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Gaza : « l’UE n’est pas au rendez-vous de ses responsabilités » – Ministre belge

L'accès très limité à l'aide humanitaire pour la population civile a mené l'ONU à décréter fin aout l'état de famine à Gaza, ce que rejette fermement Israël

Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prevot, s'adresse aux médias à son arrivée à une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE au bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, le 24 février 2025. (Crédit : AP Photo/Virginia Mayo)
Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prevot, s'adresse aux médias à son arrivée à une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE au bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, le 24 février 2025. (Crédit : AP Photo/Virginia Mayo)

L’Union européenne (UE) n’est « pas au rendez-vous de ses responsabilités » face à la guerre à Gaza, et sa crédibilité en politique étrangère « est en train de s’effondrer », a estimé vendredi le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, dans un entretien avec l’AFP.

« C’est incontestable que l’UE à ce stade n’est pas au rendez-vous de ses responsabilités dans cette crise humanitaire gigantesque, qui confère à l’inhumain », a déclaré Prévot.

« Il est évident que pour l’opinion publique la crédibilité de la politique étrangère qui est menée par l’Union européenne, sur ce dossier-là singulièrement, est en train de s’effondrer », a-t-il ajouté.

Ce ministre centriste francophone faisait référence aux divisions des 27 États membres, incapables depuis des mois de s’entendre à l’unanimité pour sanctionner Israël pour la guerre menée depuis près de deux ans contre le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Israël est en guerre à Gaza depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut des communautés du sud d’Israël, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif est de détruire le Hamas, de l’écarter du pouvoir à Gaza et de libérer les otages. Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent actuellement 50 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par le Hamas le 7 octobre 2023. Vingt d’entre eux seraient encore en vie.

Le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 64 000 personnes ont été tuées ou sont portées disparues depuis le début des combats. Ce bilan, qui ne peut être vérifié et qui ne fait pas la distinction entre terroristes et civils, inclut les quelque 20 000 terroristes qu’Israël affirme avoir tués au combat, ainsi que les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes et retombées à l’intérieur de la bande de Gaza.

Israël affirme s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les Gazaouis comme boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

Le bilan de l’offensive terrestre israélienne contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires menées le long de la frontière avec la bande de Gaza s’élève à 461 morts. Ce bilan inclut un officier de police tué lors d’une mission de sauvetage d’otages et des civils qui travaillaient comme sous-traitant pour le ministère de la Défense.

Le Hamas est accusé de gonfler le nombre de victimes civiles et d’y inclure les Gazaouis tués par les roquettes tirées par les factions terroristes et retombées dans la bande de Gaza. Le Hamas ne fait pas non plus de distinction entre les civils et les terroristes dans ce bilan.

L’accès très limité à l’aide humanitaire pour la population civile a mené l’ONU à décréter fin aout l’état de famine à Gaza.

Israël rejette catégoriquement les accusations qui laissent entendre que l’État juif provoquerait la famine à Gaza et qu’il y commettrait un « génocide », affirmant que le pays s’efforce de faciliter l’acheminement des aides humanitaires et qu’il tente d’éviter les victimes civiles. Il reproche au Hamas de se battre en infiltrant les populations civiles et il accuse le groupe terroriste de voler l’aide humanitaire.

Face à cette situation, la Belgique a décidé cette semaine de prendre unilatéralement une série de sanctions (économiques, consulaires etc) contre Israël ou certains ministres du gouvernement Netanyahu, et s’est engagée à se joindre aux pays – dont la France – qui reconnaîtront un État de Palestine en marge de la prochaine assemblée générale de l’ONU, sous conditions.

Il s’agit « d’envoyer un signal politique et diplomatique fort » et de « faire pression sur le gouvernement israélien pour qu’il réponde le plus rapidement possible à l’urgence humanitaire » à Gaza, a insisté vendredi Prévot.

« Il y a une obligation morale, mais aussi un impératif légal d’agir ; les pays sont parties prenantes à des conventions et traités internationaux qui les obligent à poser tout acte pour éviter qu’un génocide ne survienne », a-t-il poursuivi.

« Restons des défenseurs volontaristes du droit international ! »

Fin juillet, le président Emmanuel Macron a annoncé que la France allait reconnaître un État de Palestine lors de l’Assemblée générale de l’ONU, qui se tiendra du 9 au 23 septembre à New York. Dans la foulée, plus d’une dizaine de gouvernements occidentaux ont appelé d’autres pays à faire de même.

La Belgique va se joindre aux pays signataires de la « Déclaration de New York ». Cependant, d’un point de vue légal, la reconnaissance d’un État palestinien par un arrêté royal futur reste soumise à deux conditions : la libération de tous les otages du Hamas et l’exclusion de ce groupe terroriste palestinien de tout organe de gouvernance.

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