Des dizaines de personnalités signent une lettre de soutien à Francesca Albanese
Mark Ruffalo et Javier Bardem figurent parmi les artistes qui ont apporté leur soutien à cette personnalité controversée, qui a qualifié Israël "d'ennemi commun"
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Plus d’une centaine de personnalités du monde du spectacle ont signé samedi une lettre ouverte en soutien à Francesca Albanese, la rapporteure spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens, qui fait face à des appels de plus en plus pressants à démissionner suite à des propos tenus sur Israël et sur la guerre à Gaza.
La France, l’Italie et l’Allemagne, ainsi que plusieurs autres pays européens, ont appelé Albanese — qui a été accusée à maintes reprises d’antisémitisme et de discours extrémiste à l’égard d’Israël — à démissionner en raison de paroles prononcées, le week-end dernier, dans lesquelles elle évoquait un « ennemi commun » qui avait permis un « génocide » de la part d’Israël à Gaza — une accusation que l’État juif rejette avec véhémence.
Des militants pro-israéliens ont accusé Albanese d’avoir qualifié Israël « d’ennemi commun », ce qu’elle a nié alors que ces paroles sont pourtant suffisamment claires.
Dans une lettre qui a été initiée par le groupe Artists for Palestine et qui a été partagée avec l’AFP, plus d’une centaine de personnalités du monde de la Culture l’ont soutenue, notamment les acteurs Mark Ruffalo et Javier Bardem, l’auteure Annie Ernaux, lauréate du prix Nobel, et la musicienne britannique Annie Lennox.
Les signataires « apportent leur soutien total à Francesca Albanese, défenseure des droits de l’Homme et donc aussi du droit à l’existence du peuple palestinien », note le courrier.
« Nous sommes infiniment plus nombreux, aux quatre coins de la planète, à vouloir que la force ne soit plus la loi. Nous savons ce que le mot ‘loi’ signifie vraiment », conclut le courrier.
La lettre, qui a été publiée en français sur le site d’Artists for Palestine, reproduit également l’intégralité des propos de Francesca Albanese, qui s’exprimait par visioconférence lors d’un forum qui était organisé, samedi dernier, par la chaîne de télévision Al Jazeera.
Parmi les autres célébrités qui lui ont apporté leur soutien, les actrices Rosa Salazar et Asia Argento, deux réalisateurs nominés aux Oscars, Yorgos Lanthimos et Kaouther Ben Hania, la star de la musique latine Residente et la photographe Nan Goldin.
Un groupe de députés français a envoyé mardi une lettre au ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, dénonçant les propos antisémites et anti-Israël d’Albanese.
Barrot a demandé sa démission le lendemain, affirmant que la France « condamne sans réserve ces propos scandaleux et répréhensibles ».
Jeudi, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré que la position de la rapporteure était « intenable ». L’Autriche et l’Italie, pays natal d’Albanese, ont également déclaré que ses propos montraient qu’elle n’était pas apte à occuper son poste.
Albanese est l’une des critiques les plus virulentes d’Israël.
Elle a estimé que la guerre contre Gaza « était le scandale de notre ère », et expliqué qu’elle posait toujours la même question aux Premiers ministres, présidents et ministres des Affaires étrangères : « Comment est-ce que vous pouvez dormir ? Quand allez-vous agir ? »
Albanese est depuis longtemps accusée d’être antisémite.
Le 11 octobre 2023, quatre jours après le pogrom commis par le Hamas en Israël, Albanese avait indiqué qu’elle doutait des informations faisant état de viols et de violences sexuelles. Elle avait affirmé que les États-Unis et Israël diffusaient ces allégations dans le but d’exacerber les tensions.
Dans le sillage immédiat de l’attaque sanglante, la rapporteuse avait expliqué qu’Israël n’avait pas le droit de se défendre ; elle avait affirmé que les Israéliens devaient être « considérés comme suspects » et faire l’objet d’enquêtes lorsqu’ils se trouvaient à l’étranger et elle avait appelé les autres pays à cesser leurs exportations de produits pharmaceutiques vers Israël.
Elle a aussi estimé qu’Israël est une « société génocidaire » et que l’État juif constitue un obstacle sur la voie de la justice mondiale.
Elle a dit, lors d’un rassemblement organisé au sein de l’université de Harvard, que lorsque le Hamas parle de tuer des Juifs (Yahudi), il ne fait pas réellement référence aux Juifs.
Elle a affirmé que les accusations laissant entendre que des employés de l’UNRWA avaient participé au massacre du 7-Octobre étaient « de fausses allégations » – malgré les nombreuses preuves qui viennent appuyer l’implication présumée de ces hommes. Des preuves fournies par le Hamas lui-même…
En novembre dernier, elle a posté une caricature dénonçant Israël – qui représentait ce qui semblait être une toile d’araignée mondiale, dont les fils étaient recouverts d’argent et d’armes, dans une image qui faisait aussi largement écho aux tropes antisémites.
Cette experte juridique d’origine italienne, qui a pris ses fonctions bénévoles en 2022, a été visée par des sanctions de l’administration Trump au mois de juillet dernier. Cette dernière a mis en cause « l’antisémitisme éhonté » de la rapporteure et son travail « partial et malveillant ».
Les rapporteurs spéciaux de l’ONU sont des experts indépendants nommés par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, mais ils ne s’expriment pas en son nom.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a pris ses distances avec Albanese, jeudi, quand son porte-parole a indiqué que « nous ne sommes pas d’accord avec une grande partie de ce qu’elle dit ».
« Nous n’utiliserions pas le langage qu’elle utilise pour décrire la situation », a ajouté son porte-parole Stéphane Dujarric.
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