Flydubai : L’ex-directeur du NSC fustige l’enquête « biaisée » de Netanyahu
Eyal Hulata estime que le Premier ministre aurait dû agir après les alertes du NSC en 2024 et 2025 sur les contrôles des compagnies étrangères, et dénonce la même attitude face à sa responsabilité dans le 7-Octobre
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L’ancien chef du Conseil de sécurité nationale (NSC), Eyal Hulata, a accusé lundi le gouvernement de tenter de dissimuler ses propres défaillances en matière de sécurité nationale. Cette accusation fait suite à la décision du Premier ministre Benjamin Netanyahu de charger l’actuel chef du NSC de mener l’enquête sur les défaillances de sécurité à l’origine de la tentative d’attentat terroriste survenue la semaine dernière à bord du vol 1073 de flydubai.
Le cabinet du Premier ministre a annoncé dimanche que le chef du NSC, Shmuel Ben Ezra, serait chargé de nommer un enquêteur pour mener un examen approfondi de « tous les aspects » des dispositifs de sécurité applicables aux vols civils étrangers à destination d’Israël. Cette décision fait suite à l’attaque survenue à bord d’un vol flydubai à destination de Tel Aviv, qui a poignardé son supérieur et tenté de faire s’écraser l’avion avec ses 180 passagers et membres d’équipage.
Netanyahu a ordonné cette enquête alors que la surveillance exercée par Israël sur les compagnies aériennes étrangères fait l’objet d’une attention croissante, notamment à la suite d’informations selon lesquelles des instances israéliennes de haut niveau auraient averti depuis des années que le ministère des Transports ne procédait pas à des contrôles de sécurité adéquats sur les vols étrangers.
Mais Hulata, s’exprimant lundi sur la radio de l’armée, Galei Tsahal, a affirmé qu’une enquête menée par Ben Ezra ne serait rien d’autre qu’une manœuvre de dissimulation, étant donné que le NSC est l’organe chargé de prévenir des situations telles que l’attaque contre le vol flydubai en assurant la coordination avec les instances concernées, parmi lesquelles figurent en l’occurrence le ministère des Transports, l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet et l’agence de renseignement du Mossad.
« À mon avis, le NSC est l’un des organismes qui doivent faire l’objet d’une enquête dans cette affaire », a déclaré Hulata, qui a dirigé cet organisme de sécurité de 2021 à 2023.
Qualifiant ces défaillances de « dysfonctionnement multisystémique », il a laissé entendre qu’en chargeant le NSC de mener l’enquête plutôt que de le désigner comme organisme à enquêter, Netanyahu cherchait à éviter que son processus décisionnel ne soit passé au crible.
« Il y a ici tout un rituel. Le Premier ministre demande au président du Conseil de sécurité nationale de nommer une commission d’enquête et, en substance, éloigne ainsi la question de son processus décisionnel en tant que chef de la pyramide hiérarchique, ainsi que du Conseil de sécurité nationale en tant que son état-major. »
« Il y a quelque chose de louche dans la manière dont toute cette affaire est gérée », a ajouté Hulata.
Il a souligné que le NSC avait émis des avertissements en 2024 et 2025, indiquant que les organismes censés assurer la sécurité des compagnies aériennes étrangères – « en particulier le ministère des Transports et peut-être le Shin Bet » – ne s’acquittaient pas correctement de leur mission.
« Dès que le Premier ministre, ou le NSC en son nom, émet un avertissement, que se passe-t-il alors ? Qui assume désormais la responsabilité de veiller à ce que ces problèmes soient traités ? », a demandé Hulata.
« C’est le Premier ministre qui en porte la responsabilité. C’est pour cela qu’il est Premier ministre », a affirmé l’ancien chef du NSC, répondant ainsi à sa propre question.
« Si un ministre, un ministère ou une agence ne fait pas ce qu’il faut, c’est à lui de veiller à ce que ces mesures soient prises et d’user de toute son autorité – il ne faut pas l’interpréter autrement – pour faire le nécessaire afin que le gouvernement fonctionne dans l’intérêt des citoyens. »
Hulata a en outre affirmé qu’en chargeant le NSC d’enquêter sur cette affaire, Netanyahu faisait preuve de la même fuite devant ses responsabilités que celle dont il a fait preuve depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
« C’est la même attitude », a-t-il déclaré à propos du comportement du Premier ministre dans ces deux cas.
Netanyahu a refusé de mettre en place une commission d’enquête nationale sur les défaillances entourant le 7-Octobre, et a insisté sur sa propre innocence tout en rejetant la responsabilité sur les chefs des services de sécurité.
Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a également établi des parallèles entre le 7-Octobre et la tentative d’attentat terroriste contre flydubai, qualifiant l’enquête du Premier ministre sur cette dernière affaire de « mascarade ».
« Une série de défaillances ayant conduit à l’incident aurait pu entraîner une catastrophe d’une ampleur historique, et c’est ainsi que réagit le Premier ministre d’Israël ? », s’est indigné le chef du parti Yesh Atid sur le réseau social X.
« Tout comme Netanyahu a éludé une enquête sur le massacre du 7-Octobre, il se soustrait à ses responsabilités aujourd’hui. »
Ofer Winter, le chef du nouveau parti de droite « Amkha Yisrael », a également accusé le gouvernement de se soustraire à sa responsabilité d’enquêter comme il se doit sur cet incident.
S’exprimant près de l’aéroport Ben Gurion à l’occasion de la journée nationale de commémoration du 7-Octobre, Winter a déclaré : « Trois ans après ce terrible pogrom, il semble que l’État d’Israël refuse d’en tirer les leçons. »
À l’instar des dirigeants de l’opposition ces derniers jours, Winter — qui soutient néanmoins Netanyahu — a établi un lien direct entre les attaques de 2023 menées par le Hamas et l’incident de flydubai, affirmant que dans les deux cas, les civils avaient été contraints d’éviter une catastrophe face à l’incompétence de l’État, tandis que les dirigeants politiques se déchargeaient de toute responsabilité.
« Voilà à quoi ressemble cette ‘conception’, et malheureusement, elle est toujours bien vivante, quoi qu’on puisse vous dire. Quiconque ne souhaite pas mener d’enquête ne voudra pas non plus remédier à la situation », a-t-il déclaré.
« Quiconque n’assume pas ses responsabilités n’apportera pas de solution. »
Winter s’est présenté comme la solution, réitérant son ambition d’occuper le poste de ministre de la Défense — apparemment sous Netanyahu — et s’engageant à mettre en place une nouvelle doctrine de sécurité consistant notamment à « abattre nos ennemis avant même qu’ils ne se relèvent » et à veiller à ce que les soldats de combat « priment toujours sur les civils ennemis et sur toute autre considération secondaire ».
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