Des Juifs de Londres célèbrent Lag BaOmer dans un climat de crainte et d’incertitude
Escortés par des policiers clairement identifiables, des milliers de Haredim ont fait la fête autour de feux de joie, s'engageant à rester unis et forts dans les moments les plus difficiles
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Mardi, des milliers de Juifs britanniques se sont rassemblés dans le nord de Londres pour célébrer la fête juive de Lag BaOmer, après des semaines de tensions accrues et de craintes consécutives à une série d’attaques antisémites.
Lors d’un événement de quartier, des hommes vêtus à la manière des Juifs ultra-orthodoxes se sont rassemblés dans la cour d’une école pour danser et prier ensemble autour de feux de joie, tandis que des centaines de femmes et d’enfants les observaient depuis les rues avoisinantes et que certains se pressaient sur les balcons.
Cette fête annuelle marque traditionnellement une pause joyeuse dans une période solennelle du calendrier hébraïque. Les gilets de police jaune vif à haute visibilité contrastaient fortement avec les manteaux et avec les chapeaux noirs traditionnels des participants.
Cette célébration a eu lieu quelques jours après que deux hommes juifs ont été poignardés dans une rue de Golders Green – l’attaque la plus violente de cette année dans le cadre d’une série d’agressions qui ont mis l’accent sur la sécurité des 290 000 Juifs du Royaume-Uni.
Le leader communautaire Levi Shapiro a déclaré que l’événement était légèrement différent cette année, faisant référence aux actes antisémites survenus dans la ville.
« Il y aura cet élément supplémentaire de prières, un moment d’unité et de réflexion pour la communauté juive, et bien sûr, une communauté qui reste forte et unie dans les moments les plus difficiles », a-t-il déclaré.
After recent fires and stabbings in Golders Green, London, tonight’s fire was in celebration of the festival of Lag B’ Omer. pic.twitter.com/hSQ3RhDXNG
— James J. Marlow (@James_J_Marlow) May 4, 2026
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a reconnu mardi l’ampleur du problème auquel sont actuellement confrontés les Juifs dans sa capitale, déclarant lors d’une réunion d’urgence qui était consacrée à l’antisémitisme au Royaume-Uni que « la montée de l’antisémitisme a semé la peur et la colère au sein de nos communautés juives, qui se demandent si ce pays, leur patrie, est sûr pour elles ».
Les attaques en Grande-Bretagne ont accru la pression sur le Parti travailliste au pouvoir, en particulier à l’approche des élections locales du 7 mai. Le chef du Parti conservateur, dans l’opposition, a qualifié l’antisémitisme « d’urgence nationale ».
Le chef de la police métropolitaine de Londres est allé encore plus loin, déclarant dimanche que les Juifs britanniques étaient confrontés à la plus grande menace de leur histoire, qu’il a qualifiée « d’épidémie » d’antisémitisme.
Peu après le discours de Starmer, la police antiterroriste a confirmé mardi avoir ouvert une enquête sur un incendie criminel survenu dans une ancienne synagogue de l’est de Londres, le dernier d’une série d’incidents de ce type qui ont visé des cibles juives de la diaspora dans le contexte de la guerre contre la République islamique d’Iran.
Certains font l’objet d’une enquête des autorités qui s’efforcent de déterminer si ces attaques ont été liées au régime iranien.
Le groupuscule terroriste nouvellement formé Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya (HAYI, ou « Mouvement des compagnons de la main droite de l’islam »), qui aurait des liens avec le régime iranien, a revendiqué la responsabilité de nombreuses attaques récentes à Londres, ainsi que d’autres commises à travers l’Europe contre des cibles américaines, israéliennes et juives, selon le SITE Intelligence Group.
Le gouvernement a depuis relevé le niveau d’alerte terroriste au niveau « grave » et il a annoncé un financement supplémentaire de 25 millions de livres sterling (33,8 millions de dollars) pour renforcer la protection de la communauté juive du pays, qui est estimée à 290 000 personnes.
Des groupes de veille ont signalé une recrudescence des actes antisémites et islamophobes au Royaume-Uni, en particulier depuis le début de la guerre à Gaza qui avait été déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, le 7 octobre 2023.
Le Community Security Trust (CST) a recensé 3 700 cas de haine anti-juive à travers le Royaume-Uni l’an dernier, soit une hausse de 4 % par rapport à 2024, mais une baisse par rapport à 2023.
la Communauté du Times of Israël !







