Israël a éliminé le ministre iranien du Renseignement, Esmaïl Khatib, lors d’une frappe à Téhéran
Israel Katz indique que Tsahal a carte blanche pour "éliminer" tout haut responsable iranien ; le WSJ rapporte que des responsables sécuritaires iraniens sont traqués par des drones
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Mercredi, le ministre de la Défense, Israel Katz, a déclaré que l’armée israélienne avait éliminé le ministre iranien du Renseignement, Esmaïl Khatib, lors d’une frappe aérienne menée dans la nuit sur Téhéran.
Il a ajouté que des « surprises de taille » étaient attendues dans le courant de la journée.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a confirmé qu’Israël avait éliminé Khatib.
« L’assassinat lâche de mes chers collègues Esmaïl Khatib, Ali Larijani et Aziz Nasirzadeh, ainsi que de certains membres de leur famille et de leur équipe, nous plonge dans un profond deuil », a écrit Pezeshkian sur le réseau social X, faisant également référence au chef du Conseil de sécurité nationale iranien et à son ministre de la Défense, tous deux éliminés par des frappes israéliennes dans le cadre de la guerre américano-israélienne contre la République islamique d’Iran qui a éclaté le 28 février.
Khatib est le troisième haut responsable iranien à être éliminé en moins de 24 heures.
« J’adresse mes condoléances au grand peuple iranien pour le martyre de deux membres du gouvernement, du secrétaire de la Choura, ainsi que de commandants de l’armée et des Basij », a poursuivi Pezeshkian, faisant référence à la force paramilitaire volontaire répressive.
« Je suis certain que leur chemin se poursuivra avec plus de détermination qu’auparavant. »
« Des surprises importantes sont attendues aujourd’hui sur tous les fronts, qui vont intensifier la guerre que nous menons contre l’Iran et le Hezbollah », a indiqué Katz lors d’une évaluation de la situation sécuritaire, selon des propos relayés par son bureau.
« L’intensité des frappes en Iran s’accroît. Le ministre iranien du Renseignement, Khatib, a également été éliminé cette nuit », a-t-il déclaré.
Quelques heures plus tard, Israël a attaqué la plus grande installation de traitement du gaz en Iran, dans la province de Bushehr.
Katz a indiqué que lui-même et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avaient « autorisé Tsahal à [éliminer] toute personnalité iranienne de haut rang… sans qu’une approbation supplémentaire soit nécessaire ».
Khatib, qui occupait le poste de ministre du Renseignement depuis 2021, a été pris pour cible par des avions de chasse de l’armée de l’air israélienne dans la capitale, Téhéran.
L’armée a indiqué que le ministère du Renseignement est « la principale organisation de renseignement du régime terroriste iranien, qui a également joué un rôle clé dans le soutien à la répression et aux activités terroristes du régime ».
Ce ministère « dispose de capacités de renseignement avancées, supervisant la surveillance, l’espionnage et la conduite d’opérations secrètes à travers le monde, en particulier contre l’État d’Israël et les citoyens iraniens », a ajouté Tsahal.
En tant que ministre du Renseignement, Khatib a joué un rôle significatif lors des récentes manifestations à travers l’Iran, tant en ce qui concerne les arrestations et les meurtres de manifestants que dans l’élaboration de l’évaluation du renseignement par le régime, a déclaré Tsahal. Il a également joué un rôle lors des manifestations de 2022-2023, suite au décès en garde à vue de Mahsa Amini, une jeune femme kurde-iranienne de 22 ans.
L’armée a également indiqué que Khatib a dirigé les « activités terroristes du ministère contre des cibles israéliennes et américaines à travers le monde, ainsi que des opérations visant des cibles en Israël » pendant le conflit actuel.
Mardi, Israël a annoncé avoir éliminé Ali Larijani, un haut responsable de la sécurité que certains considéraient comme le véritable dirigeant de l’Iran en cette période de guerre, ainsi que Gholamreza Soleimani, commandant de la milice volontaire du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, la force paramilitaire Basij.
Depuis le début de la guerre, Israël mène des frappes aériennes ciblées et utilise des drones de surveillance pour traquer et éliminer les officiers des forces de sécurité intérieure du régime iranien, les pourchassant depuis leurs quartiers généraux jusqu’à leurs sites de repli, voire jusqu’à leurs tentes et jusqu’à leurs bus garés au bord de la route, a rapporté mercredi matin le Wall Street Journal.
Soleimani a été éliminé dans une tente située dans une zone boisée de Téhéran, où il s’était réfugié avec ses adjoints après le bombardement par Tsahal du quartier général des Basij et d’autres lieux de rassemblement officiels. Selon l’article, c’est un simple citoyen iranien qui aurait informé les services de renseignement israéliens de la localisation du commandant.
Selon le Wall Street Journal, après les frappes américano-israéliennes du 28 février qui ont éliminé le guide suprême Ali Khamenei et des dizaines d’autres hauts responsables iraniens, déclenchant ainsi la guerre, l’armée israélienne a suivi des renseignements indiquant que les forces de sécurité prévoyaient d’utiliser des stades comme points de rassemblement. Après avoir observé ces sites se remplir, Israël a frappé les stades, tuant des centaines de membres des services de sécurité et de l’armée iranienne.
Le fait que les stades, en particulier le stade Azadi à Téhéran, aient été frappés a été largement rapporté au moment des faits, mais leur utilisation comme points de rassemblement pour les agents de sécurité n’était pas connue. Les responsables du régime ont condamné ces frappes comme des attaques contre des cibles civiles, sans reconnaître l’utilisation de ces sites.
Des responsables des services de renseignement israéliens ont également contacté des commandants de police individuellement pour les avertir de ne pas intervenir en cas de soulèvement civil.
Le Wall Street Journal a indiqué avoir examiné le contenu d’un appel au cours duquel un membre de l’agence de renseignement du Mossad a averti un haut responsable de la police en persan : « Nous savons tout de vous. » Le policier aurait répondu : « Je suis déjà un homme mort. Venez simplement nous aider, s’il vous plaît. »
Selon l’article, des Iraniens ont fait état d’un sentiment de désordre qui s’installe, la police étant dans l’incapacité d’exercer certaines de ses fonctions habituelles. Elle conseillerait ainsi aux commerçants de fermer leurs portes la nuit et aurait suspendu les enquêtes en cours.
Certains agents de sécurité, craignant pour leur sûreté, ont commencé à dormir dans des mosquées, des véhicules ou des tentes.
D’autres ont supplié les habitants de les laisser dormir à l’intérieur de leurs immeubles, ou se sont installés dans les cages d’escalier, ce qui a poussé les résidents à évacuer par crainte d’une frappe israélienne, indique l’article.
Selon le Wall Street Journal, Israël cherche non seulement à perturber le commandement et le contrôle des agences et à affaiblir leurs capacités d’intervention, mais aussi à montrer aux civils iraniens que les agents du régime sont pris pour cible.
Des drones survolent Téhéran et détruisent des postes de contrôle
Au cours de la semaine dernière, l’armée de l’air israélienne a frappé des membres de la force paramilitaire iranienne Basij ainsi que ses checkpoints à Téhéran et ailleurs.
Le quotidien a rapporté que Tsahal avait envoyé des « flottes de drones de surveillance » pour mener ces frappes.
לאחר חיסולו של מפקד יחידת הבסיג': חיל-האוויר תוקף בשעות האחרונות חיילים ועמדות של יחידת הבסיג' שנפרסו ברחבי טהרן pic.twitter.com/8fX2P0RyJ5
— Israeli Air Force (@IAFsite) March 17, 2026
Rien que jeudi, l’armée a déclaré avoir frappé des soldats du Basij dans plus de dix postes de contrôle et positions à Téhéran.
Tsahal a indiqué qu’une des cibles était une « position d’urgence » du Basij et du CGRI, le bras armé du régime iranien.
Une source à Téhéran a déclaré au Wall Street Journal que la police avait déplacé un autre checkpoint dans le quartier de Vanak, sous un pont autoroutier, pour éviter d’être pris pour cible.
L’article indiquait qu’une grande partie des renseignements sur les cibles routières provenait d’informations fournies par de simples Iraniens.
L’armée israélienne a déclaré que ces frappes « portaient des coups profonds et continus aux capacités de l’unité Basij ».
La semaine dernière, Tsahal a également indiqué avoir frappé des membres du Basij à des postes de contrôle à Téhéran.
Si les États-Unis et Israël ont déclaré que seuls les Iraniens pouvaient renverser la République islamique, les deux pays ont évoqué la création de conditions propices à un soulèvement populaire.
Mardi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exhorté les Iraniens à défier le régime à l’occasion de la fête de Nowruz, affirmant qu’Israël « observait depuis les cieux ».
Cette déclaration est intervenue alors qu’une autre information a fait état de la mise en garde de responsables israéliens la semaine dernière, selon laquelle les Iraniens seraient « massacrés » s’ils descendaient dans la rue.
Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une campagne de bombardements contre la République islamique, après un renforcement massif des effectifs militaires américains dans la région et des menaces répétées du président américain Donald Trump de frapper l’Iran, d’abord en raison de sa répression meurtrière contre les manifestants anti-régime en janvier, puis à cause de son programme nucléaire. L’Iran a riposté aux bombardements par des frappes de missiles et de drones dans toute la région.
On ignore combien de personnes ont été tuées lors de la répression brutale menée par le régime iranien ; les estimations des groupes de défense des droits de l’Homme et de l’opposition faisant état de 7 000 à 36 000 morts, pour la plupart des manifestants.
la Communauté du Times of Israël !







