Les attaques antisémites en Europe soulèvent des questions sur l’existence d’un nouveau « groupe terroriste »
Le groupe "Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya" était encore inconnu au début du mois ; une série d'incendies criminels a conduit certains à supposer un lien avec des milices pro-iraniennes
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JTA — Deux mineurs ont été arrêtés en lien avec l’incendie d’une voiture dans le quartier juif d’Anvers, un acte qui a été considéré comme une attaque antisémite, a déclaré le parquet belge.
Les deux suspects ont été interpellés peu avant minuit lundi, quelques minutes seulement après avoir mis le feu au véhicule.
La justice a également indiqué que l’enquête s’appuyait sur une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, dans laquelle un groupe se faisant appeler Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya, ou HAYI, revendiquait cette attaque, la dernière d’une série d’incidents similaires survenus en Europe.
Ce groupe, dont le nom signifie approximativement « Mouvement islamique de ceux de la main droite », était inconnu jusqu’au début du mois, lorsqu’il a, le 9 mars, revendiqué l’attentat à la bombe incendiaire qui a été perpétré contre une synagogue à Liège, en Belgique.
Les analystes de la sécurité n’ont que peu d’informations sur ce groupe – et ils disent ne pas être en mesure de confirmer son authenticité. Au 24 mars, cependant, HAYI (ou ceux qui prétendent parler en son nom) a revendiqué la responsabilité des attaques suivantes : l’attaque commise contre une synagogue à Rotterdam, aux Pays-Bas, le 13 mars, une autre qui est survenue dans une école juive à Amsterdam, également le 13 mars, une série d’incendies qui ont visé une compagnie d’ambulances juive à Londres, le 22 mars, un attentat déjoué contre une école hébraïque du mouvement Habad à Heemstede, aux Pays-Bas, lundi, et l’incendie d’une voiture, lundi encore, à Anvers.
Aucune de ces attaques n’a fait de blessés. Tous les individus arrêtés à ce jour dans le cadre d’attaques liées à HAYI étaient des jeunes adultes ou des adolescents.
Malgré le peu d’informations disponibles, certains analystes estiment que ce groupe pourrait être lié à des milices pro-iraniennes implantées localement en Europe, servant de couverture à leurs activités. Depuis le 28 février, date à laquelle les États-Unis et Israël ont lancé leur guerre contre l’Iran, les attaques visant des sites juifs aux États-Unis, en Europe et au Canada se sont intensifiées. Mais certaines incohérences, tant dans les messages que dans les tactiques du groupe, ont soulevé des questions quant à sa légitimité en tant qu’organisation soutenue par l’Iran.
Dans une vidéo publiée sur des comptes Telegram pro-iraniens, le groupe a également affirmé avoir lancé une attaque contre une « cible sioniste » dont la nature n’a pas été précisée en Grèce, le 11 mars. Les spécialistes de la sécurité ont toutefois fait remarquer qu’il n’existait aucune preuve publique d’un attentat terroriste commis en Grèce à cette date. Une analyse a laissé entendre que cette vidéo en particulier s’apparentait à de la désinformation, et qu’elle montrerait en réalité une explosion survenue dans un immeuble résidentiel à Rotterdam, le 3 mars.
Une analyse de l’International Centre for Counter-Terrorism (ICCT) a en outre relevé des incohérences, parmi lesquelles une faute de frappe dans l’orthographe du nom arabe de l’organisation et des images d’armes dans le logo du groupe qui ne correspondent pas à la symbolique pro-iranienne. Mais le profil des auteurs — des jeunes recrutés localement — correspond aux méthodes utilisées par l’Iran, a indiqué l’ICCT, des méthodes qui consistent notamment à exploiter des jeunes en situation de vulnérabilité et éventuellement à les rémunérer pour leurs actions.
Une autre explication possible, selon le rapport de l’ICCT, est que ces jeunes locaux ont été impliqués suite au renforcement des liens entre les groupes terroristes et les organisations criminelles locales.
Les autorités néerlandaises soupçonnent également HAYI d’avoir été à l’origine d’une récente explosion devant la succursale à Amsterdam d’une banque américaine. Une vidéo attribuée au groupe a mis en garde les citoyens de l’Union européenne, leur enjoignant de « prendre immédiatement leurs distances avec tous les intérêts, installations et entités affiliées aux États-Unis et au sionisme », avant de montrer des images de l’explosion d’une bombe artisanale devant la succursale de la Bank of New York Mellon dimanche. L’incident n’a fait aucun blessé.
CBS News a rapporté avoir reçu lundi un message similaire de la part du groupe.
« Nous continuerons à menacer les intérêts américains et israéliens dans le monde entier tant que nous n’aurons pas vengé chaque enfant de Gaza, d’Iran, du Liban et des nations de la résistance », proclamait le message, selon CBS.
Le groupe a revendiqué l’attaque d’Anvers quelques heures plus tard.
Quelques jours auparavant, la Belgique avait annoncé sa décision de renforcer la sécurité autour des sites liés à la communauté juive en raison de l’aggravation de la menace terroriste.
Dans une interview accordée à The Independent, Hans-Jacob Schindler, directeur principal du Counter Extremism Project, basé à New York et à Berlin, a exprimé ses doutes quant au fait que HAYI puisse réellement être un nouveau groupe terroriste.
« La question de savoir si les auteurs de ces attentats sont liés entre eux, ou s’il s’agit d’un cadre que leur fournit le CGRI, reste ouverte », a-t-il déclaré, utilisant l’acronyme désignant le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien. « Il est bien plus spectaculaire de dire qu’un nouveau groupe terroriste a vu le jour. Cependant, le groupe a revendiqué cinq attentats dans quatre pays différents, et il est peu probable qu’une organisation tout juste créée ait pu mettre en place un tel réseau en quelques semaines. Ce genre de publications donne l’impression qu’une vague de terreur s’abat sur l’Europe. Les auteurs de ces messages publieront tout ce qu’ils peuvent pour donner l’impression que l’Europe est devenue extrêmement dangereuse. »
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