Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, a fustigé le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Bezalel Smotrich, les accusant d’avoir retardé la mise en place d’un programme d’aide promis de longue date aux communautés du nord du pays, et de repousser sans cesse l’octroi d’une aide aux zones dévastées par des mois d’attaques du Hezbollah.
Ces critiques interviennent alors qu’un projet de loi soutenu par Smotrich, visant à accorder des avantages fiscaux accrus à des dizaines d’implantations de Cisjordanie, devrait être présenté cette semaine à la plénière de la Knesset pour son vote final.
« Alors que les habitants du nord font face à une menace existentielle, le Premier ministre et le ministre des Finances ont une fois de plus repoussé toute décision concernant cette région », a dénoncé Ben Gvir dans un communiqué, jugeant « inacceptable » que cette aide cruciale continue d’être bloquée par des « tergiversations politiques ».
« Vous êtes les seuls responsables du retard pris dans la mise en œuvre de ce plan », a-t-il affirmé, s’adressant directement à Netanyahu et Smotrich, et dénonçant ce retard comme « une lourde erreur ».
Le ministre du Néguev, de Galilée et de la Résilience nationale Yitzhak Wasserlauf, membre du parti Otzma Yehudit de Ben Gvir, a quant à lui indiqué avoir averti Netanyahu que les communautés situées dans les zones de conflit du nord étaient « au bord de l’effondrement » ; il a par ailleurs exhorté le gouvernement à approuver d’importants avantages fiscaux pour les habitants.
La semaine dernière, un débat nocturne de la commission des Finances sur ce projet de loi s’est achevé sans vote après que Smotrich a rejeté les propositions visant à étendre ces avantages à un plus grand nombre de communautés du nord. Alors que ce projet, qui ne concernait initialement que les communautés de Cisjordanie, avait été élargi aux communautés du nord situées à moins de deux kilomètres de la frontière libanaise, le président de la commission et député du Likud, Hanoch Milwidsky, a annoncé que le ministre des Finances avait opposé son veto à un plan qui visait à étendre ces avantages aux communautés situées jusqu’à neuf kilomètres de la frontière.
Les débats ont finalement été reportés à cette semaine, ce qui a déclenché la colère des responsables des localités du nord, qui réclament un plan d’aide plus conséquent pour leurs communautés encore sous le choc de la guerre.
Les députés de l’opposition ont quant à eux accusé Smotrich de détourner de l’argent au profit des implantations et de favoriser sa base électorale, alors que les communautés du nord font face à des bombardements quasi quotidiens.