Gafni appelle les Haredim à cesser toute coopération avec la police
Ces propos ont été tenus après l'arrestation de réfractaires ultra-orthodoxes au service militaire ; le chef de Degel HaTorah a exhorté les élus locaux à ne pas "se rendre complices d'une atteinte à la sainte Torah"
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Les dirigeants des factions haredim de la Knesset ont vivement critiqué la police qui a arrêté des réfractaires ultra-orthodoxes au service militaire, mercredi. Le chef de Degel HaTorah, Moshe Gafni, a ordonné aux représentants locaux du parti qui siègent dans les conseils régionaux du pays de cesser toute coopération avec les forces de l’ordre. De son côté, le dirigeant d’Agoudat Israel, Yitzhak Goldknopf, a appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à mettre un frein aux agissements de la police.
« Suite au changement de politique de la police israélienne, et afin que nous ne devenions pas, Dieu nous en préserve, complices d’une atteinte à la sainte Torah ou d’une atteinte à ceux qui l’étudient, je vous demande de cesser immédiatement toute coopération avec la police israélienne – y compris avec les unités de la police municipale – et ce, jusqu’à nouvel ordre », a écrit Gafni.
Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a dénoncé ce qu’il a considéré comme un appel à « l’anarchie », affirmant qu’il s’agissait d’une « nouvelle preuve illustrant la raison pour laquelle la coopération avec les partis ultra-orthodoxes est interdite ».
« Leurs tentatives qui visent à saper l’existence même de l’État d’Israël sont honteuses. Ils devraient rester dans l’opposition », a déclaré Lapid dans un communiqué.
« L’annonce de Gafni appelant à l’anarchie dans tout l’État d’Israël est une preuve supplémentaire de la raison pour laquelle la coopération avec les partis ultra-orthodoxes est interdite. Leurs tentatives visant à saper l’existence même de l’État d’Israël sont honteuses. Ils devraient siéger dans l’opposition. »
Selon la Faction de Jérusalem, un groupe haredi radical connu pour ses manifestations virulentes contre la conscription, trois étudiants en yeshiva ont été arrêtés pour avoir tenté d’échapper au service militaire, dans la nuit de mardi à mercredi – des arrestations qui ont eu lieu avant que la hotline du groupe n’ait été en mesure de les avertir de ce qui allait se passer et avant que l’organisation n’ait eu le temps de mobiliser des « militants communautaires » qui auraient été susceptibles d’intervenir.
Après ces arrestations, l’organisation ultra-orthodoxe a rapporté que des militants sont venus manifester devant le domicile du chef de la sécurité de la prison militaire de Neve Tzedek de l’armée israélienne, à Kiryat Ata, au nord du pays, aux abords de Beit Lid. Les individus ont notamment vandalisé les abords du bâtiment. La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour les disperser. Sur une vidéo qui a été partagée par le groupe, des étudiants en yeshiva semblent utiliser un chapeau pour ventiler le visage d’un jeune homme qui est allongé sur le trottoir.
Le Times of Israel n’a pas été en mesure de vérifier l’authenticité de cette vidéo. La police n’a fait aucun commentaire.
Dans un courriel, la Faction de Jérusalem a indiqué que les protestataires estimaient que « si les agents de la police militaire et les forces de l’ordre subissaient eux-mêmes ne serait-ce qu’une fraction de ce qu’ils font subir aux familles et aux érudits de la Torah, peut-être se repentiraient-ils », ajoutant que ces rassemblements continueront « tant que des étudiants en yeshiva seront arrêtés ».
Le mois dernier, 25 Haredim avaient été arrêtés après que des manifestants affiliés à la Faction de Jérusalem ont fait irruption au domicile du chef de la police militaire de Tsahal, afin de protester contre l’incarcération d’étudiants en séminaire religieux qui avaient échappé à la conscription militaire.
Les arrestations de mardi soir sont survenues une semaine après que la police israélienne, en réponse aux vives critiques de l’armée et de la Haute Cour de justice, a annoncé que le commissaire Danny Levy avait donné de nouveaux ordres aux agents, les sommant d’arrêter les réfractaires au service militaire.
Des responsables de Tsahal avaient affirmé lors d’une réunion avec la procureure générale Gali Baharav-Miara, au mois de janvier dernier, que la police empêchait systématiquement les militaires d’arrêter les jeunes hommes qui refusaient l’appel sous les drapeaux dans les quartiers ultra-orthodoxes.
Le mois dernier, la Haute Cour de justice a ordonné à l’État d’engager des « poursuites pénales effectives » contre les contrevenants haredim, qualifiant « d’inacceptable » l’incapacité de la police à arrêter ces personnes et évoquant des « violation massives, délibérées et persistantes de la loi ».
Au cours des deux dernières années, l’armée a envoyé des dizaines de milliers d’ordres d’enrôlement à des membres de la communauté ultra-orthodoxe dont les exemptions du service obligatoire dans Tsahal avaient été révoquées par un arrêt de la Haute Cour de justice datant de 2024. La majorité de ces jeunes haredim ont ignoré ces ordres – et ils ont dorénavant intégré, en conséquence, la catégorie des réfractaires au service militaire, faisant l’objet d’arrestations ou d’autres sanctions.
Si Tsahal n’a pris aucune mesure réelle pour arrêter les 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans qui sont considérés comme aptes au service, le placement en détention d’une fraction – même minime – d’entre eux a déclenché la colère et, parfois, des violences dans les différentes enclaves haredim du pays.
Selon le général de brigade Shay Tayeb, chef de la division Planification et gestion du personnel du Directorat des Ressources humaines de Tsahal, environ 32 000 personnes sont actuellement classées comme réfractaires au service militaire, tandis que 50 000 autres ont reçu un avertissement officiel avant d’être officiellement déclarées réfractaires par le gouvernement.
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