GB: Une candidate des Verts publie des messages appelant à tuer des sionistes
Dans ses posts diffusés sur un compte parodiant Anne Frank, Tina Ion traite les "nazis juifs" de "voleurs cupides" ; le parti croule sous les accusations d’antisémitisme ; 2 candidates ont été arrêtées pour "incitation à la haine raciale en ligne"
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JTA — Une candidate du parti britannique des Verts est sous le feu des critiques après avoir publié sur les réseaux sociaux, sous le pseudonyme « thereal.anne.frank », que « tous les sionistes » devaient être abattus. Il s’agit du dernier scandale antisémite en date à frapper le parti en l’espace de quelques jours.
Deux autres candidats ont été accusés d’incitation à la haine en ligne à la suite de publications anti-israéliennes sur les réseaux sociaux. Le leader juif du parti, Zack Polanski, a quant à lui dû se justifier face à des allégations d’antisémitisme latent.
Ce dernier scandale fait suite aux révélations du Jewish News selon lesquelles, dans une série de publications sur Threads, Tina Ion, candidate des Verts à Newcastle, a comparé les « sionistes » à de la « vermine » et à des « rats ». Elle a publié l’image d’un broyeur industriel qu’elle a décrit comme une « centrifugeuse pour sionistes ».
Elle a également qualifié les « nazis juifs » de « voleurs cupides » qui « ont accumulé des fortunes colossales au fil des siècles », a rapporté le journal.
La photo de profil du compte « thereal.anne.frank » représente une jeune femme arborant un keffieh, le foulard traditionnel palestinien. Dans un message au sujet de cette image, Ion aurait écrit qu’elle l’a choisie « parce qu’Anne Frank avec un keffieh, ça énerve les sionistes ».
Ces propos d’Ion, qui ont été révélés pour la première fois par Steve Cooke, militant du Parti travailliste, ont été rapidement condamnés par de nombreux députés verts, qui ont annoncé vendredi, dans un communiqué conjoint publié sur X, que le parti procédait actuellement à « une révision de ses procédures de sélection ».
I see that Newcastle Green Party’s election candidate Tina Ion has set her spoof “Anne Frank” account to private this morning. Some frenzied post deleting going on behind the curtains there, I expect. #antisemitism https://t.co/DzPgzomUki pic.twitter.com/N2XYSSY9rb
— Steve Cooke (@Steve_Cooke) April 29, 2026
« Nous sommes indignés par les propos racistes rédigés et diffusés par Tina Ion », peut-on lire dans le communiqué. « Nous sommes anti-racistes, et nous affirmons sans équivoque que l’antisémitisme n’a pas sa place au sein de notre parti ni dans notre société. Nous ne soutenons pas la candidature de cette personne. »
Dans une déclaration sur Facebook, Ion a défendu ses publications, arguant que des « extraits isolés » de ses messages avaient été utilisés pour « dénaturer » ses valeurs profondes, et qu’elle « réfutait catégoriquement toute accusation d’antisémitisme ».
« Ma critique ne porte pas sur une ethnie ou une religion, mais sur une idéologie politique et sur un ensemble de mesures qui ont été prises par l’État », a écrit Ion. « Le dénominateur commun entre ceux que je critique, des extrémistes juifs sionistes à leurs partisans occidentaux et jusqu’à notre propre gouvernement, n’est pas leur culture, mais leur soutien actif à ce que la Cour internationale de justice a qualifié de ‘risque plausible de génocide’. »
« J’admets que, dans des moments de souffrance brute et sans filtre, en visionnant des images diffusées en direct d’enfants mutilés, j’ai pu tenir un discours déshumanisant à l’égard de ceux qui soutiennent ces actes », a-t-elle ajouté.
Israël a rejeté avec véhémence les accusations de génocide perpétré contre les Palestiniens dans le cadre de la guerre de Gaza, qui a éclaté suite au pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023.
Ion n’est pas l’unique candidate des Verts à faire l’objet d’une enquête après avoir publié des contenus antisémites en ligne.
Sabine Mairey et Saiqa Ali, toutes deux candidates à des sièges dans le borough de Lambeth, à Londres, ont été interpellées jeudi par la police métropolitaine pour « incitation à la haine raciale en ligne », une infraction prévue par la loi britannique sur l’ordre public, le Public Order Act.
Mairey et Ali ont été placées en garde à vue à des fins d’interrogatoire.
Mairey a publié sur Facebook une image accompagnée de la légende « Foncer dans une synagogue, ce n’est pas de l’antisémitisme, c’est de la vengeance », comme l’a montré une capture d’écran du Telegraph.
Une publication qui faisait référence à Ayman Mohamad Ghazali, un citoyen américain d’origine libanaise qui avait lancé un camion chargé d’explosifs contre une synagogue du Michigan au mois de mars, juste après que son frère, membre du Hezbollah, a été tué par une frappe israélienne.
Ali, pour sa part, a relayé sur Instagram une image d’un homme armé portant un bandeau du Hamas, accompagnée du slogan « La résistance, c’est la liberté », selon une autre capture d’écran.
D’autres publications d’Ali sur Facebook, désormais supprimées, prétendaient que le 11 septembre était une « attaque simulée » orchestrée par Israël. Elle aurait également partagé une image d’un serpent marqué d’une étoile de David étouffant la Terre, ainsi que la caricature d’un Juif avec la légende « Nous avons survécu à la Shoah, et maintenant, nous avons le droit de tuer tout le monde, toujours ! ».
Ces arrestations sont intervenues quelques heures après l’agression à l’arme blanche dont ont été victimes deux hommes juifs dans le quartier à forte population juive de Golders Green, à Londres, une affaire que la police traite comme un acte terroriste.
Londres a en outre récemment connu une série d’incendies criminels visant des synagogues et d’autres lieux liés à la communauté juive.
En octobre, à Manchester, un homme a délibérément foncé avec sa voiture dans une foule rassemblée devant une synagogue. Il a ensuite poignardé à mort un homme.
Le Parti des Verts, une formation populiste de gauche, a enregistré des gains importants ces derniers mois, surfant sur des questions qui animent la gauche mondiale, parmi lesquelles le pouvoir d’achat, l’environnement et la colère généralisée suscitée par l’offensive militaire israélienne contre le groupe terroriste du Hamas à Gaza.
Polanski, qui aspire à renverser le gouvernement travailliste lors des élections locales qui se tiendront la semaine prochaine, a reproché au Premier ministre Keir Starmer d’être complice du « génocide flagrant à Gaza ».
Dans le contexte de l’essor soudain du Parti des Verts, ses candidats font l’objet d’une attention croissante. Lors du processus de sélection, Polanski a admis que la vérification des antécédents représentait un « véritable défi » pour les Verts. Il a toutefois déclaré depuis avoir confiance en « 99 % » de ses candidats.
Plusieurs autres candidats ont été accusés d’avoir tenu des propos antisémites. À Newcastle, Philip Brookes a ainsi écrit, dans un message Facebook consacré à Gaza, qu’il fallait « faire de sérieux efforts pour ne pas être ne serait-ce qu’un tout petit peu antisémite ».
Aziz Hakimi, candidat à Camden, a quant à lui relayé des contenus attribuant la responsabilité des attentats du 11 septembre aux « sionistes » et affirmant que l’incendie criminel qui a visé des ambulances appartenant à l’association caritative juive Hatzolah à Golders Green avait été orchestré par Israël.
D’autres candidats ont également posté des commentaires dans lesquels ils semblaient cautionner le pogrom perpétré par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, ou ils ont paru faire l’apologie de certains tropes sur l’influence mondiale du peuple juif.
Le vice-président des Verts, Mothin Ali, a confié en privé au groupe Greens for Palestine que les candidats accusés d’antisémitisme devaient solliciter « des conseils juridiques sérieux », a rapporté le Times of London. Ali a évoqué une « action collective » contre son propre parti concernant sa gestion des suspensions, au motif que « de plus en plus de membres sont visés ».
D’après Polanski, plusieurs, parmi les candidats du parti, ont été accusés – à tort – d’antisémitisme du fait de leur opposition au gouvernement israélien ou de leur soutien aux Palestiniens.
« Il est essentiel de ne pas confondre le véritable antisémitisme avec les critiques légitimes visant un gouvernement israélien qui commet des crimes de guerre », a affirmé Polanski à la BBC, ajoutant que les allégations d’antisémitisme étaient prises très au sérieux.
« Sur 4 500 candidats, quelques cas isolés ne constituent pas, à mon sens, un scandale majeur », a-t-il ajouté.
Polanski a également accusé Starmer d’instrumentaliser les craintes liées à l’antisémitisme pour étouffer les critiques à l’égard d’Israël. « Nous nous retrouvons face à une situation singulière dans ce pays, où un Premier ministre non juif attaque le seul dirigeant juif sur une affaire d’antisémitisme », a-t-il confié au Guardian.
La date limite fixée pour les candidatures aux prochaines élections est désormais passée ; par conséquent, même si les partis retirent leur soutien à certains candidats, leurs noms ne peuvent plus être légalement rayés des bulletins de vote, qu’ils fassent l’objet d’une suspension ou non.
Le personnel du Times of Israel a contribué à cet article.
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