Des militants et des parents endeuillés appellent à manifester pour la fin de la guerre à Gaza
Une conférence de presse a permis à un panel d'Israéliens de s'exprimer sur la guerre à Gaza et leur volonté de la voir se terminer
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Un groupe composé de parents endeuillés, d’anciens membres des forces de sécurité, d’une mère d’otage et d’une mère de soldat a tenu mardi une conférence de presse, exhortant les Israéliens à se joindre à leur appel à mettre fin à la guerre à Gaza et à participer une grande manifestation la semaine prochaine.
Le major général de réserve Noam Tibon, qui s’est rendu le 7 octobre au kibboutz Kfar Aza pour sauver son fils et la famille de son fils, a déclaré qu’après la mort de trois autres soldats lundi, le gouvernement avait poursuivi ses manœuvres politiques à la Knesset.
« On envoie des soldats à Gaza pour des considérations politiques », a expliqué Tibon. « Nous sommes ici pour affirmer d’une voix claire que nous devons mettre fin à cette guerre à Gaza et ramener tous les otages, avec un unique accord. Les soldats sont plongés dans une guérilla sanglante à Gaza. Un autre soldat s’est suicidé hier. Nos cœurs se brisent. Nous devons prendre soin d’eux. L’armée est poussée dans ses derniers retranchements. »
Tibon a appelé les Israéliens à se joindre à la lutte. Une grande manifestation est en outre prévue le jeudi 24 juillet au soir, à Tel Aviv.
Des propos repris par l’ancien maire de Beit Shean, Rafi Ben Sheetrit, dont le fils, Alroy Ben Shitrit, a été tué au combat lors de la bataille de Nahal Oz, le 7 octobre.
Bat El, la mère d’un officier combattant à Gaza depuis près de deux ans, évoque avec force et émotion les conséquences sur les soldats de cette guerre, la plus longue d’Israël à ce jour.
« On les envoie encore et encore sur le champ de bataille, sans espoir, juste pour voir des dizaines de leurs camarades mourir », a expliqué Bat El. « Ils souffrent de traumatismes et de blessures. »
Pousser ces soldats jusque dans leurs dernières limite, c’est affaiblir l’armée, a-t-elle ajouté. Ils ne savent pas ce qu’ils font encore à Gaza.
« Ils voient des choses que la plupart de la population n’a jamais vécues »,a poursuivi Bat El. « Mais ils sont trop jeunes pour supporter ça. »
Einav Zangauker, dont le fils Matan, otage à Gaza, est encore en vie, a interpelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lui demandant de tenir sa promesse de lui ramener son fils. Elle a également invité les Israéliens à se joindre à la manifestation.
Elchanan Danino, père d’Or Danino, l’un des six otages tués à Gaza en août 2024, a fait valoir que la plupart des otages récemment libérés sont revenus grâce aux accords passés entre Israël et le Hamas.
Il a attribué ces libérations à l’envoyé américain au Moyen-Orient Steve Witkoff, qu’il a aussi qualifié de père endeuillé.
« Witkoff sait combien d’otages ont été tués à Gaza sous la pression de l’armée », a déclaré Danino, ouvrant sa veste pour montrer une photo de son fils, Or.
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