Israël suspend ses frappes à Gaza, mettant à l’arrêt la traque des terroristes du 7-Octobre
Bien que Benjamin Netanyahu ait rejeté la feuille de route du Conseil de Paix et qu'Eyal Zamir se soit engagé à agir de manière "proactive" contre le Hamas, la campagne de représailles façon Munich semble avoir été mise en suspens depuis le début du mois
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Mercredi, un terroriste palestinien qui avait envahi Israël lors du pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 a été appréhendé par des soldats israéliens à un point de passage avec la bande de Gaza.
Ce terroriste de l’unité « Nukhba » (« élite » en arabe) du Hamas avait demandé un permis pour livrer des marchandises destinées au secteur privé à l’intérieur de la bande de Gaza et s’était vu accorder ce permis par l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, selon des sources de sécurité israéliennes.
À son arrivée du côté gazaoui du poste-frontière de Kerem Shalom à bord d’un camion pour récupérer les marchandises, il a été appréhendé par les troupes israéliennes, ont indiqué ces sources.
Jusqu’à la semaine dernière, il aurait pu ne pas être arrêté.
Au contraire, il aurait probablement été pris pour cible par des tirs meurtriers, dans le cadre d’une opération spéciale menée par Tsahal et le Shin Bet pour traquer et éliminer tous les terroristes palestiniens impliqués dans l’invasion et le pogrom perpétrés par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7-Octobre.
Comme le rapportait le Times of Israel le mois dernier, et comme cela a été confirmé samedi soir, Tsahal et l’agence de sécurité intérieure ont consacré beaucoup de temps et de ressources à l’élimination des terroristes ayant pris part aux atrocités du 7-Octobre, au cours desquelles plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres prises en otage.
Les officiers de l’unité spéciale conjointe de Tsahal et du Shin Bet, baptisée « Nili », ont travaillé sans relâche au cours des trois dernières années pour identifier, localiser et éliminer les milliers de Gazaouis présumés impliqués dans ces atrocités.
L’unité Nili a établi une liste de tous les Gazaouis identifiés comme ayant envahi le territoire israélien le 7-Octobre, en s’appuyant sur une multitude de preuves vidéo et photographiques de l’attaque publiées en ligne par les terroristes pendant et après l’attaque, puis en analysant ces images à l’aide d’un logiciel de reconnaissance faciale. Selon des responsables israéliens, cette liste comprend également tous les dirigeants du Hamas impliqués dans l’organisation de l’assaut barbare et sadique.
Parmi les quelque 5 000 terroristes qui ont planifié ou participé au 7-Octobre et à ses suites, y compris ceux qui sont restés à Gaza mais qui ont aidé à retenir des otages, environ 2 800 ont été confirmés comme ayant été tués par l’armée. Ce chiffre comprend principalement des terroristes tués lors de l’assaut et d’autres ciblés dans la bande de Gaza au cours de la guerre.
300 autres terroristes présumés ont été appréhendés par Israël et attendent d’être jugés par des tribunaux militaires spéciaux qui n’ont pas encore été mis en place.
Les responsables israéliens ont également invoqué les conséquences des Jeux olympiques de Munich de 1972 comme précédent pour la campagne de représailles contre les terroristes du 7-Octobre, soulignant les efforts menés pendant des années – et largement infructueux – par l’agence de renseignement du Mossad pour traquer et éliminer toute personne liée au massacre de onze athlètes israéliens lors de ces Jeux.
Au cours des derniers mois, Tsahal et le Shin Bet semblaient avoir intensifié cette campagne de représailles à grande échelle, a rapporté le Times of Israel le mois dernier. Bien que les deux camps fussent techniquement en cessez-le-feu, Israël aurait justifié ces frappes en les présentant comme des mesures de défense contre des terroristes représentant une menace pour ses troupes, ce qui signifie que l’armée était autorisée à agir contre eux pendant le cessez-le-feu.
Les frappes se sont poursuivies après la publication de l’article, puis ont brusquement cessé au début du mois.
Mardi, des sources de sécurité israéliennes ont indiqué que Tsahal avait récemment renforcé sa politique en matière de frappes « d’élimination ciblée » – par opposition aux frappes visant des menaces immédiates – dans la bande de Gaza.
Ces frappes nécessitent désormais l’autorisation du chef d’état-major de l’armée, le lieutenant-général Eyal Zamir, alors qu’auparavant, l’autorisation du chef du Commandement du Sud, le général de division Yaniv Asor, ou de divers commandants de division opérant dans la bande de Gaza suffisait.
Depuis que cet ordre a été donné, il ne semble y avoir eu aucune élimination de terroristes impliqués dans le 7-Octobre.
La dernière frappe meurtrière israélienne à Gaza remonte au 3 août : deux personnes auraient trouvé la mort après qu’une frappe a touché une voiture dans le quartier de Cheikh Ijlin, à Gaza-City. Deux jours plus tôt, 19 personnes auraient été tuées lors de frappes à Gaza-City.
Cette accalmie des frappes à Gaza est intervenue après la publication, par le Conseil de Paix, dirigé par les États-Unis, d’une feuille de route pour le désarmement du Hamas, appelant Israël à suspendre ses frappes dans la bande de Gaza.
Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël rejetait ce plan, mais plusieurs heures après ses propos, les frappes israéliennes dans la bande de Gaza n’avaient toujours pas repris.
En visite dans la bande de Gaza mercredi, Zamir a déclaré que l’armée continuerait à « agir de manière proactive » contre le Hamas et à frapper « systématiquement » le groupe terroriste palestinien.
« Nous avons considérablement affaibli [le Hamas] et modifié la donne en matière de sécurité », a déclaré Zamir, selon des propos relayés par Tsahal.
« Nous ne laisserons pas une menace émerger à nos frontières comme celle que nous avons connue le 7-Octobre. »
Malgré ses propos, les armes israéliennes demeurent silencieuses à Gaza.
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