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Forte hausse du nombre de mineurs palestiniens en détention administrative en Israël

Alors qu’Israël a cessé cette pratique pour les suspects juifs, le nombre de mineurs palestiniens concernés est passé de 103 à 191 en un peu plus d’un an

Nurit Yohanan est la correspondante du Times of Israel pour le monde arabe et palestinien.

Un prisonnier palestinien à la prison de Ketziot, dans le sud d’Israël, le 26 février 2025. Illustration (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)
Un prisonnier palestinien à la prison de Ketziot, dans le sud d’Israël, le 26 février 2025. Illustration (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Le nombre total de mineurs palestiniens placés en détention administrative en Israël a fortement augmenté en un peu plus d’un an, passant de 103 en janvier 2025 à 191 en mars 2026, selon des données du Service pénitentiaire israélien (IPS) obtenues par l’organisation Parents Against Child Detention.

La détention administrative permet de maintenir une personne en détention pour une durée indéterminée, sans inculpation ni procès. Dans le cadre de cette pratique controversée, qu’Israël juge nécessaire pour faire face à des menaces urgentes pour la sécurité, le détenu n’est pas informé des faits qui lui sont reprochés et les éléments de preuve sont présentés au tribunal lors d’audiences à huis clos, classées confidentielles.

Parmi ces mineurs, le nombre de ceux placés en détention administrative depuis plus d’un an a été multiplié par plus de huit, passant de six en mars 2025 à 50 en mars 2026.

Les chiffres montrent également que la détention administrative représente une part croissante des incarcérations de mineurs palestiniens. Début 2025, environ un tiers des mineurs palestiniens détenus par Israël se trouvaient en détention administrative. En mars 2026, cette proportion atteignait près de la moitié.

Titi Carmel, directrice exécutive de l’association Parents Against Child Detention, a estimé dans un communiqué que ces chiffres étaient alarmants.

« Alors que les enfants en Israël et partout dans le monde profitent de leurs vacances d’été, un nombre croissant d’enfants palestiniens sont détenus dans des conditions difficiles, identiques à celles des adultes. La forte augmentation du nombre d’enfants placés en détention administrative, c’est-à-dire une incarcération sans inculpation ni procès, fondée sur des preuves secrètes, est particulièrement préoccupante », a-t-elle déclaré.

Selon l’IPS, 3 198 Palestiniens sont actuellement placés en détention administrative, dont la grande majorité est originaire de Cisjordanie. Ce chiffre n’inclut pas les Palestiniens détenus pendant la guerre à Gaza, qui sont classés comme « combattants illégaux ».

Montage photo – À gauche : Le ministre de la Défense Israel Katz, à Jérusalem, le 31 mai 2026. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90) À droite : Tal Yinon Dardik (Crédit : Autorisation)

La semaine dernière, le ministre de la Défense Israel Katz s’est vanté d’avoir cessé d’approuver les ordonnances de détention administrative visant des suspects juifs, tout en augmentant considérablement le recours à cette mesure contre des suspects arabes.

Justifiant cette différence de traitement entre Juifs et Arabes, il a affirmé que les violences commises par des habitants des implantations ne relevaient pas du terrorisme, contrairement à celles commises par des Arabes.

La détention administrative n’étant désormais plus autorisée à l’encontre des Juifs, le Shin Bet a commencé à recourir à une mesure moins sévère consistant à interdire à certains extrémistes juifs l’accès à la Cisjordanie.

Une telle mesure avait été prise plus tôt cette année à l’encontre de Tal Yinon Dardik, un habitant d’une implantation qui aurait, en mars, déshabillé une victime palestinienne, lui aurait ligoté les parties génitales avec des attaches en plastique et l’aurait fait défiler dans le village de Khirbet Humsa.

Katz a refusé d’approuver la prolongation de cette mesure, permettant ainsi à Dardik de circuler librement en Cisjordanie.

Si le chef du Shin Bet, David Zini, est opposé au recours à la détention administrative, d’autres responsables des services de sécurité estiment que l’interdiction imposée par Katz a contribué à la forte recrudescence des violences commises par des habitants des implantations au cours des deux dernières années. Le gouvernement qui a nommé Zini est, pour sa part, accusé de soutenir tacitement ce phénomène.

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