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Yom Yeroushalayim : Ben Gvir brandit un drapeau israélien au mont du Temple sous les cris de « Mort aux Arabes »

Des groupes de jeunes ultranationalistes ont insulté journalistes et Palestiniens dans la Vieille Ville ; 13 arrestations ; la police a dispersé des militants venus protéger les locaux

 Des Israéliens célèbrent la prise de Jérusalem-Est par Israël lors de la guerre de 1967, lors de la marche annuelle de la Journée de Jérusalem, à la porte de Damas commémorant dans la Vieille Ville de Jérusalem, le jeudi 14 mai 2026. (Crédit : Leo Correa/AP)
 Des Israéliens célèbrent la prise de Jérusalem-Est par Israël lors de la guerre de 1967, lors de la marche annuelle de la Journée de Jérusalem, à la porte de Damas commémorant dans la Vieille Ville de Jérusalem, le jeudi 14 mai 2026. (Crédit : Leo Correa/AP)

Des dizaines de milliers de jeunes Israéliens ultranationalistes ont défilé jeudi dans la Vieille Ville de Jérusalem en scandant « Mort aux Arabes » et « Que vos villages brûlent » lors de la Marche des drapeaux, tandis que des responsables politiques d’extrême droite ont hissé le drapeau israélien sur le mont du Temple et qu’ils ont appelé à la destruction de la mosquée Al-Aqsa ainsi et à la reconstruction du Temple à l’occasion de la Journée de Jérusalem (Yom Yeroushalayim).

Commémorant la réunification de la ville sous contrôle israélien après la guerre des Six Jours de 1967, la Journée de Jérusalem est devenue un événement largement associé au courant sioniste religieux. Le défilé, qui traverse le quartier musulman avant de s’achever au mur Occidental, a maintes fois dégénéré en violences ponctuées de slogans anti-arabes et de provocations racistes.

Cette année n’a pas fait exception.

Plusieurs responsables politiques d’extrême droite, dont le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, ont donné le ton de la journée en se rendant sur le mont du Temple avant le début de la Marche des drapeaux. Le ministre ultranationaliste, chef du parti Otzma Yehudit, était accompagné de son collègue de parti, le député Yitzhak Kroizer. Les deux hommes ont brandi un drapeau israélien devant le Dôme du Rocher, situé sur l’esplanade administrée par le Waqf de Jérusalem sous contrôle jordanien.

« Nous avons rétabli notre autorité sur le mont du Temple grâce à notre détermination et à la dissuasion. Cette année, le ramadan a été le plus calme grâce à la dissuasion. Le mont du Temple est entre nos mains », a déclaré Ben Gvir, avant de danser et de chanter avec le drapeau.

Kroizer a également été vu en train de se prosterner en direction du Dôme du Rocher aux côtés de ses enfants et de son père, Yehuda Kroizer, un éminent rabbin kahaniste. « Le moment est venu de se débarrasser de toutes les mosquées et de travailler à la construction du Temple ! », a écrit Kroizer plus tard sur Facebook.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, agite le drapeau israélien alors qu’il parcourt le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem lors des célébrations de la Journée de Jérusalem, le 14 mai 2026. À ses côtés se trouve Yitzhak Kroizer, député d’Otzma Yehudit. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le mont du Temple est le lieu le plus sacré du judaïsme, car il abrite les deux temples bibliques. Vénéré par les musulmans sous le nom de Noble Sanctuaire, il accueille la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, ainsi que l’emblématique Dôme du Rocher.

Bien que les Juifs soient officiellement interdits de prière sur le site, la police israélienne, sous l’autorité de Ben Gvir, se montre de plus en plus tolérante envers ceux qui y prient, suscitant des condamnations répétées de la part des pays arabes.

Le mont du Temple est régulièrement au cœur de tensions et de violences régionales.

Les manifestants scandent « Mort aux Arabes »

Au cours de la marche, le slogan anti-arabe « Que ton village brûle » a été scandé à maintes reprises – comme il a été d’ailleurs été régulièrement entonné tout au long de la journée. Des groupes de jeunes hommes ont distribué des autocollants appelant à la réinstallation d’implantations juives dans la bande de Gaza, tandis que de nombreux participants portaient des autocollants réclamant l’expulsion des Palestiniens du territoire.

Des jeunes Israéliens défilent, scandant des slogans lors d’une marche marquant la Journée de Jérusalem, qui célèbre la prise de Jérusalem-Est lors de la guerre des Six Jours de 1967, dans les rues de la Vieille Ville de Jérusalem, le jeudi 14 mai 2026. (Crédit : Leo Correa/AP)

Les manifestants ont collé des autocollants sur des devantures fermées. Certains saluaient la loi sur la peine de mort qui est défendue par Ben Gvir pour les Palestiniens reconnus coupables d’attentats terroristes meurtriers. D’autres rendaient hommage au rabbin extrémiste Meir Kahane, qui prônait l’expulsion des Arabes de la terre historique d’Israël.

Les quelques résidents palestiniens qui avaient osé ouvrir leurs commerces dans la matinée ont fermé leurs portes dans l’après-midi et ils ont déserté complètement le quartier. Les participants à la marche, qui ont envahi le quartier musulman, scandaient en boucle « Mort aux Arabes » et « vengeance » contre les Palestiniens, tout en agitant des drapeaux israéliens.

Par moments, la foule scandait également « Mahomet est mort », en référence au prophète et fondateur de l’islam.

Des commerçants juifs dont les magasins se trouvent sur le parcours de la marche avaient affiché des pancartes afin de protéger leurs biens contre d’éventuels actes de vandalisme de la part des ultranationalistes. Une pancarte en carton placée au-dessus d’un distributeur automatique indiquait ainsi : « Propriété d’un Juif. Ne pas endommager. Merci. »

De nombreux participants étaient venus sous les couleurs de groupes affiliés à des yeshivot, des écoles et des mouvements de jeunesse sionistes religieux. Alors que les manifestants se rassemblaient près de l’ambassade américaine avant de rejoindre la Vieille Ville, de petites échauffourées ont également éclaté entre élèves de yeshivot rivales.

Des jeunes Israéliens célèbrent la Journée de Jérusalem, qui célèbre la prise de Jérusalem-Est lors de la guerre des Six Jours de 1967, à la porte de Damas dans la Vieille Ville de Jérusalem, le jeudi 14 mai 2026. (Crédit : Leo Correa/AP)

Yehonatan Sopher, 21 ans, a expliqué qu’il participait à cette marche annuelle depuis son enfance, lorsqu’il y venait avec sa famille. Cette année, il a dit être venu avec des camarades d’un séminaire religieux du nord d’Israël où il étudie, après avoir passé la nuit à prier et à étudier la Torah avant de se rendre à Jérusalem.

« Jérusalem est l’un des éléments les plus importants de notre religion », a-t-il déclaré. « C’est la racine de tout. » Il a minimisé les slogans racistes, affirmant qu’ils étaient le fait d’une petite minorité de participants.

La police a indiqué avoir arrêté 13 suspects impliqués dans des altercations et des violences au cours de la journée, qualifiant ces incidents « d’isolés ».

Bagarres lors de la Journée de Jérusalem, près de la porte de Damas dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 14 mai 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Des journalistes agressés

Avant le début du défilé officiel, des groupes d’adolescents d’extrême droite ont parcouru la Vieille Ville, donnant des coups de pied et crachant sur des journalistes tout en tentant de leur voler leurs téléphones alors qu’ils couvraient l’événement.

Une horde d’adolescents a craché sur ce journaliste tout en essayant de lui arracher son téléphone alors qu’il filmait le parcours principal dans le quartier musulman, faisant tomber l’appareil au sol.

Plus tard, à l’extérieur de la Vieille Ville, des membres du même groupe ont de nouveau tenté de lui voler son téléphone, tout en lui donnant des coups de pied et en lui souhaitant la mort.

Des activistes de gauche venus dans le quartier pour escorter et protéger des commerçants palestiniens ont également été pris pour cible par des actes de harcèlement et de violence.

Des échauffourées ont éclaté lorsque des groupes de jeunes manifestants sont entrés dans la Vieille Ville avant le début de la marche et qu’ils ont croisé des Palestiniens dans le quartier chrétien. Les deux groupes se sont lancé des chaises. Des militants de Standing Together, un mouvement de gauche prônant la coexistence israélo-palestinienne, qui étaient venus pour escorter et pour protéger des commerçants palestiniens contre les violences des extrémistes de droite, sont intervenus pour tenter de mettre fin aux affrontements, comme le montre une vidéo diffusée par l’organisation.

Les bénévoles, reconnaissables à leurs gilets violets, ont ensuite été expulsés de la zone par la police.

La police expulse des activistes de Standing Together lors de la Journée de Jérusalem, près de la porte de Damas dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 14 mai 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

« [La police] a choisi de nous expulser [de la Vieille Ville], mais juste à côté de nous, un groupe de résidents d’implantations est passé en criant ‘mort aux Arabes’ et la police n’a rien fait », a déclaré dans une vidéo publiée en ligne Alon Lee Green, l’un des fondateurs du mouvement, alors que des policiers le poussaient vers la sortie de la Vieille Ville.

Accusant les forces de l’ordre de faire preuve de partialité en faveur des participants ultranationalistes, il a protesté en disant que c’était, « nous qui essayons de nous opposer à la violence, avec nos gilets violets, que la police décide d’expulser de manière violente ».

« Lorsque nous faisons barrage de nos corps, cela réduit souvent la violence, car les résidents d’implantations sont moins enclins à attaquer lorsqu’il y a des Juifs sur place ou lorsque nous documentons ce qui se passe », a expliqué Ori Shaham, porte-parole international du groupe.

Un autre mouvement opposé à la violence extrémiste juive, Tag Meir, a organisé sa « marche des fleurs » annuelle avant l’arrivée de la foule, distribuant des fleurs aux commerçants avant leur fermeture anticipée.

Un militant israélien de gauche tend une fleur à une Palestinienne dans la Vieille Ville de Jérusalem avant le défilé de la Journée de Jérusalem, le 14 mai 2026. (Crédit : Ilia Yefimovich/AFP)

Mustafa, un Palestinien vivant sur la Via Dolorosa dans la Vieille Ville, a raconté que de jeunes Israéliens ultranationalistes avaient fait irruption dans la cour de sa maison, brisant des vitres et scandant « Mort aux Arabes ».

« C’est un jour sombre… J’étais à l’intérieur de la maison quand une vingtaine de résidents d’implantations sont entrés ; ils ont défoncé les portes », a-t-il déclaré à l’AFP.

« Si vous les repoussez, vous allez en prison… vous ne pouvez rien faire », a-t-il ajouté.

Rassemblement au mur Occidental

Alors que la plupart des hommes et des jeunes se dirigeaient vers le mur Occidental en passant par la porte de Damas, de nombreuses femmes ont emprunté un autre itinéraire contournant le quartier musulman pour entrer dans la Vieille Ville par la porte de Jaffa. Parmi elles se trouvaient des adolescentes drapées dans des drapeaux israéliens ainsi que des parents portant leurs bébés dans les bras.

La marche s’est achevée par un rassemblement massif au mur Occidental.

Des Israéliens célèbrent la Journée de Jérusalem au mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem à la veille de la Journée de Jérusalem, le 14 mai 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« L’ambiance est extraordinaire », a déclaré Isabelle, 59 ans, qui a fait deux heures et demie de route pour admirer cette mer de drapeaux de couleur bleue et blanche.

Reuven, 37 ans, venu avec son jeune fils, a déclaré que « les chrétiens et les musulmans peuvent rester ici, mais cette ville, une ville unifiée, appartient aux Juifs. »

Afin de laisser passer les manifestants, la police a fermé plusieurs axes à la circulation, dont l’artère principale reliant Jérusalem-Ouest à Jérusalem-Est.

Des Israéliens célèbrent la Journée de Jérusalem au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, à la veille de la Journée de Jérusalem, le 14 mai 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans l’après-midi, la police a annoncé avoir arrêté un homme soupçonné de préparer un attentat terroriste pendant les célébrations de la Journée de Jérusalem.

Des agents de la police des frontières en civil ont localisé le suspect dans un car wash d’Abu Tor, un quartier mixte judéo-arabe de Jérusalem, où ils l’ont arrêté avant de le remettre au Shin Bet pour interrogatoire.

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