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Katz : Israël n’a « aucune ambition territoriale au Liban », mais ne se retirera pas plus loin tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé

Les combats avec l'Iran pourraient reprendre d'ici « deux jours », dit le ministre ; le président libanais annonce au chef du CENTCOM que l'armée se déploiera jusqu'à la frontière ; Tsahal frappe des cibles du Hezbollah au Sud-Liban

Des véhicules militaires israéliens et des soldats aperçus à un poste-frontière menant au Liban, le 28 juin 2026. (Crédit : Ayal Margolin/FLASH90)
Des véhicules militaires israéliens et des soldats aperçus à un poste-frontière menant au Liban, le 28 juin 2026. (Crédit : Ayal Margolin/FLASH90)

Le ministre de la Défense, Israel Katz, a rappelé qu’Israël n’a « aucune ambition territoriale au Liban », mais que l’armée israélienne ne se retirera pas « d’un millimètre » tant que le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah n’aura pas été désarmé.

Ces propos de Katz ont été tenus le jour même où le chef du Commandement central américain s’est entretenu avec le président libanais et le chef des forces armées libanaises au Liban, quelques jours après la signature par Jérusalem et Beyrouth d’un accord-cadre visant à mettre fin à leur conflit – une initiative critiquée à maintes reprises par le Hezbollah et ses alliés.

Cet accord engage le Liban à reprendre le contrôle de son territoire grâce au « désarmement vérifié des groupes armés non étatiques et au démantèlement des infrastructures qui leur sont associées », permettant ainsi un retrait progressif d’Israël, aux termes de ce texte publié par le Département d’État.

Le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que l’armée de son pays prévoyait de se déployer jusqu’à la frontière avec Israël, dans le cadre de ses efforts visant à chasser le Hezbollah.

Par ailleurs, Israël a de nouveau frappé des cibles du Hezbollah dans le sud du Liban dans la nuit, en réponse, selon Jérusalem, aux attaques menées par le groupe terroriste contre ses soldats dans la région.

S’adressant aux journalistes, Katz a annoncé que l’armée israélienne ne devrait pas se retirer d’autres zones du Sud-Liban, au-delà des deux secteurs convenus préalablement dans le cadre d’un programme pilote prévoyant la prise de relais par l’armée libanaise.

« Les gens devraient cesser de se demander quel sera le prochain endroit d’où Israël se retirera au Liban : rien ne se passera tant que le Hezbollah n’aura pas été désarmé. Nous n’avons aucune ambition territoriale au Liban. Mais tant que le Hezbollah n’aura pas été désarmé, nous ne reculerons pas d’un millimètre », a affirmé Katz.

Le ministre de la Défense, Israel Katz (à gauche), et le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, assistent à la cérémonie de remise des diplômes d’un stage d’officiers de l’armée israélienne dans le sud d’Israël, le 25 juin 2026. (Crédit : Flash90)

Selon lui, cette position a été acceptée par les États-Unis ; elle figure dans l’annexe militaire de l’accord-cadre qui a été signé la semaine dernière entre Israël et le Liban. Katz a également précisé que, lors de sa rencontre avec l’amiral Brad Cooper, le chef du Commandement central américain, ils sont convenus que « l’armée israélienne ne se retirera d’aucune des trois zones de sécurité – au Liban, en Syrie et à Gaza ».

Katz a ajouté ne pas croire que l’armée libanaise allait « soudainement se transformer en lions prêts à charger le Hezbollah », et que la présence de l’armée israélienne au Liban serait donc de « longue durée ».

Le ministre de la Défense a confirmé qu’Israël a récemment tenté de convaincre l’armée libanaise de pénétrer dans la zone de la crête d’Ali Taher, sous laquelle le Hezbollah a construit un vaste réseau de tunnels, afin d’en chasser les terroristes. Mais « l’armée libanaise s’y est refusée », a déclaré Katz.

L’armée israélienne reste stationnée dans la région, mais n’a pas pénétré dans les passages souterrains dans lesquels une trentaine de membres du Hezbollah seraient retranchés.

Concernant la destruction des villages libanais frontaliers, Katz a assuré qu’il était « indispensable de détruire les villages chiites situés le long de la ligne de contact » afin de protéger la frontière israélienne contre le Hezbollah. Selon le ministre de la Défense, dans les secteurs ouest et centre du Sud-Liban, « la destruction atteint près de 100 % dans les villages situés le long de la ligne de contact ». Dans le secteur est, ce sont « 73 % des villages » qui ont été détruits.

Il a ajouté que près de 600 000 « chiites des villages du sud du Liban » ont fui, et que 700 000 autres ont été déplacés depuis la Dahiyeh, le bastion du Hezbollah à Beyrouth.

Katz a par ailleurs rapporté que sans la pression américaine sur Israël, l’armée israélienne aurait provoqué l’effondrement du Hezbollah au Liban. Tsahal, a-t-il poursuivi, avait prévu une campagne aérienne « massive » qui, selon lui, « aurait permis de mettre fin au Hezbollah ». Le groupe terroriste, par ailleurs, « implorait les Iraniens de le sauver ».

Le ministre de la Défense a reproché au président américain Donald Trump d’avoir associé les négociations entre les États-Unis et l’Iran à la situation au Liban, empêchant ainsi Israël d’agir. Selon Katz, lorsque Trump a « établi un lien entre l’Iran et le Liban », Israël a dû cesser de « détruire des bâtiments à Beyrouth ». Jérusalem est toutefois autorisé à mener des « frappes ciblées » contre le Hezbollah dans la capitale libanaise.

« Ce lien entre les deux théâtres d’opérations, que je regrette, relève des intérêts américains. Ils tenaient absolument à ouvrir la voie à des négociations avec l’Iran », a-t-il souligné, ajoutant que « lorsqu’on s’engage dans un partenariat, cela présente des avantages, mais cela s’accompagne également de certaines contraintes »

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio et d’autres personnalités assistent, alors qu’ils sont assis de gauche à droite, à la signature d’un accord-cadre par l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis Yechiel Leiter, le conseiller Dan Holler et l’ambassadrice du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh, au Département d’État, le 26 juin 2026, à Washington. (Crédit: AP/Kevin Wolf)

« Sans cette association entre les théâtres d’opérations libanais et iranien, le Hezbollah se serait effondré », a-t-il assuré.

Katz a précisé qu’il n’était pas présent lors de l’un des appels téléphoniques entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avant la signature du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran. « Je n’étais pas présent lors du cinquième appel. C’est le président qui a exercé les pressions qui ont finalement conduit à cette association entre les deux théâtres d’opérations », a-t-il raconté.

« C’est pourquoi nous sommes passés au plan B », a expliqué le ministre de la Défense, faisant référence aux opérations de l’armée israélienne au nord du Litani ainsi qu’à l’extension de sa zone de sécurité dans le sud du Liban au cours du mois dernier. Des opérations qui, selon lui, ont été menées avec l’accord des États-Unis.

L’armée israélienne, a ajouté Katz, a encore « d’autres tunnels à détruire et à faire sauter », notamment un important réseau souterrain du Hezbollah situé sous la crête de Beaufort, qui, selon lui, doit être démoli à l’aide de « 500 tonnes d’explosifs ».

Concernant les tensions avec l’Iran, Katz a fait savoir que si l’Iran attaque Israël avec des missiles balistiques en réaction aux opérations menées au Liban, l’armée israélienne ripostera. Elle se prépare d’ailleurs à agir de manière indépendante.

« Cela pourrait se produire d’ici deux jours », a-t-il déclaré. « Nous avons des cibles à frapper en Iran. L’armée israélienne est prête et en état d’alerte. Nous n’interférerons toutefois pas avec la ligne de conduite du président américain vis-à-vis des Iraniens. »

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Lundi, Tsahal a annoncé que l’armée de l’air israélienne avait frappé dans la nuit trois centres de commandement du Hezbollah dans les régions de Nabatieh et de Mayfadoun, au sud du Liban.

Ces frappes ont été menées en réponse aux « attaques répétées de l’organisation terroriste chiite libanaise du Hezbollah contre nos soldats opérant dans la zone de sécurité », a précisé l’armée israélienne.

Par ailleurs, Tsahal a indiqué que des soldats de l’unité multidomaine avaient détruit un lance-roquettes du Hezbollah dans le sud du Liban.

Quelques jours après la signature à Washington, par Israël et le Liban, d’un accord-cadre, à l’issue de plusieurs cycles de négociations directes, le chef du Commandement central américain, l’amiral Bradley Cooper, a rencontré lundi au Liban le chef des forces armées et le président du pays, qui se sont engagés à mettre en œuvre les termes de l’accord et à asseoir leur contrôle sur le Hezbollah.

Le président libanais Joseph Aoun, à droite, s’entretient avec l’amiral Brad Cooper, commandant en chef des forces armées américaines au Moyen-Orient, au centre, au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beyrouth, au Liban, le 29 juin 2026. (Crédit : Service de presse de la présidence libanaise via AP)

Lundi, Aoun a fait part à Cooper de sa volonté d’étendre le contrôle de l’État, par le biais de ses forces armées, jusqu’à la frontière avec Israël.

Il a réaffirmé au chef du CENTCOM « la détermination de l’État libanais à étendre son autorité, par le biais de ses forces armées, jusqu’à la frontière sud », a indiqué la présidence dans un communiqué, précisant que les deux hommes avaient « abordé la question des préparatifs liés au lancement de la mise en œuvre de l’accord-cadre » entre le Liban, Israël et les États-Unis.

Un communiqué du CENTCOM a indiqué que les dirigeants avaient « discuté de la voie à suivre » après la conclusion de l’accord, notant que Cooper avait rencontré la semaine dernière en Israël de « hauts responsables civils et militaires », dont les noms n’ont pas été cités, et rendu visite aux soldats américains déployés dans le pays.

Cooper a également rencontré lundi, près de Beyrouth, le chef d’état-major des Forces armées libanaises, le général Rodolphe Haykal. Tous deux ont évoqué « les derniers développements au Liban et dans la région, l’importance de garantir le succès du mécanisme de mise en œuvre de l’annexe sur la sécurité de l’accord-cadre, ainsi que les moyens visant à renforcer la coopération à l’avenir », ont indiqué les Forces armées libanaises.

« Haykal a exprimé sa reconnaissance pour le soutien accordé par les États-Unis, insistant sur la nécessité de poursuivre la coopération entre les deux armées de manière à préserver la sécurité et la stabilité du Liban », ont poursuivi les Forces armées libanaises.

Le chef de l’armée libanaise, Rodolphe Haykal (à gauche), serre la main de l’amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central américain (CENTCOM), lors d’une rencontre au ministère libanais de la Défense à Yarze, le 29 juin 2026. (Crédit : Service de presse de l’armée libanaise / AFP)

Lundi, le Hezbollah a continué de fustiger l’accord-cadre israélo-libanais, affirmant qu’il se réservait le droit de légitime défense, et accusant Israël d’une « violation flagrante du cessez-le-feu ».

Dans un communiqué, le groupe terroriste chiite libanais soutenu par l’Iran a déclaré qu’il « souligne à nouveau que les agissements de l’ennemi constituent une violation flagrante du cessez-le-feu auquel il s’était jusque-là conformé, qu’il surveille et recense ces violations, et qu’il se réserve le droit de défendre sa patrie et son peuple ».

Par ailleurs, le président du Parlement libanais et allié du Hezbollah, Nabih Berri, a fait savoir dans la matinée de lundi que l’accord-cadre trilatéral entre le Liban, Israël et les États-Unis était inapplicable, car il ne garantissait pas les droits du Liban.

« Cet accord ne sera pas adopté et ne sera pas mis en œuvre sous sa forme actuelle », a affirmé Berri dans un communiqué diffusé par son parti, le Mouvement Amal, estimant qu’il s’agissait d’ »un accord de ‘dictats’, et non d’un accord préservant les droits du Liban ».

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