FINUL : le général Philippe Sidos dénonce une « réelle connivence » entre l’armée libanaise et le Hezbollah
L’ancien responsable onusien décrit une force internationale entravée par son mandat et par la proximité entre l’armée libanaise et le Hezbollah, empêchant un réel désarmement
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Sur le plateau de BFMTV le 16 avril, le général Philippe Sidos, ancien chef du bureau de liaison de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), a livré un témoignage sans détour sur les limites de la mission onusienne. Il y évoque une « réelle connivence » entre l’armée libanaise et le Hezbollah, qui entraverait l’action de la force internationale et, en particulier, le désarmement du groupe terroriste.
Au cours de cet entretien, il a d’abord tenu à souligner que les contingents de la FINUL « font de gros efforts » sur le terrain, tout en déplorant une certaine impuissance. « On est là, mais pour soutenir l’État libanais », résume-t-il.
Le mandat de la mission consiste en effet à « rétablir la paix et la sécurité internationales et aider le gouvernement libanais à rétablir son autorité effective ». Mais comme le rappelle Philippe Sidos, la FINUL ne relève pas du chapitre VII de la Charte des Nations unies, qui autorise le recours à la force pour imposer la paix, mais du chapitre VI, qui privilégie le maintien de la paix par des moyens pacifiques.
Dans ce cadre, le désarmement du Hezbollah ne relève pas de la FINUL. « C’est à l’armée libanaise de faire le boulot », affirme le général. Or, selon lui, c’est précisément là que réside le problème. Limitée à un mandat interdisant le recours à la force hors légitime défense, la FINUL se retrouve à observer, impuissante, une situation qu’il qualifie de « réelle connivence ».
« Il faut être honnête : le gros problème de la FINUL, c’est que l’armée libanaise, à l’époque comme aujourd’hui, était très proche du Hezbollah », note-t-il. Il décrit une armée faisant office d’ « écran » entre les Casques bleus et « la situation sur le terrain ». « Elle [l’armée libanaise] bloquait les patrouilles. C’était à elle d’aller dans les caches potentielles du Hezbollah, mais elle n’y allait pas. » En revanche, dit-il, « elle nous contrôlait, elle nous verrouillait », avant de conclure : « Personne n’osait le dire ».
Si la FINUL est tenue d’appuyer le gouvernement libanais, Philippe Sidos regrette que ce dernier ne remplisse pas ses engagements – une critique qui fait écho à la position israélienne, laquelle dénonce régulièrement l’inertie de Beyrouth face au Hezbollah.
La question du désarmement du mouvement terroriste chiite reste au cœur des tensions et des discussions entre Israël et le Liban. Les représentants des deux pays se sont rencontrés à deux reprises à Washington le mois dernier.
Le président américain Donald Trump a par ailleurs indiqué qu’il prévoyait d’inviter prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ainsi que le président libanais Joseph Aoun à la Maison Blanche.
La trêve entre les deux pays, qui a été prolongée, demeure toutefois fragile.
la Communauté du Times of Israël !








