Des familles s’installent dans l’implantation de Ganim, reconstruite 21 ans après son évacuation
Une vingtaine de maisons préfabriquées ont été installées, les travaux se poursuivent ; l'armée israélienne démolit des commerces palestiniens voisins et bloque les routes menant aux villages adjacents
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Des familles se sont installées jeudi dans l’implantation de Ganim, en Cisjordanie, qui a été reconstruite, trois ans après que la Knesset a abrogé la loi qui avait permis son démantèlement, ainsi que celui de trois autres implantations du nord de la Cisjordanie, parallèlement au désengagement d’Israël de la bande de Gaza en 2005.
Une odeur d’asphalte fraîchement coulé flottait dans l’air de la nouvelle et unique rue de Ganim. Les futurs résidents et leurs familles, venus aider au déménagement, souriaient à la vue de leurs maisons préfabriquées.
« Vingt et un ans après le terrible péché que fut l’expulsion du Gush Katif [à Gaza] et du nord de la Samarie, nous allons enfin effacer la honte de l’expulsion du nord de la Samarie », a déclaré le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, utilisant le nom biblique du nord de la Cisjordanie.
Une vingtaine de maisons préfabriquées ont déjà été installées. Jeudi, des rouleaux-compresseurs et d’autres engins de chantier s’affairaient à préparer le terrain pour de futures constructions à flanc de colline.
Une centaine de personnes ont assisté à la cérémonie de jeudi, parmi lesquelles le ministre de la Défense, Israel Katz, et Yossi Dagan, président du Conseil régional de Samarie.
« Nous sommes ici en Terre d’Israël. Nous resterons ici pour toujours », a lancé Katz, arrivé en hélicoptère, lors de la cérémonie.
« Le temps des évacuations est révolu. À partir de maintenant, nous nous consacrerons à construire », a affirmé Dagan.
Dans la vallée en contrebas, des Palestiniens ont déclaré à l’AFP craindre que les travaux de construction à Ganim ne leur compliquent la vie, voire ne les contraignent à devoir partir, à long terme.
De part et d’autre de la route menant à l’implantation depuis Israël, l’armée, ces derniers jours, a démoli des commerces et bloqué à l’aide de tas de gravats plusieurs chemins de terre permettant d’accéder aux communautés palestiniennes.
C’est en mars 2023 que le gouvernement a ouvert la voie au rétablissement des implantations dans le nord de la Cisjordanie, lorsqu’il a abrogé la loi qui décrétait l’évacuation des quatre implantations et qui, jusqu’alors, interdisait aux Israéliens d’y vivre.
Les évacuations en 2005 des implantations du nord de la Cisjordanie et de la bande de Gaza ont profondément traumatisé le mouvement pro-implantations et, plus largement, la communauté sioniste religieuse.
En mai 2025, le cabinet de sécurité a approuvé la création de 22 nouvelles implantations en Cisjordanie, notamment à Homesh et à Sa-Nur. Puis, en décembre, il a approuvé la création de 19 autres implantations, parmi lesquelles Ganim et Kadim.
Sa-Nur a accueilli ses nouveaux résidents en avril et Homesh, en mars.
La communauté internationale – à l’exception notable des États-Unis du président Donald Trump – considère que les implantations israéliennes en Cisjordanie sont illégales au regard du droit international. Israël, qui a conquis cette zone pendant la guerre des Six Jours de 1967, conteste cette position, invoquant des liens historiques avec la région et un impératif de sécurité justifiant ce maintien.
38 % des Israéliens juifs sont favorables à l’annexion de la Cisjordanie, 35 % souhaitent son partage
Selon un nouveau sondage du Jewish People Policy Institute (JPPI) publié jeudi, 38 % des Israéliens juifs soutiennent l’annexion de l’ensemble de la Cisjordanie, tandis que 35 % sont favorables à un partage du territoire.
Ce sondage a révélé que 22 % des Israéliens juifs seraient favorables à ce que l’annexion soit suivie d’un transfert de la population arabe vers d’autres pays. 21 % se sont prononcés pour la création d’un État palestinien dans les zones à majorité arabe et 14 % ont soutenu le rattachement de cette zone à la Jordanie.
Le sondage a également permis de constater que 58 % de l’ensemble des Israéliens, juifs et arabes confondus, ne croient pas que l’accord récemment annoncé concernant le désarmement du Hamas à Gaza sera mis en œuvre. 15 % ont déclaré que cela pourrait conduire à un désarmement partiel, 13 % s’attendent à ce que l’accord entraîne en réalité une reprise des combats, et seuls 3 % sont d’avis que le groupe terroriste se désarmera complètement.
Ce sondage a été réalisé auprès de 748 personnes, juives et arabes, entre le 2 et le 5 août 2026.
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