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Des Israéliens radicaux attaquent des cueilleurs d’olives palestiniens en Cisjordanie

Le chef de la police de Cisjordanie a été bouleversé par la vidéo d'un agresseur masqué frappant une femme à coups de matraque à Turmus Ayya ; des véhicules ont été incendiés ; une enquête est ouverte

Un Israélien radical attaquant des cueilleurs d'olives palestiniens et des militants des droits civiques près de Turmus Ayya, en Cisjordanie, le 19 octobre 2025. (Crédit : Jasper Nathaniel)
Un Israélien radical attaquant des cueilleurs d'olives palestiniens et des militants des droits civiques près de Turmus Ayya, en Cisjordanie, le 19 octobre 2025. (Crédit : Jasper Nathaniel)

Au cours des deux derniers jours, des Israéliens radicaux ont mené une série d’attaques contre des cueilleurs d’olives palestiniens en Cisjordanie, dont une agression particulièrement brutale au cours de laquelle l’agresseur a frappé une femme à la tête avec un gourdin, la laissant gravement blessée et ensanglantée.

Dimanche matin, lors de deux attaques distinctes, des groupes d’extrémistes israéliens, probablement originaires des implantations et des avant-postes illégaux voisins, ont attaqué des cueilleurs d’olives à Turmus Ayya, dans le centre de la Cisjordanie, ainsi qu’à al-Mughayyir, un village voisin.

Une vidéo tournée par l’écrivain américain Jasper Nathaniel à Turmus Ayya montre un individu masqué portant un tzitzit (des franges rituelles) se précipitant vers Afaf Abu Olia, une femme de 52 ans originaire d’al-Mughayyir, et la frapper à la tête avec une matraque.

Des vidéos prises plus tard montrent Afaf être soulevée et emmenée dans une voiture, le visage en sang.

Mardi, la chaîne N12 a rapporté que le chef de la police de Cisjordanie avait donné pour instruction aux commandants de son district de traduire en justice l’Israélien masqué qui a violemment attaqué Afaf.

Dans un groupe WhatsApp interne, le commissaire adjoint Moshe Pinchi a semblé expliquer aux officiers qu’une photo du jeune homme frappant à coups de matraque la cueilleuse d’olives de 52 ans à Turmus Ayya l’avait profondément bouleversé.

« Une photo qui m’a empêché de dormir. Nous ne serons pas comme nos ennemis cruels. Ce criminel cruel qui frappe des femmes âgées et les blesse gravement sera arrêté par nos soins et traduit en justice », a-t-il écrit dans le groupe de discussion.

On y voit ensuite le même agresseur frapper deux militants des droits civiques qui travaillent avec des cueilleurs d’olives palestiniens, blessant vraisemblablement les deux hommes.

Au moins trois véhicules ont été incendiés, vraisemblablement par des résidents d’implantations, sur les deux sites.

Le beau-frère d’Afaf, Ayman Abu Olia, 48 ans, originaire du village d’al-Mughayir, faisait également partie des Palestiniens attaqués dans la région de Turmus Ayya.

Ayman a raconté au Times of Israel lors d’un entretien téléphonique qu’il était parti récolter des olives sur les terres de sa famille et qu’il se trouvait dans sa voiture lorsque l’agression a eu lieu.

« Dimanche matin, nous sommes allés cueillir des olives dans la Zone B [de la Cisjordanie]. Je récolte des olives là-bas depuis trente ans. Ce n’est pas une zone interdite aux Palestiniens », a déclaré Ayman.

« Environ 45 colons, masqués et armés de gourdins, ont détruit ma voiture et m’ont roué de coups », a-t-il ajouté.

Il a finalement réussi à prendre la fuite en voiture, mais a déclaré que les résidents d’implantations avaient ensuite incendié son véhicule. Au cours de l’attaque, il a été frappé à la poitrine et aux bras et plusieurs de ses doigts ont été cassés. Il a ensuite été transporté à l’hôpital de Ramallah pour y être soigné.

Selon Ayman, Afaf était toujours en soins intensifs dans un hôpital de Ramallah à la suite de l’attaque.

« Elle n’est pas en bonne santé, elle a des problèmes de santé, c’est pourquoi elle n’a pas pu s’enfuir », a déclaré Ayman au Times of Israel.

L’armée israélienne a réagi en déclarant que, suite à des signalements d’attaques, ses forces et celles de la police avaient été dépêchées sur place pour mettre fin aux violences. Cependant, des témoins ont affirmé qu’aucune force n’était présente au moment de l’agression d’Afaf.

Des soldats israéliens montent la garde pendant que des Palestiniens récoltent des olives dans le village de Turmus Ayya, en Cisjordanie, dans la banlieue de Ramallah, le 20 octobre 2025. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

« Plus tôt dans la journée, nous avons reçu un signalement faisant état de troubles, notamment d’incendies criminels de véhicules et de violences physiques, perpétrés par des civils israéliens, près de l’implantation de Shilo, dans le district de Samarie », a déclaré Tsahal dimanche.

« Après avoir reçu le signalement, les forces de Tsahal et de la police israélienne se sont précipitées sur les lieux pour disperser les troubles. À leur arrivée, les affrontements avaient cessé », a déclaré l’armée, ajoutant que Tsahal « s’efforçait de permettre à tous les habitants de procéder à la récolte des olives dans de bonnes conditions et en toute sécurité » et que « cet incident était considéré avec la plus grande gravité, et toute forme de violence était fermement condamnée ».

Un porte-parole de la police du district de Judée-Samarie a indiqué qu’une enquête avait été ouverte et que les enquêteurs s’étaient rendus à Turmus Ayya après les attaques afin de recueillir des preuves. Ils ont ainsi rassemblé plusieurs vidéos documentant les violences.

La police aurait arrêté un suspect.

Le commissaire adjoint Pinchi était l’attaché de défense du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, et a été nommé à son poste actuel par ce dernier en septembre 2024. Il est généralement connu pour son soutien au mouvement pro-implantations.

Dans le cadre de ses anciennes fonctions, Pinchi aurait donné pour instruction à la police de s’abstenir d’utiliser la force contre les émeutiers d’extrême droite qui ont fait irruption dans une base militaire de Tsahal, fin juillet.

Plusieurs avant-postes illégaux ont été établis près de Turmus Ayya, et les habitants de cette ville de Cisjordanie se plaignent régulièrement des violences commises par des habitants d’Adei Ad, d’Esh Kodesh et de Geulat Tzion.

Les poursuites judiciaires contre les Israéliens radicaux sont toutefois rares, et les condamnations le sont encore plus.

Dans la ville chrétienne de Taybeh, située juste au nord de Ramallah, des radicaux, qui seraient des résidents d’implantations, auraient attaqué des cueilleurs d’olives palestiniens, interrompant ainsi la récolte. L’attaque a été condamnée par les responsables religieux locaux.

Un habitant de Taybeh, témoin de l’attaque, a déclaré au Times of Israel avoir vu des résidents d’implantations s’approcher des cueilleurs d’olives et les agresser à coups de bâtons et de barres de fer vers midi, sur les terres de Taybeh.

L’homme, qui a souhaité garder l’anonymat, a ajouté que du matériel agricole avait également été volé lors de l’attaque.

Il a indiqué que la récolte d’olives s’annonçait déjà mauvaise cette année, car les oléiculteurs n’avaient pas pu accéder correctement à leurs terres en raison des restrictions militaires et de la violence des résidents d’implantations, et n’avaient donc pas pu entretenir correctement les arbres.

Des Palestiniens récoltant des olives, dans le village de Turmus Ayya, en Cisjordanie, à la périphérie de Ramallah, le 20 octobre 2025. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

« Malheureusement, cette saison est très mauvaise. Nous n’avons pas pu préparer correctement les terres, ce qui n’est pas bon. Avec les attaques des colons, ce sera la troisième saison consécutive où nous ne pourrons pas récolter les olives correctement. Nous n’aurons pas beaucoup d’huile d’olive cette année », a-t-il déclaré, ajoutant que les attaques des résidents d’implantations « semaient la peur dans le cœur de notre peuple ».

Par la suite, des images ont montré des personnes – vraisemblablement israéliennes – bloquant l’entrée de Taybeh. Des militants ont déclaré que l’entrée de la ville avait été bloquée pendant environ cinq heures, empêchant les habitants d’entrer et de sortir.

L’agence de presse de l’Autorité palestinienne WAFA a rapporté plusieurs cas de harcèlement de cueilleurs d’olives par des résidents d’implantations lundi dans divers endroits de Cisjordanie, ainsi que des cas de vol d’olives récoltées.

L’organisation La Paix Maintenant a réagi avec sarcasme à ces attaques, déclarant que « la saison de la récolte des olives a commencé, comme le veut la tradition, avec la recrudescence du terrorisme des colons », et accusant la police et le bureau de la procureure générale de ne prendre « aucune mesure coercitive » contre les Israéliens radicaux.

« Les partisans du terrorisme siègent au sein du gouvernement israélien, et voilà le résultat », a déclaré l’organisation.

Ces dernières années, la saison de la récolte des olives, qui est cruciale pour l’économie locale des Palestiniens vivant dans les villes et villages ruraux de Cisjordanie, a été marquée par des dizaines d’attaques perpétrées par des résidents d’implantations extrémistes contre les oléiculteurs et leurs ouvriers, dans le but manifeste de rendre cette activité non rentable.

En 2024, selon l’organisation Yesh Din, qui lutte contre la violence des résidents d’implantations, 113 cas de violence et de harcèlement ont été commis par des civils et des soldats de l’armée israélienne à l’encontre d’oléiculteurs et d’ouvriers palestiniens au cours des six semaines de la saison des récoltes.

Parmi ces faits, 52 étaient des vols ou des dégradations de biens palestiniens : des résidents d’implantations ont notamment volé des récoltes et du matériel agricole, endommagé des biens et incendié des véhicules.

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