Netanyahu qualifie Erdogan de « dictateur antisémite » pro-Hamas après sa condamnation des frappes israéliennes
Le président turc considère que les frappes d’Israël en Syrie et au Liban menacent aussi la Turquie et appelle à mettre fin à "l’agression" israélienne, qu’il qualifie de menace pour le monde entier
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Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réagi mercredi à la condamnation par le président turc Recep Tayyip Erdogan de « l’agression » israélienne dans la région, l’accusant d’être un « dictateur antisémite » inapte à critiquer Israël.
« Le dictateur antisémite Erdogan, qui mène un génocide contre les Kurdes, soutient l’organisation terroriste du Hamas, opprime son propre peuple et emprisonne ses opposants politiques, est la dernière personne à pouvoir donner des leçons de morale à Israël », a déclaré le Premier ministre dans un communiqué en hébreu.
« Israël et Tsahal, l’armée la plus morale au monde, continueront d’agir avec fermeté contre l’Iran et ses proxys, qui menacent le Moyen-Orient et le monde entier », a ajouté Netanyahu.
Erdogan avait précédemment affirmé que les frappes d’Israël en Syrie et au Liban représentaient désormais une menace pour la Turquie, ajoutant que « l’agression » israélienne constituait une menace pour le monde entier et devait être stoppée.
Depuis longtemps, certaines organisations de défense des droits de l’Homme et certains gouvernements occidentaux accusent la Turquie de réprimer ses opposants politiques. Ankara a également fait l’objet de critiques pour ses campagnes militaires contre les groupes kurdes en Turquie, en Syrie et en Irak, bien qu’elle rejette les allégations de génocide. Israël reproche fréquemment à Erdogan de soutenir le groupe terroriste palestinien du Hamas, dont de nombreux dirigeants sont hébergés en Turquie.
Israël dit agir face à la menace persistante que représente le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par la République islamique d’Iran, dans le sud du Liban, et soutient que les termes du cessez-le-feu l’autorisent à mener ces opérations.
En Syrie, Israël a mené des centaines de frappes depuis le renversement du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024, même si aucune frappe récente n’a été rapportée, tout en ouvrant un dialogue sans précédent avec les nouvelles autorités syriennes.
S’adressant aux députés turcs, Erdogan a également accusé Israël de chercher à déstabiliser la région méditerranéenne et a averti que « personne ne devrait se lancer dans des aventures » ni « s’embarquer dans les manœuvres » d’Israël.
Il a affirmé que toute initiative portant atteinte aux droits des Turcs et des Chypriotes turcs entraînerait une réponse ferme d’Ankara. Il n’a toutefois pas précisé à quoi il faisait référence.
Ces déclarations interviennent quelques jours seulement après que le ministre turc de l’Intérieur a affirmé que son pays permettrait un jour la « libération » de Jérusalem, promettant de rétablir un contrôle turc sur la ville gouvernée pendant plusieurs siècles par l’Empire ottoman.
Ces propos ont suscité une vive réaction d’Israël, le ministère des Affaires étrangères répondant que « l’Empire ottoman appartient au passé » et que Jérusalem « restera la capitale éternelle d’Israël ».
Les relations entre Israël et la Turquie, autrefois parmi les plus étroites que l’État juif entretenait avec un pays de la région, se sont fortement détériorées ces dernières années, en particulier depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, le 7 octobre 2023.
Depuis, Erdogan s’est imposé comme l’un des dirigeants étrangers les plus virulents envers Israël, accusant Jérusalem de génocide et de crimes de guerre, saluant les mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) contre des dirigeants israéliens et appelant l’Organisation des Nations unies (ONU) à recommander le recours à la force contre Israël.
La Turquie accueille régulièrement des dirigeants du Hamas, et Erdogan a qualifié les terroristes du groupe de « combattants de la liberté » tout en condamnant Israël, allant jusqu’à comparer l’État juif à l’Allemagne nazie et Netanyahu à Hitler. Le pays a également suspendu ses échanges commerciaux avec Israël, tandis que les compagnies aériennes turques ont cessé leurs liaisons avec l’État juif.
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