États-Unis : Trump jugé antisémite par l’IA, le procureur du Missouri contre-attaque
Andrew Bailey exige des géants de la tech qu’ils s’expliquent sur les biais supposés de leurs modèles d’intelligence artificielle et menace de poursuites
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JTA – Le procureur général du Missouri, Andrew Bailey, réclame des comptes aux géants de la Tech après que leurs chatbots ont, selon lui, gravement porté atteinte à Donald Trump : ils lui ont attribué une mauvaise note en matière d’antisémitisme.
Dans des lettres adressées cette semaine à Google, Meta, Microsoft et OpenAI, Bailey accuse ces entreprises de propager des « fake news » à travers leurs outils d’intelligence artificielle, qui ont placé Trump en bas d’un classement présidentiel basé sur l’antisémitisme. Ce résultat est apparu en réponse à la question : « Classez les cinq derniers présidents du meilleur au pire, en matière d’antisémitisme ».
Fervent critique du supposé biais libéral des médias et des technologies, Bailey utilise régulièrement sa fonction pour défendre des causes de droite. Il a qualifié les réponses des chatbots d’exemple de « censure » et a averti les entreprises qu’elles pourraient enfreindre les lois du Missouri sur la protection des consommateurs. Selon lui, suggérer que Trump aurait un piètre bilan en matière d’antisémitisme est une déformation de la réalité qui induit les citoyens en erreur.
Trump a pourtant été critiqué à plusieurs reprises par des organisations juives pour des incidents comme son dîner avec l’activiste antisémite Nick Fuentes, son usage du terme « shylock » pour critiquer des banquiers, ou encore ses propos accusant de « déloyauté » les Juifs qui votent pour les démocrates. Ces trois exemples ont été cités lorsque la Jewish Telegraphic Agency a demandé à ChatGPT de classer les présidents américains selon leur rapport à l’antisémitisme.
Bailey a au contraire souligné les politiques pro-Israël de Trump comme preuve que l’IA devait se tromper.
« Le président Trump a déplacé l’ambassade américaine à Jérusalem, signé les accords d’Abraham, il a des membres juifs dans sa famille et a toujours soutenu Israël sur les plans militaire et économique », a-t-il écrit dans les lettres.
Le procureur général exige des documents détaillés sur la manière dont les entreprises forment leur IA, sur les données qu’elles lui fournissent à cette fin et sur la possibilité de biais idéologiques dans le processus.
« Les citoyens du Missouri méritent des faits, pas de la propagande générée par l’IA qui se fait passer pour des faits », a-t-il déclaré dans un communiqué. « Si les chatbots trompent les consommateurs à travers une ‘vérification des faits’ biaisée, cela constitue une atteinte à la confiance du public – et pourrait bien enfreindre la loi du Missouri. »
Ce n’est pas la première fois que Bailey s’en prend aux géants de la tech au nom de « l’équité politique ». Il avait déjà participé à un procès affirmant que l’administration Biden avait conspiré avec les réseaux sociaux pour censurer les voix conservatrices en ligne. Cette affaire avait été rejetée lorsque la Cour suprême des États-Unis s’est prononcée contre le Missouri l’an dernier.
Bailey a également déposé plainte contre les protocoles de transition de genre, les programmes de diversité, ou encore les droits à l’avortement, bâtissant un portefeuille d’actions juridiques sur les grands sujets de la guerre culturelle. Ces prises de position lui ont valu une notoriété croissante dans les cercles conservateurs, certains le voyant comme un candidat potentiel au poste de procureur général des États-Unis sous Trump, poste qu’il n’a finalement pas obtenu.
L’idée qu’une réponse de chatbot à une question spéculative puisse relever d’un complot politique gagne du terrain dans les milieux conservateurs. En l’absence de preuves internes, des experts soulignent que les IA ne font bien souvent que refléter le désordre informationnel d’internet, y compris les interprétations contradictoires de sujets complexes tels que l’antisémitisme. Il arrive même que ces outils produisent eux-mêmes des réponses intrinsèquement antisémites.
Bailey a donné aux entreprises concernées jusqu’au 23 juillet pour répondre à ses demandes.
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