Zini aurait opposé son veto à la mise en détention administrative d’extrémistes juifs
Le chef du Shin Bet estimerait qu’il existe d’autres moyens de freiner la vague de violence des résidents d’implantations et que l’unité chargée de la contrer harcèle parfois des suspects sans raison
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Le chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, David Zini, a rejeté les recommandations des agents de terrain visant à placer certains extrémistes juifs en détention administrative, alors que les attaques contre les Palestiniens en Cisjordanie se multiplient, ont rapporté mardi les médias israéliens.
Les suspects identifiés par les services de sécurité peuvent être maintenus en détention administrative pendant des mois sans procès. Ce dispositif est généralement utilisé à l’encontre des Palestiniens lorsque les preuves sont insuffisantes pour obtenir un mandat d’arrêt ordinaire.
Le recours à la détention administrative à l’encontre de Juifs a toujours été négligeable. Dès son entrée en fonction en novembre 2024, alors que les attaques des résidents d’implantations contre les Palestiniens connaissaient une recrudescence massive, le ministre de la Défense, Israel Katz, y a mis complètement fin. Il s’est récemment heurté à un général de l’armée israélienne qui cherchait à prolonger une mesure restrictive à l’encontre d’un terroriste juif présumé.
Malgré cette directive, des agents de terrain du Shin Bet, notamment ceux d’une unité chargée de lutter contre les violences commises par des extrémistes juifs, ont recommandé à Zini, au cours des derniers mois, de placer plusieurs résidents d’implantations violents en détention administrative, a indiqué la Treizième chaîne, citant des sources de l’agence de sécurité intérieure et des forces de l’ordre.
Mais Zini est convaincu que l’extrémisme juif peut être maîtrisé par d’autres moyens et que le « département juif » du Shin Bet harcèle parfois des suspects juifs sans raison, ont indiqué ces sources à la Treizième chaîne.
Dans une réponse adressée à la chaîne, l’agence de sécurité intérieure a déclaré « ne pas commenter les discussions entre professionnels au sein de ses services ».
Zini, un ancien général qui se qualifie lui-même de « messianique » et qui est affilié à la yeshiva ultraconservatrice Har HaMor, avait auparavant réduit les ressources du Département des Affaires juives, minimisé la violence des résidents d’implantations en la qualifiant de « frictions » et recommandé le recours à des bracelets électroniques de surveillance plutôt qu’à la détention administrative pour maîtriser les auteurs de ces actes, selon les médias israéliens.
Ces derniers mois, la violence des résidents d’implantations s’est intensifiée, avec des attaques quasi quotidiennes, parfois meurtrières, survenant dans toute la Cisjordanie, mais peu de suspects ont été arrêtés et inculpés. Les détracteurs accusent le gouvernement de tolérer, voire d’encourager ces attaques.
Mardi, les médias palestiniens ont rapporté que des résidents d’implantations avaient mené des attaques dans plusieurs villages de la région de Naplouse pendant la nuit. Ils y ont incendié des voitures, tagué le mot « vengeance » et endommagé le réseau électrique d’un village.
Les chiffres publiés en début d’année par le Shin Bet ont révélé que trois fois plus de Palestiniens que de Juifs avaient été victimes d’attaques terroristes en Cisjordanie.
L’armée a recensé 867 cas de crimes à caractère nationaliste et de violences commis par des résidents d’implantations en 2025, contre 682 en 2024.
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