Katz : Ali Larijani, le « dirigeant de facto » de l’Iran et le chef des Basij, éliminés
Le régime a publié une note manuscrite de Larijani sur un sujet non lié, dans une tentative manifeste et infructueuse de preuve de vie ; aucun commentaire n'a été fait sur l'élimination de Gholamreza Soleimani
Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Ali Larijani, haut responsable iranien, a été éliminé lors d’une frappe aérienne israélienne dans la nuit, ont annoncé mardi l’armée israélienne et le ministre de la Défense, Israel Katz.
Tsahal a indiqué que le commandant de la milice iranienne Basij avait également été tué lors d’une autre frappe menée dans la nuit.
Téhéran n’a ni confirmé ni infirmé ces deux éliminations – mais le régime a publié peu après l’annonce de Katz une déclaration manuscrite non datée et sans rapport avec ces événements qui avait été rédigée par Larijani.
Larijani, secrétaire du Conseil de sécurité nationale iranien, a été pris pour cible par l’armée de l’air israélienne dans la capitale, Téhéran.
L’armée a déclaré que Larijani « avait agi en tant que dirigeant de facto du régime terroriste iranien » après l’élimination de feu Ali Khamenei, le guide suprême, au premier jour de la guerre américano-israélienne contre le régime iranien, le 28 février.
« Pendant des années, Larijani a été considéré comme l’une des figures les plus influentes et les plus expérimentées de la direction du régime iranien », a déclaré Tsahal, soulignant ses liens étroits avec Khamenei.
Après l’élimination du guide suprême, Larijani « s’est imposé comme le dirigeant de facto du régime terroriste iranien et il a mené la lutte contre l’État d’Israël et contre les pays de la région », a ajouté l’armée, précisant que « dans le cadre de ses fonctions, Larijani dirigeait la coordination politico-sécuritaire du régime terroriste iranien et il participait à la direction de ses activités internationales ».
Tsahal a également indiqué que, lors de la vague de manifestations anti-régime qui avait agité l’Iran au début de l’année, « Larijani avait dirigé les opérations de maintien de l’ordre et de répression violente, supervisant même personnellement le massacre perpétré contre les manifestants iraniens ».
De plus, l’armée a annoncé avoir éliminé le chef du Basij, Gholamreza Soleimani, ainsi que son adjoint et plusieurs autres hauts responsables de cette force paramilitaire du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI).
Tsahal a précisé que Soleimani et les autres responsables du Basij avaient été pris pour cible alors qu’ils se trouvaient dans un campement récemment établi par la force paramilitaire près de la capitale, après que de nombreux quartiers généraux du Basij ont été frappés par Israël au cours des deux dernières semaines.
« Lors des manifestations internes en Iran, en particulier ces derniers temps, alors que les manifestations s’intensifiaient, les forces Basij, sous le commandement de Soleimani, ont mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, à des arrestations massives et à l’usage de la force contre des manifestants civils », a déclaré l’armée dans un communiqué.
Dans une vidéo publiée par le bureau de Katz, le ministre de la Défense s’est réjoui de ce que Larijani et Soleimani aient « rejoint le chef du programme d’extermination, Khamenei, et tous ses membres qui ont été éliminés, dans les profondeurs de l’enfer ».
L’Iran n’a pas commenté ces deux éliminations, mais a publié une photo d’une déclaration manuscrite de Larijani concernant les funérailles des marins iraniens tués lors de la frappe américaine contre le navire Iris Dena, le 4 mars.
Les médias d’État iraniens avaient laissé entendre que cette déclaration contredirait les affirmations d’Israël, mais celle-ci ne les a ni abordées ni réfutées.
به مناسبت مراسم تشییع سلحشوران نیروی دریایی ارتش جمهوری اسلامی ایران: یاد آنان همواره در قلب ملت ایران خواهد بود و این شهادتها بنیان ارتش جمهوری اسلامی را برای سالها در ساختار نیروهای مسلح استوار مینماید. ازخداوند متعال علو درجات برای این شهدای عزیز خواستارم. pic.twitter.com/dvTdhyDYbY
— Ali Larijani | علی لاریجانی (@alilarijani_ir) March 17, 2026
« Le martyre des courageux membres de la Marine de l’armée de la république islamique à Dena s’inscrit dans les sacrifices de la fière nation qui s’est forgée durant cette période de lutte contre les oppresseurs internationaux », avait écrit Larijani dans ce qui pourrait bien être sa dernière missive.
« Leur mémoire restera à jamais gravée dans le cœur de la nation iranienne et ces martyrs renforceront les fondements de l’armée de la république islamique pour les années à venir au sein de la structure des forces armées ».
Cette déclaration a également été publiée sur le compte X de Larijani, bien qu’elle ne contredise pas l’affirmation faite par Israël dans la mesure où le compte X de Khamenei était resté actif après son décès, le 28 février, jusqu’à ce que Téhéran admette qu’il avait été éliminé.
Larijani était issu de l’une des familles politiques les plus célèbres d’Iran. Ancien président du Parlement et conseiller politique de haut rang, il avait été nommé pour conseiller le guide suprême Khamenei sur la stratégie à adopter lors des négociations sur le nucléaire entamées avec l’administration Trump.
Il avait été sanctionné par le Trésor américain au mois de janvier alors que Téhéran avait violemment réprimé les manifestations nationales. Il avait été identifié comme étant « responsable de la coordination de la réponse aux manifestations au nom du guide suprême d’Iran ».
« Larijani a été l’un des premiers dirigeants iraniens à appeler à la violence en réponse aux revendications légitimes du peuple iranien », avait déclaré le Trésor américain à l’époque.
Les manifestations nationales de janvier et la répression violente qui avait suivi avaient fait des milliers de morts et entraîné l’arrestation de dizaines de milliers de personnes.
Son élimination serait un nouveau coup dur pour les dirigeants de la république islamique, qui ont déjà perdu, entre autres, Khamenei, âgé de 86 ans, le chef du CGRI Mohammad Pakpour et le conseiller principal à la sécurité Ali Shamkhani.
L’armée a estimé la semaine dernière qu’entre 4 000 et 5 000 soldats et commandants iraniens avaient été éliminés lors de frappes israéliennes en Iran depuis le début de la guerre.
Mardi, l’armée a par ailleurs déclaré qu’une récente frappe aérienne en Iran avait visé Akram al-Ajouri, un haut responsable du Jihad islamique palestinien, ainsi que d’autres hauts responsables de ce groupe terroriste.
Ajouri aurait été éliminé lors de la frappe de mercredi, mais l’armée israélienne a indiqué qu’elle s’efforçait toujours de confirmer cette information.
Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a fait allusion à la fois à Ajouri et aux frappes ayant visé Larijani et Soleimani lors d’une évaluation mardi matin.
« Des résultats significatifs en matière d’élimination ont également été enregistrés cette nuit, susceptibles d’avoir un impact sur les résultats de la campagne et la mission de Tsahal », a déclaré Zamir.
« Cela s’ajoute aux éliminations menées ces derniers jours en Iran contre des éléments extérieurs, également liés à la scène palestinienne. »
Il a ajouté que les « hauts responsables impliqués dans des activités terroristes depuis Gaza et depuis la Judée-Samarie » se cachaient dans un repaire à Téhéran lorsqu’ils ont été frappés.







