Près d’un millier de Bédouins israéliens ont manifesté ce matin à Beer Sheva contre la forte hausse des démolitions de logements sous le mandat du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. Cette manifestation a fait suite à deux opérations de démolition de grande envergure menées ce mois-ci dans des villages non reconnus.
Organisée par le High Follow-Up Committee for Arab Citizens of Israel, l’organisation-cadre des citoyens arabes d’Israël, la manifestation a rassemblé des centaines de Bédouins sur la rue principale de la ville.
Les manifestants ont dénoncé une « politique de démolition et de déplacement » menée par le gouvernement à l’encontre de cette minorité.
Cette manifestation a fait suite à la destruction d’une partie de Tel Arad, un village non reconnu situé à l’est de Beer Sheva et habité par quarante familles, dans le cadre d’un projet gouvernemental visant à construire cinq nouvelles agglomérations dans la région. Plus tôt ce mois-ci, dans le village non reconnu de Qasr a-Sir, les autorités avaient démoli vingt autres habitations, selon des médias arabes.
Talal al-Qrenawi, le maire de Rahat, s’est adressé à la foule des manifestants et il les a exhortés à voter lors des prochaines élections législatives.
« Ben Gvir a menacé de détruire 20 000 autres habitations l’année prochaine. Notre réponse est claire : le pouvoir est entre les mains du peuple et des électeurs », a-t-il déclaré.
« Dans la période à venir, une décision importante s’impose à nous : parviendrons-nous à mettre un terme à la politique de ce gouvernement ? »
Jamal Zahalka, président du High Follow-Up Committee, qui s’est rendu dans le sud pour participer à la manifestation, a déclaré que les dirigeants arabes « ne cherchent pas le conflit » avec les autorités foncières israéliennes, mais qu’ils espèrent, au contraire, négocier avec le gouvernement afin d’élaborer un plan pour les habitants des villages non reconnus.
« Nous proposons une solution fondée sur des négociations sérieuses et de bonne foi entre les représentants de la société arabe du Néguev et l’État », a-t-il ajouté.
« Au lieu de choisir cette voie, l’État opte sans cesse pour les démolitions, les expropriations et les mesures unilatérales. »
Environ 100 000 citoyens bédouins vivent dans des villages non reconnus dans tout le Néguev. Ces communautés n’ont pas de statut municipal et n’appartiennent à aucune commune voisine, ce qui signifie que leurs habitants ne disposent pas d’infrastructures de base. En l’absence de plan d’urbanisme officiel, les habitations construites dans ces communautés sont considérées comme illégales et sont donc passibles de démolition.
Alors que le gouvernement s’est efforcé de reloger en masse les habitants de ces communautés dans des villes bédouines prévues à cet effet, les dirigeants arabes estiment que de telles mesures ne sont pas réalistes compte tenu de la croissance rapide de la population. Ils préconisent, au contraire, que le gouvernement reconnaisse ces communautés telles qu’elles sont déjà et y investisse.