Frappes à Doha : La reprise du rôle de médiation du Qatar dépend des excuses d’Israël
Doha serait disposé à permettre à Benjamin Netanyahu de présenter ses excuses pour avoir tué par erreur un officier qatari plutôt que pour avoir pris pour cible le Hamas
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Le Qatar conditionne son rôle de médiateur dans les pourparlers d’un accord de cessez-le-feu et de libération des otages entre Israël et le Hamas à des excuses publiques d’Israël pour la récente frappe visant les dirigeants du groupe terroriste palestinien alors qu’ils se réunissaient à Doha, a rapporté samedi le média Axios.
Selon des sources proches des négociations citées par le média, cette demande, formulée par l’émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani, a été soulevée lors des discussions menées cette semaine par le secrétaire d’État américain Marco Rubio à Jérusalem et à Doha, ainsi que lors de la rencontre entre l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et le ministre israélien des Affaires stratégiques Ron Dermer à Londres.
Bien que Doha attende d’Israël qu’il présente ses excuses s’il souhaite faire avancer les pourparlers, les sources ont indiqué qu’il serait prêt à faire preuve d’une certaine souplesse quant à la formulation de ces excuses, étant donné que cette question est politiquement sensible pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Le 9 septembre, Israël a lancé une frappe sans précédent sur Doha, visant des hauts responsables du Hamas alors qu’ils étaient réunis pour discuter d’une proposition américaine d’accord de cessez-le-feu et de libération des otages.
Six personnes, dont un officier qatari, ont été tuées au cours de cette frappe, mais tous les hauts dirigeants du groupe terroriste auraient survécu.
Le Qatar accueille les dirigeants de la branche politique du Hamas depuis 2012, mais il est également un allié clé des États-Unis et abrite la plus grande base militaire américaine de la région.
Il a été le principal médiateur, avec les États-Unis et l’Égypte, dans les longues négociations pour la libération des otages détenus par les groupes terroristes à Gaza, pour un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, ainsi que pour un plan d’après-guerre pour la bande de Gaza.
Cette tentative d’assassinat des dirigeants du Hamas a suscité une condamnation internationale. Toutefois, Netanyahu a averti le Qatar qu’il devait soit expulser les responsables du Hamas, soit « les traduire en justice ».
« S’il ne le fait pas, nous le ferons », a-t-il promis.
Cependant, depuis lors, un haut responsable israélien a déclaré sous couvert d’anonymat à Axios que Netanyahu avait réalisé qu’il avait mal calculé et sous-estimé l’ampleur des retombées que cette frappe allait entraîner.
Selon Axios, le Qatar pourrait ne pas exiger de Netanyahu qu’il présente des excuses pour avoir ciblé les dirigeants du Hamas, mais plutôt pour avoir tué par inadvertance un agent de sécurité qatari. Israël devrait également s’engager à ne plus violer la souveraineté du Qatar à l’avenir.
Cet article a été publié alors que des efforts désespérés sont déployés pour relancer les pourparlers sur un accord de cessez-le-feu et de libération des otages, qui étaient déjà dans l’impasse avant que des responsables du Hamas ne soient visés à Doha.
Avant la frappe, les États-Unis auraient présenté une proposition prévoyant la libération de tous les otages dès le premier jour d’une trêve, puis la fin de la guerre à Gaza si les négociations ultérieures aboutissaient. Le Hamas a déclaré qu’il discutait de cette offre lorsque la frappe aérienne a été menée.
Le groupe terroriste avait déclaré le mois dernier qu’il avait accepté la dernière proposition américaine d’accord partiel, que l’État hébreu cherchait à obtenir depuis plusieurs mois, après avoir rejeté les précédentes offres d’accord de trêve progressive pour les otages.
Cependant, cette évolution est intervenue après que Jérusalem a changé de position, déclarant qu’elle n’accepterait plus d’accord progressif et ne négocierait que la libération simultanée de tous les otages.
Le groupe terroriste s’est dit prêt à mettre fin à la guerre, mais n’a pas accepté les conditions posées par Israël, qui comprennent la libération des otages, son désarmement, la démilitarisation de la bande de Gaza et la mise en place d’un nouveau gouvernement pour cette région, sans le Hamas ni l’Autorité palestinienne.
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