Rechercher

Des manifestations contre un bateau de croisière israélien irritent le gouvernement grec

L'ambassadeur d'Israël en Grèce, Noam Katz, a dénoncé une "tentative de nuire aux relations solides entre nos peuples et d'intimider les touristes israéliens"

Un drapeau palestinien accroché par des manifestants sur une clôture du port du Pirée lors d'une manifestation contre l'arrivée du « Crown Iris » (à l'arrière-plan), un paquebot transportant des touristes israéliens à Athènes, le 14 août 2025. (Crédit : Angelos TZORTZINIS / AFP)
Un drapeau palestinien accroché par des manifestants sur une clôture du port du Pirée lors d'une manifestation contre l'arrivée du « Crown Iris » (à l'arrière-plan), un paquebot transportant des touristes israéliens à Athènes, le 14 août 2025. (Crédit : Angelos TZORTZINIS / AFP)

Ces derniers jours, des manifestations anti-Israël et propalestiniennes en Grèce contre un navire de croisière israélien ont irrité le gouvernement grec qui marche sur des oeufs avec les pays influents du Moyen-Orient en raison de la guerre entre Israël et le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza.

Jeudi à l’aube, dans le port du Pirée, au sud d’Athènes, des dizaines de policiers antiémeutes équipés de matraques et de gaz lacrymogène ont bouclé un terminal pour les bateaux de croisière, faisant face à des centaines de manifestants.

La colère de ces derniers était dirigée contre le « Crown Iris », un imposant paquebot touristique israélien dont chacune des escales en Grèce a donné lieu à des actions de protestation depuis le mois dernier.

Le tourisme est un pilier de l’économie grecque mais les militants affirment que ces visiteurs tentent d’exonérer Israël de ses responsabilités dans la guerre dans la bande de Gaza déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas en 2023.

Liens plus étroits avec Israël

Selon le Front militant des travailleurs (PAME), un syndicat affilié au Parti communiste grec qui a appelé au rassemblement de jeudi, le Crown Iris transporte des soldats israéliens.

Le paquebot Crown Iris. (Crédit :Mano Maritime)

« Nous ne pouvons pas tolérer que des personnes qui ont contribué au génocide du peuple palestinien soient parmi nous, » confie à l’AFP Yorgos Michailidis, un des manifestants au Pirée.

« Nous voulons que tout le monde voie que nous ne nous soucions pas uniquement du tourisme et de l’argent qu’il rapporte, » ajoute cet enseignant de 43 ans.

Pour Katerina Patrikiou, une soignante de 48 ans, les visiteurs « ne sont pas des touristes, ce sont des tueurs d’enfants et de civils à Gaza ».

Des policiers bloquent la route alors que des manifestants protestent contre l’arrivée du « Crown Iris », un paquebot transportant des touristes israéliens, au port du Pirée à Athènes, le 14 août 2025. (Crédit : Angelos TZORTZINIS / AFP)

La Grèce suit traditionnellement une politique étrangère pro-arabe mais les gouvernements de divers courants politiques ont tissé ces dernières années des liens plus étroits avec Israël en matière de défense, de sécurité et d’énergie.

Face à la Turquie

Athènes a soigneusement tenté de préserver ces relations avec Israël tout au long de la guerre dans la bande de Gaza, accusant l’opposition de gauche de saper l’alliance stratégique avec ce pays destinée à contrebalancer l’influence du rival historique qu’est la Turquie en Méditerranée orientale.

« Les idiots utiles pour la Turquie se trouvaient dans nos ports, où leurs actions extrêmes nuisent gravement à l’image de la Grèce en Israël, » a écrit en juillet sur X le ministre de la Santé Adonis Georgiadis.

« Nous devons protéger cette alliance comme la prunelle de nos yeux et isoler ces imbéciles (…), ceux qui affichent un comportement antisémite agissent contre les intérêts de la Grèce », avait-il ajouté.

Des manifestants protestent contre l’arrivée du « Crown Iris », un paquebot transportant des touristes israéliens, au port du Pirée à Athènes, le 14 août 2025. (Crédit : Angelos TZORTZINIS / AFP)

Avant de rejoindre en 2012 le parti conservateur au pouvoir, Adonis Georgiadis était un membre éminent du parti d’extrême droite Laos et avait par le passé tenu des propos antisémites.

Lorsqu’il avait été nommé ministre de la Santé un an plus tard, la Ligue anti-diffamation (ADL) avait exhorté le gouvernement à reconsidérer ce choix, notant que M. Georgiadis avait fait des « remarques troublantes » sur les juifs et avait promu un livre antisémite.

En 2017, il avait publiquement présenté ses excuses pour avoir « coexisté avec et toléré des opinions de personnes ayant manqué de respect à des compatriotes juifs ».

Intimider les touristes israéliens

Une des manifestations de la « Journée d’action » anti-Israël et pro-palestinienne en Grèce, le dimanche 10 août 2025. (Crédit : capture d’écran)

Des centaines de personnes à chaque fois ont tenté d’empêcher le Crown Iris d’accoster sur des îles grecques comme Rhodes, la Crète et Syros le mois dernier, des rassemblements parfois accompagnés d’affrontements avec la police. Les propriétaires du navire ont décidé de contourner Syros après que 200 personnes ont protesté à son approche.

Dimanche, une « Journée d’action » pro-palestinienne organisée en Grèce et visant les touristes israéliens s’est toutefois déroulée sans incident majeur.

Cette initiative, annoncée plus d’une semaine à l’avance, avait été organisée par une coalition de groupes grecs pro-palestiniens et anti-Israël, qui ont appelé à manifester « sur les îles et dans les lieux touristiques ».

L’ambassadeur d’Israël en Grèce, Noam Katz, a dénoncé une « tentative de nuire aux relations solides entre nos peuples et d’intimider les touristes israéliens » sur cette île des Cyclades (est).

Le ministre grec de la Protection des citoyens, Michalis Chrisochoidis, a averti que toute personne « empêchant un citoyen d’un pays tiers de visiter notre pays sera(it) poursuivie » pour racisme.

Le PAME accuse le gouvernement du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis de « réprimer toute réaction et toute expression de solidarité envers le peuple palestinien ».

« Personne n’est raciste, personne n’a de problème avec l’identité juive. (…) Notre problème, ce sont les personnes qui soutiennent le génocide », a assuré M. Michailidis jeudi.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.