Cisjordanie : Des extrémistes juifs attaquent le village palestinien de Mukhmas
Après la démolition, mercredi matin, de l'avant-poste illégal de Kol Mevaser, des extrémistes ont allumé des incendies criminels qui ont visé des infrastructures agricoles appartenant à des Palestiniens de la région
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Des partisans du mouvement pro-implantations vivant au sein de l’avant-poste illégal de Kol Mevaser ont attaqué le village palestinien de Mukhmas, en Cisjordanie, dans la matinée de mercredi, après la démolition, par les forces se sécurité, de plusieurs structures qui avaient été édifiées dans cette implantation juive hors-la-loi, située au sommet d’une colline.
A l’issue de ces démolitions dans l’avant-poste – elles ont eu lieu dans la matinée – plusieurs extrémistes juifs sont descendus dans la vallée et ils ont allumé des feux à Mukhmas avec la volonté clairement affichée de détruire des infrastructures.
Les images des caméras de sécurité de la zone ont montré les extrémistes en train d’allumer des feux à proximité de bâtiments situés à la périphérie du village.
Dans la même journée, des activistes israéliens du mouvement pro-implantations ont organisé des manifestations à plusieurs carrefours de la Cisjordanie pour protester contre la démolition de Kol Mevaser et de plusieurs autres avant-postes, au cours des deux derniers jours.
Selon des militants des droits civiques – qui viennent soutenir les Palestiniens de la région de Mukhmas, un village situé dans le centre de la Cisjordanie – une quinzaine de militants ont ainsi gravi la colline où Kol Mevaser a été construit à plusieurs reprises avant d’être détruit par les forces de sécurité. Ils ont fait remarquer que les jeunes extrémistes cherchaient peut-être alors à empêcher le déroulement des travaux de démolition entrepris sur ordre des autorités.
La police des frontières et des membres de l’Administration civile sont arrivés sur les lieux et ils ont détruit les tentes et d’autres structures, laissant toutefois intacte une habitation en bois rudimentaire. Si Kol Mevaser se trouve dans une zone militaire fermée, les partisans du mouvement pro-implantations n’ont pas été interpellés et ils n’ont pas été arrêtés.
Les jeunes extrémistes juifs – un grand nombre d’entre eux étaient masqués – sont ensuite descendus, vers 10 heures du matin, depuis Kol Mevaser, s’en prenant à des infrastructures bâties à Mukhmas. Les habitants ont affirmé que ce n’était pas la première fois que les partisans du mouvement pro-implantations attaquaient leur village.
Les barbelés qui étaient destinés à empêcher les assaillants de pénétrer sur les terres du village ont été coupés. Sur des images tournées par les caméras de sécurité, plusieurs extrémistes apparaissent en train de mettre le feu près d’une clôture qui protège un poulailler. Des militants des droits civiques ont ensuite trouvé des chiffons brûlés qui avaient, de toute évidence, servi à allumer le sinistre.
Un message qui a été publié sur un groupe WhatsApp géré par les militants de Kol Mevaser, dans le sillage des événements survenus dans la matinée de mercredi, a indiqué qu’ils avaient réussi à empêcher la destruction de certaines structures de l’avant-poste.
« Malgré les difficultés, nous n’avons pas été brisés et nous continuerons à reconstruire et à nous installer sur la Terre d’Israël », disait le message. Les extrémistes juifs ont également lancé un appel aux dons pour reconstruire Kol Mevaser via des sites de financement participatif.
De nombreux avant-postes illégaux ont recours à ces sites pour lever des fonds, malgré leur illégalité.
Des engins de terrassement ont été aperçus à Kol Mevaser dans la soirée de mercredi. Il est toutefois difficile de dire s’il s’agissait de nouvelles démolitions menées par les forces de sécurité, ou si les jeunes extrémistes tentaient, de leur côté, de reconstruire l’avant-poste en utilisant ces machines.
L’armée israélienne n’a pas répondu à une demande de commentaire.
« Ce qui s’est passé aujourd’hui ne se serait pas produit si les forces de sécurité israéliennes avaient fait respecter la zone militaire fermée à l’encontre des personnes qui se trouvaient à Kol Mevaser quand l’armée était sur place, ce matin », a commenté le chef de l’organisation Torah Tzedek, le rabbin Arik Ascherman.
Il a ajouté que l’incapacité persistante des services de sécurité à détruire une route d’accès illégale qui relie une route goudronnée voisine à Kol Mevaser était ce qui permettait aux partisans du mouvement pro-implantations de reconstruire, sans relâche, l’avant-poste et de maintenir leur présence dans le secteur.
« L’objectif clairement poursuivi par les jeunes de l’avant-poste de Kol Mevaser est d’utiliser la violence pour chasser les Palestiniens de leurs foyers », a affirmé Ascherman, qui a souligné que le hameau bédouin palestinien voisin de Khalet a-Sidra avait récemment été abandonné en raison d’attaques répétées qui, elles aussi, ont été, semble-t-il, l’œuvre de des résidents de Kol Mevaser.
« Ils s’attaquent désormais également au village de Mukhmas », a-t-il déploré.
Dans la soirée de mercredi, des partisans du mouvement pro-implantations se sont préparés à manifester dans toute la Cisjordanie contre les démolitions d’avant-postes.
« Assez de persécutions contre les avant-postes pionniers — nous ne reviendrons pas aux frontières d’Oslo », était-il écrit dans un message qui a été publié dans un groupe WhatsApp.
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