Une annexe garantit la liberté d’action de Tsahal au Sud-Liban, en zone de sécurité
Un document secret précise que le retrait militaire ne sera pas automatique, mais dépendra des conditions sur le terrain
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L’accord-cadre entre Israël et le Liban, signé la semaine dernière, préserve explicitement la pleine et entière liberté d’action de l’armée israélienne contre les menaces dans la zone de sécurité du Sud-Liban, a déclaré dimanche au Times of Israel une source proche du dossier.
L’annexe classifiée de cet accord, conclue à Washington, réaffirme également qu’il n’y aura pas de retrait automatique des forces de Tsahal.
Jérusalem se méfie malgré tout d’éventuelles pressions de Téhéran pour faire dérailler cet accord, a confirmé ce responsable, corroborant des informations de la chaîne N12.
Cette annexe portant sur des questions de sécurité, mentionnée dans le texte officiel de l’accord, était restée secrète à la demande du gouvernement libanais.
L’article 4 de cette annexe stipule que Tsahal conserve sa liberté d’action face aux menaces émergentes ou immédiates dans la zone de sécurité. Il s’agit d’une priorité absolue pour Israël, qui craint que les négociations américano-iraniennes ne limitent sa capacité à protéger ses soldats contre le Hezbollah.
Cet article contient aussi l’engagement formel d’Israël et du Liban à ce que le retrait de Tsahal ne se fasse pas automatiquement ou selon un calendrier pré-établi. Tout redéploiement sera dicté par la réalité du terrain. L’accord principal précise lui aussi que le retrait sera fondé sur les résultats concrets.
L’annexe précise également que les deux zones de retrait pilotes annoncées samedi resteront les seules concernées dans un avenir proche, sans plan d’extension immédiat.
Selon les estimations israéliennes, la mise en œuvre de ce projet pilote — qui prévoit l’entrée de l’armée libanaise dans ces deux zones après une période de formation et de vérification — prendra plusieurs semaines, le temps que les forces libanaises se préparent à en assumer la responsabilité.
Les autorités israéliennes craignent toujours que l’Iran ne cherche à saper l’accord via des discussions parallèles avec Washington, en poussant les États-Unis à exiger un retrait total d’Israël du Sud-Liban dans le cadre d’un accord plus large entre Washington et Téhéran.
L’accord-cadre israélo-libanais vise à ouvrir la voie à un futur traité de paix entre les deux pays. Il prévoit une phase pilote lors de laquelle les soldats libanais vont progressivement prendre le contrôle de petits secteurs tenus par l’armée israélienne, plus un processus de désarmement du Hezbollah. Ce dernier a immédiatement rejeté l’accord, revendiquant son droit à l’autodéfense, Israël ajoutant qu’il continuerait de cibler le groupe terroriste soutenu par l’Iran.
Dimanche, le Hezbollah a affirmé que plusieurs affrontements survenus ce week-end, dont un ayant coûté la vie à un officier de Tsahal, constituaient un « manquement flagrant au cessez-le-feu auquel il s’était conformé jusqu’à présent ». Le groupe a ajouté qu’il « surveillait ces manquements et se réservait le droit de défendre sa patrie et son peuple ».
De son côté, le chef d’État-major de Tsahal, le général Eyal Zamir, a qualifié dimanche l’accord avec le Liban d’ « historique et très important », soulignant que « ce sont les succès militaires qui ont permis sa signature ».
« Nous respecterons l’accord et travaillerons à sa réussite. Le test va désormais porter sur les actes des deux parties : ces temps-ci vont être déterminants pour l’avenir », a-t-il déclaré lors d’une visite au Commandement Nord pour valider les projets opérationnels au Liban.
En parallèle, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a mis en garde contre le risque de « conflit interne » au Liban du fait de cet accord, rejeté par son mouvement, lequel estime que le texte ne sera jamais appliqué.
Ces déclarations font suite à un échange téléphonique entre le président libanais Joseph Aoun et le président américain Donald Trump, au cours duquel Aoun a assuré que l’État libanais « assumerait ses responsabilités » en ce qui concerne l’application de l’accord-cadre, sans toutefois mentionner le Hezbollah ou son désarmement.
Tout comme Fadlallah, le président du Parlement libanais et allié du Hezbollah, Nabih Berri, a affirmé que cet accord tripartite ne passerait pas car il ne garantit pas les droits du Liban. « C’est un accord de ‘dictats’ », a-t-il fustigé dans un communiqué de son parti, le mouvement Amal.
Le Liban a été entraîné dans le conflit régional le 2 mars dernier, lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël en soutien à son parrain iranien, alors que la République islamique subissait des frappes israélo-américaines. Israël y a répliqué par d’intenses bombardements et une offensive terrestre dans le Sud-Liban, là où ses soldats contrôlent de vastes territoires et détruisent des habitations utilisées, selon Tsahal, comme infrastructures par le Hezbollah le long de la frontière.
Tsahal détruit des installations de 200 mètres de long à 25 mètres sous terre
Dimanche, par ailleurs, Tsahal a démoli un important complexe souterrain du Hezbollah dans le village de Majdal Zoun, dans le Sud-Liban, ont annoncé le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israel Katz.
Ce tunnel de 200 mètres de long, descendant à plus de 25 mètres sous le village, servait au Hezbollah pour l’assemblage, le stockage et le lancement de drones de fabrication iranienne, selon Tsahal.
Des journalistes avaient pu visiter ce tunnel en début de mois lors d’une visite organisée.
Dans leur communiqué, Netanyahu et Katz ont indiqué qu’Israël avait informé les États-Unis et le représentant américain au Liban avant de procéder à cette démolition, et que les habitants du nord d’Israël avaient été prévenus qu’une forte déflagration se ferait entendre.
L’armée a ensuite diffusé la vidéo de l’explosion.
The IDF publishes footage showing the demolition of a major Hezbollah tunnel under the southern Lebanon village of Majdal Zoun this evening. pic.twitter.com/ZvQmkHXPY3
— Emanuel (Mannie) Fabian (@manniefabian) June 28, 2026
Tsahal avait un temps reporté la destruction du tunnel suite aux pressions américaines demandant de suspendre les activités militaires durant le cessez-le-feu.
la Communauté du Times of Israël !







