Dix rabbins du nord de la Cisjordanie mettent en garde contre « toute forme de violence »
Si les chefs spirituels des implantations saluent la création de nouveaux avant-postes, ils affirment que de jeunes égarés et des individus mal intentionnés mettent en péril l'ensemble du projet
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Un groupe de dix éminents rabbins du nord de la Cisjordanie a publié un communiqué dans lequel il exprime son opposition à la violence et dans lequel il met en garde contre le risque que des comportements irresponsables compromettent le projet d’implantation global.
La lettre, datée du 8 février mais rendue publique lundi, souligne le soutien total des rabbins à la création de nouvelles implantations dans la région, à condition que cela se fasse en coordination avec le conseil local et sans actes de violence.
« Nous sommes toutefois préoccupés par les activités négatives menées parfois par des personnes dont les intentions sont louables, mais dont les actions ne le sont pas, ou, Dieu nous en préserve, par des personnes qui exploitent l’implantation, précieuse et importante, à des fins inavouables et illégitimes », ont écrit les rabbins sous la direction du rabbin Elyakim Levanon.
Les chefs spirituels ont déclaré « s’opposer à toute forme de violence », ajoutant que « la réalité de la vie dans les fermes et sur les collines peut inclure des frictions complexes liées à divers événements qui exigent héroïsme et abnégation ».
« Si, Dieu nous en préserve, des émeutiers tentent d’agir contre une ferme ou une implantation, [les résidents d’implantations] ne doivent pas répondre par la violence, quelle qu’elle soit, mais plutôt appeler les forces de sécurité ou le conseil régional pour gérer la situation », ont-ils insisté.
« Malheureusement, une campagne est menée pour transformer tout cas de friction, et certainement tout cas de violence, en une arme contre les implantations dans leur ensemble », ont affirmé les rabbins.
« Cette campagne nuit à notre réputation, en Israël, aux États-Unis et dans le monde entier. »
Les rabbins n’ont pas mentionné les Palestiniens explicitement. Ils n’ont pas non plus identifié les « émeutiers » accusés d’inciter à la violence, même s’ils ont pu faire référence aux militants de gauche qui s’installent parfois dans des zones contestées pour documenter ou empêcher d’éventuelles agressions contre les Palestiniens.
David Dudkevitch, l’un des dix signataires de la lettre, a été cité par le site d’information Ynet comme appelant également à agir, plus précisément contre les « attaques contre les bergers juifs » qui sont perpétrées par « les Arabes et les anarchistes violents ». Il a aussi appelé à mettre fin aux opérations « inquiétantes » menées par les forces de sécurité contre des personnes qu’il a simplement qualifiées de « jeunes ».
La violence en Cisjordanie a explosé depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes ont fait irruption en Israël par la frontière de Gaza dans le cadre du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, tuant plus de 1 200 personnes et prenant 251 otages.
Ces dernières années, on a assisté à des actes quasi quotidiens de violence contre des civils palestiniens – notamment des incendies de voitures et de maisons, ainsi que des agressions physiques – perpétrés par des extrémistes juifs, dont presque aucun n’a été poursuivi en justice jusqu’à présent.
Réprimer les résidents d’implantations coûtera des vies
Mardi, la députée Limor Son Har-Melech (Otzma Yehudit) a publié sur le réseau social X une lettre qu’elle a envoyée au Premier ministre, Benjamin Netanyahu, pour demander des éclaircissements sur un article publié le jour précédent dans le quotidien Maariv, sans toutefois mentionner ses sources.
Le journal affirmait que le chef du Shin Bet, David Zini, avait donné pour instruction à l’unité opérationnelle de l’agence de sécurité intérieure, habituellement chargée de déjouer les attentats terroristes palestiniens contre les Israéliens juifs, de lutter activement contre la violence des résidents d’implantations israéliens à l’encontre des Palestiniens.
En réponse à cet article, Son Har-Melech a demandé à savoir si l’information était exacte et, dans l’affirmative, si les instructions de Zini avaient été approuvées par les dirigeants politiques.
En partageant la lettre, la députée a écrit : « David Zini, chef du Shin Bet, ne suivez pas la voie d’Avi Bluth. L’ennemi en Judée-Samarie, ce sont les Arabes, qui continuent de s’armer et de rassembler leurs forces, et non les résidents d’implantations. Inciter nos forces et les envoyer s’occuper des Juifs nous coûtera des vies humaines. Faites attention à vous. »
Elle a utilisé dans cette légende le nom biblique de la Cisjordanie, faisant aussi référence au commandant du Commandement du Centre de l’armée israélienne, qui est responsable de la Cisjordanie.
Bluth s’est ouvertement exprimé sur la nécessité d’appliquer la loi contre les résidents d’implantations violents, s’engageant lors de son entrée en fonction à « ne pas céder » face à ces violences. En 2024, un groupe de jeunes résidents d’implantations avait pris à partie Bluth et les soldats qui l’accompagnaient, traitant le commandant de Tsahal de « traître ».
Tsahal a déclaré ne pas disposer des outils adéquats pour faire face à ces attaques, d’autant plus que le ministre de la Défense, Israel Katz, a mis fin à l’utilisation de la détention administrative, qui permet aux autorités de conserver en détention indéfiniment des suspects sans les inculper, à l’encontre des citoyens israéliens.
Bluth a déclaré qu’il ne pouvait endiguer les attaques qu’avec la pleine coopération du Shin Bet et de la police israélienne, cette dernière étant supervisée par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui dirige le parti Otzma Yehudit.
Un incendie d’origine électrique tue des dizaines de moutons ; les résidents d’implantations étaient soupçonnés
Par ailleurs, des dizaines de moutons sont morts dans un incendie survenu dans le sud de la Cisjordanie, dans la nuit de lundi à mardi.
La police a déclaré qu’il s’agissait d’un incendie d’origine électrique, réfutant ainsi les informations précédentes des médias palestiniens qui accusaient des résidents d’implantations d’avoir provoqué l’incendie.
Des images choquantes provenant du village d’as-Samu, situé à proximité de Hébron, montrent les cadavres calcinés des animaux.
L’incendie s’était déclaré dans une bergerie appartenant à des Palestiniens à as-Samu, près de Hébron, qui avait déjà été la cible d’attaques par des résidents d’implantations extrémistes.
Une fois sur place, les forces de l’ordre ont déterminé que l’incendie avait été causé par un dysfonctionnement électrique ayant mis le feu à la toile recouvrant la bergerie, provoquant ainsi la mort du bétail.
« D’après l’enquête, il ne s’agit pas d’un acte criminel ou motivé par le nationalisme », a déclaré la police.
la Communauté du Times of Israël !







