Guy Gilboa-Dalal a subi des abus sexuels par l’un de ses geôliers à Gaza
"Il m'a emmené, a pointé un fusil sur ma tête et un couteau sous ma gorge, et m'a dit que si j'en parlais... il me tuerait", a déclaré l'ex-otage, abusé à 2 reprises
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L’ancien otage Guy Gilboa-Dalal a révélé les détails des plus de deux années qu’il a passées dans les geôles du groupe terroriste palestinien du Hamas, y compris les abus sexuels qu’il dit avoir subis de la part d’un de ses geôliers sous la menace d’une arme, dans une longue interview diffusée samedi soir sur la chaîne N12.
Âgé de 23 ans, Gilboa-Dalal, qui a été relâché le mois dernier dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu actuellement en vigueur à Gaza, explique avoir été agressé à deux reprises par le même geôlier, alors qu’il était détenu avec les ex-otages Evyatar David, Tal Shoham et Omer Wenkert.
Gilboa-Dalal est le deuxième ancien otage masculin à révéler publiquement avoir été victime d’agression sexuelle pendant sa captivité aux mains du Hamas, après Rom Braslavski, qui a également fait des révélations similaires. Plusieurs anciennes otages ont également révélé avoir subi des violences sexuelles et des menaces pendant leur captivité à Gaza.
« Un jour, il m’a emmené dans la pièce [des terroristes] et je me suis retrouvé sur une chaise, les yeux bandés », raconte Gilboa-Dalal, décrivant la première fois qu’il a été abusé.
« Il m’a couvert les yeux et m’a dit : ‘Oh, ça fait longtemps que tu n’as pas vu de filles, n’est-ce pas ? Tu regardes du porno ? Tu veux regarder du porno ? Tu veux qu’on fasse un film porno ensemble ?’ »
« Il s’est approché de moi, par derrière. Il a commencé à me toucher partout, et je me suis figé sur place. »
It was heartbreaking to hear the horrors recounted by Guy Gilboa Dalal, who returned from the nightmare of two years in brutal captivity by Hamas.
His willingness to speak on camera, expose his wounds, and articulate the incomprehensible cruelty to which he was subjected was an… pic.twitter.com/Ubi3cFpnnx
— יצחק הרצוג Isaac Herzog (@Isaac_Herzog) November 22, 2025
« Il a commencé à me toucher et à m’embrasser dans le cou, à m’embrasser dans le dos, et c’était très, très effrayant », poursuit-il.
« Je me suis figé, et après quelques minutes où il a continué à faire ça – à me toucher vraiment – tout mon corps s’est mis à brûler ici, à l’arrière de mon cou et dans ma gorge. »
« Il m’a dit qu’il m’aimait, et cela m’a profondément perturbé », explique Gilboa-Dalal.
« À un moment donné, sa main s’est arrêtée sur mon torse, et mon cœur battait très, très, très fort. Il m’a demandé : ‘Quoi, tu as peur ?’ J’ai répondu ‘oui’. Il m’a attrapé, a pointé un fusil sur ma tête et un couteau sous ma gorge, et m’a dit que si j’en parlais à quelqu’un à l’intérieur – Evyatar, Tal ou Omer – ou à l’un des geôliers, il me tuerait. »
« Non seulement j’ai vécu cette expérience horrible, mais je ne pouvais en parler à personne. Je devais porter ce poids tout seul, en moi », dit-il.
L’ancien otage a ensuite décrit une deuxième agression, dont des extraits ont été diffusés par la chaîne israélienne en début de semaine. Gilboa-Dalal a expliqué que son geôlier l’avait autorisé à prendre une douche, avait attendu qu’il ait terminé, puis l’avait « attrapé de force ».
« Il m’a entraîné dans leur chambre et m’a empêché de m’habiller », raconte-t-il.
« Il a également retiré son pantalon. Je lui ai dit : ‘Tu plaisantes, n’est-ce pas ? C’est interdit dans l’islam. Tu es musulman, ces choses sont interdites.’ »
« Je ne pouvais pas le voir ; j’avais le visage tourné dans l’autre sens et il se trouvait derrière moi. Il a frotté ses parties génitales contre mon anus pendant plusieurs minutes. Je suis resté figé, ne sachant pas quoi faire à ce moment-là. Puis il m’a ramené à l’intérieur. »
Gilboa-Dalal a déclaré qu’après cela, il craignait d’être séparé des autres otages avec lesquels il se trouvait, ce qui aurait pu entraîner davantage d’agressions : « Si je m’étais retrouvé seul, cela aurait pu devenir une habitude. La situation aurait peut-être empiré progressivement, avec davantage de coups, de violence et d’intrusion. Et cela me terrifiait, car dans ma situation, je n’avais nulle part où fuir » », dit-il.
Cependant, ce fut la dernière fois qu’il subit des agressions sexuelles pendant sa captivité, car « il ne s’est plus retrouvé seul », sans la surveillance des autres terroristes, les geôliers de ce groupe d’otages.
« Mais cela me revenait toujours à l’esprit chaque fois que je le voyais, en espérant simplement que cette situation ne se reproduirait plus jamais. »
Paradé, humilié et affamé
Dans cette interview, Gilboa-Dalal a également révélé d’autres détails sur le temps passé en captivité dans les geôles du Hamas, durant lequel lui et ses compagnons d’infortune ont été délibérément affamés et victimes de violences physiques.
Gilboa-Dalal se souvient avoir été enlevé lors du festival de musique Nova au cours du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023. Il raconte que lui et ses compagnons d’infortune David, Bar Kupershtein et Wenkert ont été jetés à l’arrière du même pick-up et conduits à Gaza.
Une fois à l’intérieur, « ils nous ont conduits à travers la ville. Ils s’arrêtaient et criaient en arabe : ‘Prisonniers juifs ! Porcs !’ », se souvient-il.
« Des foules de civils sont apparues et ont commencé à nous frapper. Lorsque la situation devenait trop extrême, les terroristes tiraient des coups de semonce pour les repousser, puis se rendaient au point suivant, où tout recommençait. »
Gilboa-Dalal explique que les premiers temps de sa captivité « ont été horribles » et qu’il « pleurait à longueur de journée ». Pendant la majeure partie de sa captivité, il a été détenu avec Wenkert, David et Shoham dans ce qu’il décrit comme un tunnel gris et exigu, d’environ 1,8 mètre de haut, où il était extrêmement difficile de se mouvoir.
L’ancien otage explique qu’il s’est efforcé de garder « l’esprit actif » en essayant d’apprendre l’arabe auprès de ses geôliers, allant jusqu’à leur dire qu’il souhaitait se convertir à l’islam, dans le but de « maintenir les meilleures relations possibles » avec eux et de recueillir « toutes les informations possibles ».
Il explique qu’une caméra les surveillait presque constamment tout au long de leur captivité et qu’il a réussi à tenir le coup en imaginant qu’elle enregistrait des messages destinés à sa famille et à ses futurs enfants : « J’imaginais que je leur apprenais à survivre, à rester forts en captivité… plutôt que cette diffusion en direct soit destinée aux terroristes. »
Selon Gilboa-Dalal, lui et ses compagnons d’infortune ont été délibérément affamés, ne recevant de la nourriture qu’une fois toutes les 24 heures, généralement un petit morceau de pita accompagné d’une infime quantité de nourriture, alors que leurs geôliers avaient accès à davantage de nourriture.
« Nous mettions de côté toute la nourriture qu’ils nous donnaient et attendions la prochaine distribution pour être sûrs d’avoir quelque chose à manger. Ainsi, chaque jour, lorsque nous mangions enfin, nous consommions des aliments qui avaient déjà 24 heures et qui étaient avariés », explique-t-il.
Le comportement des geôliers était imprévisible : « Ils pouvaient être normaux pendant un certain temps, puis devenir soudainement incroyablement cruels. »
À une occasion, dit-il, le geôlier qui l’avait agressé sexuellement les a raillés et tabassés, Wenkert et lui.
« Il m’a mis un masque, comme un masque COVID », dit-il.
« Il m’a dit : ‘Reste ici, tu n’as pas le droit de bouger.’ Puis il a dit à Omer : ‘Mets-toi à quatre pattes comme un chien et repose-toi comme un chien.’ Et il est sorti. Il est ensuite revenu, m’a attrapé, m’a jeté sur Omer et a commencé à nous frapper, vraiment frapper. Il a commencé à nous donner des coups de poing et des coups de pied. »
Après que Gilboa-Dalal a raconté ces deux agressions sexuelles, l’intervieweur lui a demandé comment il avait survécu malgré les épreuves endurées pendant sa captivité.
« Nous devions continuer à survivre. Nous devions rester forts… Il est possible de craquer, et ce n’est pas grave de craquer ou de pleurer, mais je ne pouvais pas perdre pied à ce moment-là », a-t-il répondu.
« Il y avait trois choses auxquelles je me raccrochais pour rester fort et ne pas m’effondrer : le fait d’être filmé pour ma famille, le fait qu’ils me voient, le fait que mes futurs enfants me voient, et le fait que je resterais fort et leur montrerais que tout arrive pour une raison », poursuit-il.
« Nous étions le pilier de l’autre »
Gilboa-Dalal a également expliqué comment David, son meilleur ami d’enfance, et lui-même, qui avaient été enlevés ensemble, s’étaient mutuellement soutenus pour survivre à leur captivité.
« Nous étions le pilier de l’autre. Il était tellement important que nous soyons ensemble », dit-il.
« C’est ce qui nous a le plus aidés. »
Il explique que leur relation a pris une autre tournure lorsque le Hamas a diffusé, en août, une vidéo dans laquelle David, très amaigri, était contraint de creuser sa propre tombe. Il raconte qu’ils étaient détenus ensemble à ce moment-là, et qu’il se trouvait derrière le rideau, tout aussi amaigri.
« Ma masse musculaire avait tellement diminué que je ne pouvais plus bouger les épaules… Je ne pouvais plus rien faire. Au point qu’Evyatar devait m’aider à baisser et à remonter mon pantalon », raconte-t-il.
« Quand j’allais à la salle de bain, il me couvrait pour que nous ne gelions pas. Nous n’avions rien sur nous pour nous réchauffer », poursuit-il.
« On en est arrivés au point où je lui donnais des lingettes humides et où il m’essuyait ici [autour de l’aisselle], car je ne pouvais pas lever l’épaule tant j’étais faible, car je n’avais plus aucune énergie. »
« C’est ça, être le pilier l’un de l’autre », dit-il.
À la question de savoir ce que signifie pour lui le fait d’être de retour chez lui, il répond : « Les choses ont désormais un sens différent. »
« Les choses que je considérais autrefois comme acquises… Chaque moment passé avec ma famille est incroyable depuis [mon retour], et cela restera ainsi pour toujours. »
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