Israel Katz assure maintenant n’avoir jamais voulu limogé Avi Bluth
Des députés, d’anciens généraux et des dirigeants d’implantations dénoncent le remplacement du général de division Avi Bluth ; Tsahal gèle les nominations à des postes de haut rang jusqu’aux élections
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Le ministre de la Défense, Israel Katz, a tenté lundi de revenir sur l’annonce qu’il avait faite en direct à la télévision concernant la destitution du chef du Commandement du Centre de l’armée israélienne, le général de division Avi Bluth.
Cette annonce avait suscité de vives critiques, y compris de la part d’alliés, qui accusaient Katz de porter atteinte à l’indépendance de Tsahal pour en tirer un avantage politique à court terme, à l’approche des primaires du Likud.
S’exprimant dimanche soir sur la Quatorzième chaîne, Katz avait annoncé que Bluth serait démis de ses fonctions et remplacé, dénonçant le haut responsable militaire de Cisjordanie pour avoir enfreint sa politique en cherchant à renouveler une mesure administrative restrictive à l’encontre d’un résident d’implantation violent, et déclarant que cela était inacceptable.
Katz a donc déclaré en direct, devant le public présent dans le studio, qu’il avait décidé de nommer le général de division Dado Bar Kalifa, chef du Directorat des Ressources humaines, au poste de commandant du Commandement du Centre, en remplacement de Bluth.
« Quoi qu’il en soit, c’était mon intention : il y a ce général, Dado Bar Kalifa, qui était commandant de la 36ᵉ division, issu de cette génération de héros qui mènent l’offensive, et j’ai annoncé que j’avais décidé de concrétiser cette intention et de le nommer à la tête du Commandement du Centre », a déclaré Katz.
« Soit dit en passant, c’est le chef d’état-major qui l’a recommandé. »
« Au nord, au sud et au centre, je veux une armée israélienne qui vise une victoire décisive, une armée qui porte des coups à ses ennemis et qui protège les résidents d’implantations… Personne ne contraindra le gouvernement à modifier la présentée par le Premier ministre au Conseil des ministres et approuvée à l’unanimité », a ajouté Katz.
L’armée a rapidement publié un communiqué cinglant indiquant que Bluth resterait à son poste, le ministre de la Défense n’ayant pas le pouvoir de révoquer unilatéralement des officiers supérieurs.
Par ailleurs, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, aurait décidé, lundi, de geler les nominations aux postes de haut rang au sein de l’armée, afin de la protéger de toute ingérence politique, au moins jusqu’après les élections législatives prévues le 27 octobre.
La déclaration sans précédent de Katz a suscité un torrent de critiques virulentes, avec des députés de l’opposition, d’anciens chefs de la défense et même des dirigeants de conseils d’implantation réclamant son éviction.
Face à ces critiques généralisées, Katz a tenté de se sortir de ce fiasco en affirmant qu’il n’avait pas demandé le limogeage de Bluth, et que toute affirmation contraire était « un mensonge éhonté » et « s’inscrivait dans le cadre d’une campagne politique dirigée contre le gouvernement ».
Katz a fait valoir que Zamir avait déjà recommandé Bar Kalifa pour le poste de chef du Commandement du Centre, et que ses propos tenus dimanche sur la Quatorzième chaîne n’étaient que l’annonce de son intention de « faire avancer sa nomination conformément aux procédures ».
Katz a cité un reportage de la chaîne N12 daté du 24 avril, selon lequel Zamir avait recommandé Bar Kalifa comme prochain chef du Commandement du Centre, et a ajouté : « Le 28 juillet, la Quatorzième chaîne a rapporté que j’avais accepté la recommandation du chef d’état-major et qu’après avoir mené un entretien avec le général de division Bar Kalifa et conclu qu’il était le candidat le plus apte, j’avais décidé d’accélérer sa nomination conformément aux procédures. »
« En d’autres termes, plusieurs mois avant l’entretien [que j’ai mené avec Bar Kalifa], la recommandation du chef d’état-major avait déjà été formulée, approuvée par mes soins, et le processus de nomination était déjà bien avancé. Par conséquent, la tentative de présenter cette décision comme ayant été prise à la suite de l’entretien ne résiste pas à l’examen des faits », a affirmé Katz.
En réalité, Tsahal n’avait pas annoncé que Bar Kalifa remplacerait Bluth, pas plus que Katz jusqu’à dimanche soir. L’armée a également déclaré dimanche soir, après que Katz avait lancé sa bombe télévisée, que la tentative de nomination de Bar Kalifa n’avait pas été « conforme aux procédures ».
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