Israël ordonne l’évacuation de l’ensemble de Gaza-City avant l’invasion terrestre
Des habitants disent qu'ils resteront, puisqu'aucun endroit n'est sûr ; Katz déclare que Gaza sera rasée si le Hamas ne se rend pas ; selon les Gazaouis, Tsahal a détruit 5 immeubles depuis le week-end
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L’armée israélienne a émis mardi le premier ordre d’évacuation généralisée pour Gaza-City. Selon cet ordre, qui n’épargne aucun quartier de la ville, tous les civils palestiniens doivent partir immédiatement, avant le lancement d’une offensive terrestre majeure contre le Hamas.
Les avertissements publiés ces derniers jours par Tsahal ne concernaient que certains bâtiments spécifiques, ainsi que leurs environs.
« L’armée israélienne est déterminée à vaincre le Hamas. Elle mènera des opérations offensives dans Gaza-City, ainsi qu’elle l’a fait dans l’ensemble de l’enclave », a annoncé le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l’armée israélienne, sur le réseau social X.
Les civils palestiniens ont pour leur part reçu pour instruction de rejoindre la zone humanitaire définie par Israël dans le sud de la bande de Gaza, via la route côtière.
« Rester dans cette zone est extrêmement dangereux », a prévenu Adraee.
Sur l’ordre d’évacuation figurait également un numéro de téléphone, permettant aux Palestiniens de « signaler les barrages routiers mis en place par le Hamas, ou les tentatives des membres du groupe terroriste d’empêcher l’évacuation ».
La semaine dernière, les responsables israéliens ont accusé le Hamas d’empêcher les civils d’évacuer Gaza-City, soulignant que le groupe terroriste les utilisait comme boucliers humains tout en intensifiant ses allégations de « déplacement forcé » afin d’influencer l’opinion internationale.
Mardi, des témoins ont indiqué que des avions militaires israéliens avaient largué des centaines de tracts sur Gaza-City, exhortant les habitants à fuir vers le sud.
Située au nord de l’enclave, Gaza-City a été déclarée « zone de combat » par Israël, dans le cadre d’un plan visant à en prendre militairement le contrôle afin de contraindre le Hamas à se soumettre. Certains quartiers de la ville sont déjà considérés comme des « zones rouges », dont les Palestiniens ont reçu l’ordre de partir avant les intenses combats attendus.
Les habitants, pour leur part, vivent dans une atmosphère de colère et d’angoisse, notamment ceux qui avaient fui la ville au début du conflit entre Israël et le Hamas, puis étaient revenus. Alors que les bulldozers israéliens rasent les quartiers déjà occupés par l’armée et que certains dirigeants de l’État juif font part de leur soutien à une réinstallation massive des Palestiniens hors de Gaza, beaucoup craignent que quitter la ville aujourd’hui signifie en réalité ne jamais pouvoir y revenir.
De plus, se déplacer peut coûter cher, et l’espace disponible est limité dans le sud surpeuplé de l’enclave.
Les ordres d’évacuation émis mardi ont de surcroît semé la panique et la confusion parmi les habitants du plus important centre urbain de la bande de Gaza.
Si certains ont expliqué ne pas avoir d’autre choix que de partir vers le sud, la plupart ont annoncé qu’ils resteraient, arguant que plus aucun autre endroit n’était désormais sûr.
« Malgré les bombardements de la semaine dernière, j’ai résisté à l’envie de partir. Mais maintenant, je pars rejoindre ma fille », a fait savoir Um Mohammad, une mère de six enfants âgée de 55 ans.
Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué qu’environ 100 000 personnes avaient jusqu’à présent évacué Gaza-City, soit un nombre très éloigné du million d’habitants que compte la ville selon les estimations.
Pour sa part, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a lancé une mise en garde mardi : si le Hamas, qui contrôle Gaza, ne rendait pas les armes pas et ne libérait pas les otages qu’il détient depuis 23 mois, alors l’enclave serait réduite en ruines. Il s’agit là de sa dernière menace en date, alors que l’armée s’apprête à prendre le contrôle de Gaza-City, et continue de démolir des immeubles de plusieurs étages.
Ces derniers jours, l’armée israélienne, après avoir demandé aux habitants de fuir, a lancé plusieurs frappes visant des immeubles de grande hauteur de la ville de Gaza, des lieux – selon elle – utilisés par le Hamas pour mener des opérations contre ses soldats.
« Un ouragan d’une force sans précédent a frappé Gaza hier », a écrit Katz sur le réseau social X. « Trente bâtiments de plusieurs étages utilisés par les terroristes ont été détruits et des dizaines d’autres cibles terroristes ont été bombardées et démolies. Notre objectif est de détruire les infrastructures d’observation et d’action des terroristes, afin d’aplanir la voie pour les forces terrestres. »
« Si les terroristes du Hamas ne déposent pas les armes et s’ils ne libèrent pas tous les otages, alors ils seront détruits et Gaza sera rasée », a martelé Katz.
Pour illustrer la publication, une vidéo montrant l’effondrement de la tour al-Ruya dans le prestigieux quartier de Rimal, à Gaza, lundi.
סופת ההוריקן היכתה אתמול בעזה בעוצמה חסרת תקדים. 30 בנייני טרור רבי קומות הותקפו ונהרסו ועוד עשרות רבות של מטרות טרור הופצצו והושמדו, לסיכול תשתיות התצפית והטרור ופילוס הדרך לכוחות המתמרנים.
אם מחבלי החמאס לא יניחו את הנשק וישחררו את כל החטופים – הם יושמדו ועזה תיחרב. pic.twitter.com/YnK30yCFxg— ישראל כ”ץ Israel Katz (@Israel_katz) September 9, 2025
Lundi, l’agence de défense civile de Gaza, dirigée par le Hamas, a annoncé la destruction de cinq immeubles de grande hauteur par l’armée israélienne au cours des dernières 72 heures, un chiffre bien inférieur à ceux transmis par Netanyahu et Katz, selon lesquels des dizaines de bâtiments de ce type auraient été touchés ces derniers jours.
Les cinq bâtiments, dont la majorité comptaient entre 10 et 15 étages, accueillaient quelque 4 100 personnes dans 209 appartements, ont indiqué les services de secours et d’urgence.
Les frappes israéliennes ont également détruit 350 tentes, situées à proximité des immeubles et accueillant quelque 3 500 personnes, selon ces mêmes services
Au lendemain de la mort de quatre soldats de Tsahal au cours d’une attaque lancée par le Hamas dans la banlieue de Gaza-City, l’agence de défense civile dirigée par les terroristes a rapporté que les frappes israéliennes s’étaient poursuivies tout au long de la nuit dans la ville.
« Nous n’entendons plus que les bombardements et les ambulances qui transportent les martyrs », a confié à l’AFP Laila Saqr, une habitante contactée par téléphone.
Israël a intensifié ses frappes sur Gaza-City en amont d’une opération visant à prendre le contrôle de la ville, malgré les appels répétés des pays occidentaux et des organisations humanitaires.
Les familles des otages retenus à Gaza ont fait part de leur profonde inquiétude pour leurs proches alors que l’offensive s’intensifie dans la ville de Gaza, citant notamment le meurtre, l’an dernier, de six otages dans un tunnel à Rafah lorsque leurs ravisseurs ont entendu les soldats de Tsahal approcher.
Selon des informations de la Treizième chaîne, l’armée a reconnu ne disposer que d’informations incomplètes sur la localisation des otages à Gaza. Elle estime par ailleurs que le Hamas pourrait tenter de transférer les captifs vers Gaza-City avant l’intensification de l’offensive de l’armée israélienne dans cette zone.
Le chef d’état-major de Tsahal, Eyal Zamir, aurait été largement opposé au projet de prise de contrôle de Gaza-City et aurait exhorté les ministres du cabinet de Netanyahu, partisan de la ligne dure, à s’efforcer plutôt de conclure un accord de cessez-le-feu en échange de la libération des otages.
Zamir aurait tenté de rassurer les familles des otages, affirmant, au cours d’une récente réunion avec elles, qu’il mènerait « lui-même l’opération, qui serait donc placée sous son entière responsabilité, envers les soldats et les otages », selon la chaîne d’informations N12.
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