Jake Sullivan soutient désormais la suspension des livraisons d’armes à Israël
Pour l'ex-conseiller à la sécurité nationale, opposé à cette politique l'an dernier, la situation a changé et Israël bombarde aujourd'hui des décombres jusqu'à les réduire en poussière, sans objectif clair
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L’ancien conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan a annoncé qu’il soutenait désormais l’arrêt des ventes d’armes américaines à Israël, un revirement par rapport à la position qui était la sienne lorsqu’il était en poste sous l’autorité de l’ancien président des Etats-Unis, Joe Biden.
« Ce qui nous a inquiétés tout au long de l’année 2024, c’est qu’Israël menait une guerre sur plusieurs fronts. Il était attaqué par le Hezbollah, les Houthis, la Syrie, l’Irak, évidemment le Hamas et même l’Iran. Mais cette situation n’a plus cours aujourd’hui », a déclaré Sullivan lors d’une interview dans le podcast The Bulwark, dans un épisode diffusé mercredi.
« Dans ce contexte, l’idée de refuser à Israël de lui fournir différents dispositifs était plutôt difficile à accepter. »
Aujourd’hui, Sullivan a indiqué que « les arguments en faveur de la suspension des livraisons d’armes à Israël sont beaucoup plus solides qu’il y a un an ».
« Premier point, les Israéliens ne sont pas confrontés aux mêmes menaces régionales. Deuxième point, un accord de cessez-le-feu et de libération des otages était en place, avec la possibilité de mener des négociations. C’est Israël qui a décidé de se retirer, sans entamer sérieusement de pourparlers », a-t-il ajouté, faisant apparemment référence à la trêve de janvier à mars.
« Troisième point, Gaza est en proie à une famine généralisée », a-t-il poursuivi, reprenant la déclaration formulée par l’ONU la semaine dernière et rejetée par Israël. « Et enfin, quatrième point, il n’existe plus d’objectifs militaires sérieux. Il s’agit simplement de bombarder des décombres pour les réduire en poussière. »
Sullivan a confié au podcast The Bulwark avoir conseillé aux représentants Démocrates qui réfléchissaient, le mois dernier, à l’attitude à adopter face à ces résolutions, que le vote pour l’arrêt des ventes d’armes à Israël était « une position tout à fait crédible, et que je la soutiendrai ».
Cette prise de position sur la suspension des livraisons d’armes marque une rupture nette avec la ligne adoptée par la Maison Blanche sous Biden, qui a fourni à Israël des dizaines de milliards de dollars d’aide militaire entre le 7 octobre 2023 et la fin de son mandat, en janvier 2025.
En novembre 2024, alors que le mandat de Biden arrivait à son terme, l’administration avait fait pression sur les sénateurs démocrates pour qu’ils votent contre une loi qui aurait bloqué plus de 20 milliards de dollars de livraisons d’armes à Israël, incluant des missiles guidés, des obus de char, des mortiers, des véhicules tactiques et des avions de combat F-15.
Un responsable américain avait à l’époque expliqué au Times of Israel que les collaborateurs de Biden – parmi lesquels, vraisemblablement, figurait Sullivan – estimaient que les armes en question étaient essentielles à la défense d’Israël et ne seraient de toute façon pas livrées avant un an ou deux.
Suspendre les livraisons, avait alors ajouté ce responsable américain, « a pour unique effet d’encourager l’obstination des adversaires d’Israël ».
L’administration, et notamment Sullivan, a été accusée par les démocrates progressistes d’avoir permis que des armes fournies par les États-Unis soient utilisées contre des civils à Gaza.
En octobre 2024, l’administration Biden semblait disposée à prendre des mesures pour imposer un embargo partiel sur les armes à Israël, ayant averti qu’elle agirait en ce sens si Israël n’augmentait pas la quantité d’aide humanitaire autorisée à entrer à Gaza dans un délai de 30 jours. Mais à l’expiration de ce délai, toutefois, les États-Unis ont estimé qu’Israël avait suffisamment progressé pour rester en conformité avec les lois américaines, permettant ainsi la poursuite des livraisons d’armes.
L’administration Biden n’a finalement refusé qu’une seule livraison d’armes à Israël. En mai 2024, la Maison Blanche a annoncé qu’elle annulait la livraison d’environ 1 800 bombes de 2 000 livres et de 1 700 bombes de 500 livres, Biden menaçant de geler l’envoi d’autres armes offensives si Israël lançait une campagne militaire majeure dans la ville de Rafah, à l’extrême sud de Gaza, où plus d’un million de Palestiniens s’étaient alors réfugiés.
En juillet, les bombes de 500 livres ont finalement été livrées par l’administration Biden après l’entrée de l’armée israélienne à Rafah. La ville la plus au sud de la bande avait alors déjà été en grande partie vidée de sa population civile.
La livraison des 1 800 bombes lourdes a ensuite été autorisée par le président Donald Trump, lorsqu’il a pris ses fonctions.
la Communauté du Times of Israël !







