A Londres, après l’incendie d’ambulances de la communauté juive, le sentiment d’une « escalade » dans l’antisémitisme
Un trentenaire juif interrogé se dit "assez confiant" sur le fait qu'il pourra vivre au Royaume-Uni toute sa vie. "Mais mon fils ? Je ne sais pas", s'inquiète-t-il
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

« Comment peut-on s’en prendre à des ambulances ? »: à Londres, des résidents de Golders Green, un quartier où vit une forte population juive, s’inquiètent lundi d’une « escalade » de l’antisémitisme après l’incendie dans la nuit de quatre véhicules de secours d’une association de la communauté.
L’unité antiterroriste de la police londonienne a été chargée de l’enquête sur cette attaque qu’elle qualifie de « crime de haine antisémite ».
A Golders Green, de nombreux enfants vont dans les écoles juives, beaucoup d’hommes portent la kippa ou les habits traditionnels des juifs orthodoxes. Quantité de restaurants et épiceries sont cashers.
Comme l’explique à l’AFP un résident, la plupart des gens ont sur leur réfrigérateur le numéro du service d’ambulances communautaire Hatzola, dont quatre véhicules ont été incendiés.
Sur le chemin de l’école ou du travail, des habitants se sont rassemblés lundi matin, au bout de la rue où l’incendie s’est produit. Les ambulances se trouvaient juste à côté d’une synagogue.
Beaucoup racontent avoir été réveillés dans la nuit par un fort bruit, puis avoir vu la fumée.
« Je ne suis pas surpris que la communauté juive ait été visée, c’est quelque chose qui ne cesse de se produire. Je suis par contre surpris qu’ils aient pris pour cible des ambulances », dit Adam Waters, un homme de 36 ans qui travaille pour une organisation communautaire.
Lui se sent « en sécurité » à Londres. Il décrit cependant un antisémitisme au quotidien, avec « des insultes régulières ». « Cela a augmenté depuis la guerre (entre le Hamas et Israël dans la bande de Gaza, ndlr), mais cela a existé toute ma vie », poursuit-il.
Cet homme se dit « assez confiant » sur le fait qu’il pourra vivre au Royaume-Uni toute sa vie. « Mais mon fils ? Je ne sais pas », s’inquiète-t-il.
Emigrer en Israël
Le 2 octobre 2025, en pleine fête de Yom Kippour, une attaque contre une synagogue de Manchester, qui a fait deux morts et trois blessés graves, a suscité une vive émotion dans le pays, et accru l’inquiétude de la communauté juive.
Par ailleurs, le mois dernier, deux hommes ont été condamnés à la prison à vie pour avoir planifié une attaque d’ampleur contre la communauté juive dans la région de Manchester. Et la semaine dernière, deux Iraniens ont été accusés d’avoir espionné une synagogue et des centres culturels juifs pour le compte de Téhéran.
« Nous sommes inquiets, terrifiés », explique Yael Gluck. Pour cette mère de deux enfants, ce n’est « que le début ». Elle assure que dans son enfance, dans les années 80, la communauté se sentait davantage en sécurité.
Mais l’antisémitisme « est désormais trop répandu. Quand ce n’est pas à Londres ou à Manchester, c’est en Suède ou en Autriche. Nous ne sommes en sécurité nulle part dans le monde », déplore-t-elle.
Elle pense plus que jamais à émigrer en Israël. En attendant, elle ne va plus dans le centre de Londres. « Ce n’est pas sûr pour nous ».
Cet incendie émeut beaucoup la communauté, très attachée au service d’ambulance Hatzola.
« Comment peut-on s’en prendre à des ambulances ? Elles n’étaient pas là uniquement pour la communauté juive, mais pour tout le monde », explique Steven, un homme de 65 ans, qui préfère rester anonyme.
« J’ai l’impression qu’il y a une escalade », déplore-t-il, en soulignant cependant qu’il n’a pas été lui-même victime d’antisémitisme.
Les résidents ont reçu le soutien d’une dizaine de personnes opposées au régime iranien, venues avec des drapeaux ornés d’un lion, symboles de l’ancienne monarchie iranienne. « Longue vie à l’Iran ! Longue vie à Israël ! », ont-ils scandé.
En revanche, des journalistes de la chaîne qatarie Al Jazeera pro-Hamas ont été pris à partie, accusés de « soutenir le terrorisme ». Ils ont été poussés à quitter les lieux sous les cris de « Al Jazeera hors de nos rues ».
la Communauté du Times of Israël !







