, rétablirait les avantages dont bénéficiaient leurs étudiants avant que la Cour suprême ne les déclare caducs, et ferait disparaître des dizaines de milliers d’ordres de conscription émis cette année contre de jeunes hommes haredim, ainsi que les mesures de contrainte individuelles aujourd’hui disponibles contre les réfractaires.
« D’autre part, le projet de loi ne comprend aucune disposition répondant aux besoins urgents de sécurité exprimés par l’armée, ne réduirait pas le fardeau pesant sur les forces de réserve et ne fournirait pas aux organismes étatiques et militaires des outils efficaces pour faire respecter immédiatement l’obligation de conscription », a-t-elle poursuivi.
« L’adaptation de la loi aux normes constitutionnelles nécessite des modifications profondes et complètes, notamment la mise en place de sanctions personnelles, efficaces et immédiates pour faire respecter l’obligation de conscription de manière équitable », a-t-elle insisté.
En réponse, Boaz Bismuth (Likud) qui porte le projet de loi et les responsables politiques haredim ont vivement critiqué Baharav Miara, l’accusant de chercher à détourner l’attention publique de son implication présumée dans un scandale impliquant l’ex-procureure générale de Tsahal, accusée d’avoir divulgué une vidéo montrant des soldats en train de maltraiter un détenu palestinien.
« Bien essayé, mais pas cette fois », a réagi Boaz Bismuth, président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, qui a rédigé le projet de loi, dans une publication sur X.
Le parti Shas a qualifié l’avis juridique de Baharav Miara de « stratagème transparent et embarrassant », affirmant qu’il s’agissait d’une tentative de « porter un coup au monde de la Torah afin de détourner l’attention de l’un des plus grands scandales de l’histoire de l’État ». »
« Son avis juridique est partial et ne reflète pas la position de l’armée », a déclaré le Shas. « Le ton politique évident de sa lettre révèle son objectif de renverser le gouvernement de droite et d’empêcher son limogeage. »
Baharav Miara s’est opposée à maintes reprises au gouvernement actuel, ce qui a conduit le cabinet à tenter de la limoger, une démarche ensuite gelée par la Haute Cour de justice.
Le député Moshe Gafni, chef de la faction Degel HaTorah du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah, a soutenu que la procureure générale exprimait son opinion sur un projet de loi qui n’était pas encore finalisé, dans le but « évident d’empêcher les études de la Torah » et de s’assurer que l’État ne finance pas les yeshivot haredim.
la Communauté du Times of Israël !







