Impasse bureaucratique : 7 Israéliens bloqués à Gaza ne peuvent pas rentrer en Israël
6 citoyens et un résident de Jérusalem-Est bloqués dans l'enclave avant le 7-Octobre restent bloqués alors que les organismes gouvernementaux se renvoient la responsabilité
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Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Sept Israéliens qui s’étaient rendus dans la bande de Gaza peu avant le début de la guerre et y avaient rejoint leurs familles ne peuvent désormais plus retourner en Israël. Bien qu’ils en aient légalement le droit, les autorités israéliennes n’ont pas réussi à coordonner leur entrée pendant des mois, selon un article publié lundi.
Le groupe, composé de six femmes et d’un homme âgés de 4 à 67 ans, comprend six citoyens israéliens et un résident de Jérusalem-Est, tous inscrits au registre de la population israélienne.
Selon Haaretz, ils ont soumis une demande officielle de retour en Israël par l’intermédiaire de l’organisation de défense des droits humains Gisha il y a plus de deux mois, mais celle-ci n’a pas abouti en raison d’un blocage bureaucratique entre les organismes publics.
Le cœur du problème réside dans un différend entre l’Autorité de la population et de l’immigration et le Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens (COGAT) quant à l’organisme responsable d’engager le processus permettant au groupe de quitter Gaza en toute sécurité pendant le cessez-le-feu actuel.
Un processus autrefois routinier
Ces sept personnes auraient quitté Israël quelques semaines avant le début de la guerre, dans le cadre de la procédure dite des « familles divisées », qui s’applique aux familles dont l’un des membres est citoyen ou résident israélien, et l’autre résident de Gaza. Jusqu’au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, ces déplacements étaient courants.
Les départs et les retours étaient gérés par le poste-frontière d’Erez, sous l’égide de l’Administration de coordination et de liaison (CLA) pour Gaza. Les demandes de sortie étaient généralement approuvées en quelques semaines : les documents d’identité israéliens étaient déposés au poste-frontière et les voyageurs recevaient des permis temporaires pour entrer à Gaza. À leur retour en Israël, leurs documents israéliens leur étaient restitués sans qu’il soit nécessaire de faire une demande au préalable.
Ce système s’est effondré après le déclenchement de la guerre. Gaza étant devenue une zone de combat active, quitter l’enclave, même pour les citoyens israéliens, a commencé à nécessiter une coordination préalable minutieuse afin de garantir un passage en toute sécurité dans les zones sous contrôle militaire israélien.
Une impasse bureaucratique
Selon Gisha, les sept personnes ont déposé leur demande de coordination il y a plus de deux mois, mais celle-ci est restée sans suite, aucune des autorités concernées n’ayant pris la responsabilité de la faire avancer.
Dans une réponse adressée au journal Haaretz, le COGAT a expliqué que les demandeurs devaient d’abord accomplir les formalités auprès de l’Autorité de la population, de l’immigration et des frontières (PIBA) du ministère de l’Intérieur, ajoutant qu’une fois la réponse officielle de cet organisme reçue, il prendrait les mesures nécessaires pour coordonner leur entrée.
La PIBA a toutefois déclaré au journal que les citoyens israéliens inscrits au registre de la population sont généralement autorisés à entrer en Israël, sous réserve d’une identification et d’une coordination avec les autorités militaires, un processus relevant de la compétence du COGAT.
Bien qu’elles reconnaissent leurs rôles respectifs, aucune des deux autorités n’a expliqué pourquoi elles ne pouvaient pas vérifier directement l’identité des demandeurs et coordonner leurs actions avec Tsahal, ce qui permettrait d’accélérer le processus de retour.
Bloqué malgré un besoin urgent
Selon l’article, les sept personnes souhaitaient rentrer immédiatement après l’annonce du cessez-le-feu en octobre, pour des raisons économiques et médicales urgentes.
L’une d’entre elles a besoin d’un traitement médical indisponible à Gaza, tandis que les autres affirment avoir besoin de travailler pour subvenir aux besoins des membres de leur famille restés dans la bande de Gaza. Certaines espèrent que les revenus qu’elles gagneront leur permettront à terme d’émigrer à l’étranger.
Osnat Cohen-Lifshitz, avocate et responsable du département juridique de Gisha, a qualifié le comportement de l’État de violation des droits fondamentaux.
« Chaque citoyen a le droit de retourner dans son pays », a-t-elle déclaré au journal Haaretz.
Une tendance plus générale
Selon l’article, au moins 450 Israéliens étaient classés comme faisant partie de « familles séparées » avant octobre 2023, mais on ignore combien d’entre eux se trouvaient à Gaza lorsque la guerre a éclaté. Entre novembre 2023 et août 2025, 152 citoyens israéliens ont été évacués de Gaza lors de huit opérations coordonnées menées par Gisha et l’ONG HaMoked, en collaboration avec les autorités israéliennes.
Au départ, les sorties s’effectuaient via les points de passage de Rafah et de Taba, le long de la frontière égyptienne. Après la fermeture de ces routes en mai 2024, à la suite de la prise de contrôle par Tsahal du côté gazaoui de Rafah, plusieurs évacuations ont été coordonnées directement vers Israël, via le point de passage de Kerem Shalom, qui est depuis devenu une route centrale pour les évacuations humanitaires et les déplacements civils limités.
Les organisations ont déclaré que chaque opération nécessitait de surmonter d’importants obstacles bureaucratiques.
Contrairement à plusieurs pays qui ont autorisé les proches palestiniens de leurs ressortissants à entrer sur leur territoire pendant la guerre, comme le Canada et l’Australie, Israël a continué d’interdire aux Palestiniens résidant à Gaza d’accompagner leurs mères ou leurs épouses israéliennes de retour chez elles. Cette politique aurait incité de nombreuses femmes à différer leur départ de l’enclave.
la Communauté du Times of Israël !







