Banque d’Israël : le texte sur « l’enrôlement » des Haredim n’allégera pas le fardeau économique
Le texte actuel ne permettra pas de recruter suffisamment de soldats pour alléger le fardeau économique que représente le service des réservistes selon la Banque centrale
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La Banque centrale d’Israël a déclaré jeudi que la loi sur l’exemption du service militaire pour les Haredim, actuellement en cours d’examen à la Knesset, ne permettrait pas de recruter suffisamment de soldats pour répondre aux besoins du pays en matière de sécurité ni de réduire les coûts économiques liés au service militaire.
La banque s’est également exprimée sur le débat en cours, indiquant que le coût économique de la perte de productivité d’un réserviste qui quitte son emploi pendant un mois pour accomplir ses obligations militaires s’élève à environ 38 000 shekels, reflétant ainsi le « coût immédiat de la perte de productivité » et « le préjudice futur pour la croissance de la productivité résultant de la perte d’expérience et/ou de promotion au travail ».
« En revanche, le coût économique du recrutement d’un jeune haredi pour le service obligatoire est très faible, car dans la plupart des cas, la conscription ne remplace pas la participation au marché du travail », a-t-elle ajouté, précisant que la conscription elle-même pourrait inciter les citoyens ultra-orthodoxes à rejoindre le marché du travail.
« En conséquence, la conscription d’un jeune haredi pour 32 mois de service pourrait même générer un bénéfice économique capitalisé estimé à 22 000 shekels par mois de service en moyenne, si, par conséquent, le champ d’emploi du jeune haredi qui s’engage est comparable à celui d’un Juif non haredi. »
La Banque centrale a estimé que le recrutement de 20 000 Haredim (soit 7 500 personnes par an pendant 34 mois) permettrait à terme de réduire le coût annuel du service de réserve d’au moins 9 milliards de shekels.
La formulation actuelle de la loi est toutefois insuffisante, car elle ne permettra pas de recruter suffisamment d’ultra-orthodoxes pour répondre aux besoins en matière de sécurité tout en réduisant les coûts économiques, a conclu la Banque centrale.
C’est « complètement fou » de subventionner le refus de conscription des ultra-orthodoxes, a déclaré le chef de l’opposition, Yair Lapid, à la suite de la publication du rapport de la Banque d’Israël.
« La Banque d’Israël affirme en substance que le maintien de l’exemption de conscription pour des milliers de jeunes haredim a un impact destructeur sur l’économie israélienne », a déclaré Lapid dans un communiqué.
« Continuer à verser 60 milliards de shekels par an aux réfractaires à la conscription est une pure folie. Nous utiliserons cet argent pour réduire le coût de la vie de la classe moyenne », a-t-il poursuivi.
« Nous ne laisserons pas cette loi être adoptée. Nous ne laisserons pas le coût de la vie continuer à augmenter et le fardeau qui pèse sur les travailleurs et les fonctionnaires s’alourdir. »
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Lapid faisait référence aux subventions allouées à la communauté ultra-orthodoxe, notamment au financement des yeshivot et des étudiants en yeshiva, dont beaucoup ne font pas partie de la population active et ne servent pas non plus dans l’armée comme les autres Juifs Israéliens. Il cite fréquemment des estimations selon lesquelles le fait que les Haredim ne s’enrôlent pas coûterait 60 milliards de shekels par an à l’économie.
Le député Simcha Rothman (HaTzionout HaDatit) a critiqué la Banque d’Israël, affirmant sur les réseaux sociaux que l’institution financière ne dispose pas de l’expertise nécessaire pour se prononcer sur ce projet de loi controversé.
« Je ne savais pas quoi penser de ce projet de loi, puis le rapport des experts sur les processus sociaux et les objectifs de recrutement à la Banque d’Israël est arrivé », a écrit Rothman sur X.
« J’attends avec impatience la lettre de 100 médecins affirmant que la loi nuit à la santé », a-t-il ironisé, ajoutant que « le seul message véritablement professionnel et important, celui de la commission Shkedi, est totalement absent du débat public ».
Dirigée par un ancien commandant de l’armée de l’air israélienne, le général de division (Rés.) Eliezer Shkedi, cette commission a défini comment le pays pouvait recruter et intégrer efficacement des membres de la communauté ultra-orthodoxe dans Tsahal, notamment en adoptant des parcours militaires adaptés aux Haredim. L’armée propose plusieurs parcours de ce type, dont la brigade Hasmonéenne récemment créée.
« Le recrutement aura lieu lorsque Tsahal aura mis en place les cadres appropriés, et l’objectif de la loi devrait être de permettre à ce processus de conscription et d’intégration important de se dérouler, et non de le perturber. Vous n’entendrez pas cette opinion reprise dans les médias, car elle perturbe la campagne. Ce sont précisément ces questions que nous, au sein du parti HaTzionout HaDatit, exigeons d’inclure dans la loi », a ajouté Rothman.
Ces propos semblaient toutefois en contradiction avec ceux de plusieurs autres membres de son parti, qui ont vivement critiqué le projet de loi. Lors d’une conférence de presse la semaine dernière, le ministre de l’Immigration et de l’Intégration, Ofir Sofer, a condamné cette « loi honteuse » et s’est engagé à voter contre, même si cela devait lui coûter son poste au sein du gouvernement.
Mercredi soir, le parti a pour sa part démenti les informations selon lesquelles il aurait accepté de soutenir le projet de loi après avoir consulté des rabbins influents, déclarant qu’il « ne voterait qu’en faveur d’une loi qui permettrait l’enrôlement réel et rapide des Haredim dans Tsahal, afin de répondre aux besoins d’Israël en matière de sécurité et d’alléger le fardeau qui pèse sur les combattants et leurs familles ».
Dans une lettre adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu et aux membres de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, a averti que l’objectif du projet de loi proposé par la coalition visant à réglementer le service militaire des ultra-orthodoxes n’était « pas de renforcer Tsahal, mais que vous aviez décidé de l’adopter à tout prix » malgré tout.
Selon l’ancien chef d’état-major de Tsahal, qui avait auparavant occupé le poste d’observateur au sein du cabinet de guerre désormais dissous de Netanyahu, cette loi est « dangereuse pour la sécurité de l’État d’Israël » et « démantèle le cadre de l’armée populaire ».
« En tant que militaire pendant la majeure partie de ma vie, en tant que chef d’état-major général sous votre gouvernement, et en tant que personne qui a siégé pendant des années à la croisée des chemins de la prise de décision en matière de sécurité, j’affirme sans équivoque que la loi sur la conscription actuellement en discussion au sein de la commission des Affaires étrangères et de la Défense nuit à la mission exclusive de l’armée israélienne : défendre l’État d’Israël, assurer son existence et la victoire en temps de guerre », a-t-il poursuivi.
« Nous ne pouvons pas corriger une erreur historique par une autre erreur historique, qui a peu de chances d’être corrigée et qui sera une source de chagrin pour des générations. »
Eisenkot a décrit sa lettre comme « un avertissement stratégique sérieux pour la sécurité d’Israël et les valeurs de la société israélienne, similaire à celui que je vous ai envoyé en août 2023, près de deux mois avant l’échec du 7-Octobre ».
Fin 2023, Eisenkot a averti que la refonte judiciaire largement controversée du gouvernement et les protestations des réservistes contre celle-ci auraient un impact négatif sur Tsahal.
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