La famille Braslavski autorise la diffusion de la vidéo du Jihad islamique palestinien
"Je vois mon fils mourir sous mes yeux", dit le père de Rom Braslavski ; le Hamas accepte la demande d'aide du CICR de Benjamin Netanyahu, contre 250 camions d'aide par jour
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La famille de l’otage Rom Braslavski a déclaré dimanche qu’elle autorisait la diffusion d’une partie de la vidéo de propagande publiée la semaine dernière par le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien, dans laquelle on le voit squelettique et implorant sa libération.
Dans cet extrait, Rom, en larmes, affirme qu’il souffre d’une douleur anormale et qu’il est incapable de se tenir debout ou de marcher.
« Je n’ai plus rien à manger ni à boire. Avant, ils m’en donnaient un peu, mais aujourd’hui, il n’y a plus rien », dit-il, ajoutant qu’il avait mangé « trois miettes de falafel » ce jour-là et « à peine une assiette de riz » la veille.
« Je ne peux ni dormir ni vivre, vous devez arrêter ce que vous faites », poursuit-il.
« Je suis à l’article de la mort, et je suis sûr que tous les autres [otages] sont dans le même état psychologique. »
Après avoir diffusé la vidéo jeudi, le Jihad islamique palestinien a affirmé que cette séquence de six minutes avait été enregistrée quelques jours avant qu’il ne perde le contact avec les geôliers de Rom, et que le sort de l’otage était inconnu.
Le Jihad islamique palestinien a déjà fait des déclarations et des revendications qui se sont parfois révélées infondées. Israël accuse le groupe terroriste, tout comme le Hamas, de mener une guerre psychologique à travers ses vidéos et ses déclarations sur les otages. En avril, le Jihad islamique palestinien avait diffusé une autre vidéo de Rom, manifestement mise en scène par ses geôliers, dans laquelle il disait vivre « un enfer » et semblait malade.
Vendredi, le groupe terroriste palestinien du Hamas a diffusé une vidéo de propagande montrant Evyatar David, autorisée par la famille de l’otage à être diffusée le lendemain. On y voit Evyatar, très pâle et très amaigri, en train de creuser ce qu’il dit craindre être sa propre tombe.
Dans une déclaration relayée par le Forum des familles des otages, la mère de Rom, Tami, a déclaré que cette vidéo montre que « le cauchemar que je craignais d’imaginer est bien réel ».
« La peur dans laquelle nous vivons est devenue plus tangible que jamais, et il est important que le monde entier le voie, même si cela me coûte de montrer publiquement mon fils dans l’état lamentable où il se trouve. »
Elle a dit n’avoir « jamais vu mon fils dans un tel état ».
« Rom ne crie pas, il n’est pas en colère, il parle doucement, d’une voix faible, comme quelqu’un qui a accepté le fait qu’il n’y a plus rien à faire et qu’il n’en ressortira peut-être pas vivant. »
« Mon Rom, je regarde dans tes yeux et je vois la déception, ton cœur brisé. J’écoute ta voix et j’entends ta douleur. Je ne sais pas ce qui va se passer, mais je fais tout et je ferai tout pour te sortir de là, et je n’arrêterai pas tant que tu ne seras pas rentré à la maison », a-t-elle ajouté.
Après la diffusion de l’extrait vidéo, le père de Rom, Ofir, a déclaré à la chaîne N12 : « Que puis-je dire ? Il est en train de mourir. Je vois mon fils mourir sous mes yeux et je ne peux rien faire. »
Il a déclaré que la vidéo précédente de Rom « était également difficile à regarder. Mais il avait encore de l’espoir dans les yeux. Aujourd’hui, il semble avoir perdu tout espoir. Il ne veut plus vivre. »
Ofir a ajouté : « Ce n’est pas seulement la faim… ils le torturent… il ne lui reste plus beaucoup de temps… il va bientôt mourir. »
Ofir s’est entretenu avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu la veille. « Je lui ai dit qu’il était en train de mourir et… d’arrêter tout… et de donner [au Hamas] ce qu’ils veulent, pour libérer les otages », a-t-il indiqué, ajoutant que Netanyahu lui avait répondu qu’il faisait tout son possible.
« Je n’y crois pas… Le fait est qu’il n’y a aucun progrès. »
La vidéo de Rom, diffusée jeudi, était la deuxième publiée par le Jihad islamique palestinien, plus de vingt-deux mois après l’enlèvement du soldat en permission, résident de Jérusalem, lors du festival de musique Nova, où il travaillait comme agent de sécurité. Sa famille a relayé les témoignages de festivaliers selon lesquels Rom les aurait aidés à échapper au pogrom qui a été perpétré ce jour-là.
Rom est l’un des 49 otages enlevés lors des massacres du 7 octobre 2023 qui sont toujours retenus captifs à Gaza. Seuls vingt d’entre eux seraient encore en vie. Le Hamas détient également le corps d’un soldat tué en 2014.
Dans un message vidéo diffusé dimanche soir par son bureau, Netanyahu a déclaré que les vidéos montrant les deux otages gravement amaigris à Gaza prouvent que le Hamas ne manifestait aucun intérêt à conclure un accord de libération des otages, et que ces images ont renforcé sa détermination à « éliminer » le groupe terroriste.
Après avoir visionné les vidéos des otages Rom et Evyatar, Netanyahu a déclaré : « Je comprends exactement ce que veut le Hamas. Il ne veut pas d’accord. Il veut nous briser — avec ces vidéos horribles, avec la propagande mensongère qu’il diffuse à travers le monde. »
S’adressant à la population israélienne, le Premier ministre a déclaré avoir été « choqué » par ces « vidéos horribles », avant d’ajouter qu’il s’était entretenu avec les familles des otages. Il a également indiqué que, tandis que les otages « dépérissent dans un cachot… les monstres du Hamas qui les entourent ont des bras épais et charnus. Ils ont tout ce dont ils ont besoin à manger. Ils les affament comme les nazis ont affamé les Juifs ».
« Mais nous ne céderons pas », a-t-il poursuivi.
« Je suis plus déterminé que jamais à libérer nos fils captifs, à éliminer le Hamas et à faire en sorte que Gaza ne représente plus jamais une menace pour Israël. »
Plus tôt dans la journée, Netanyahu a exhorté le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à prendre des mesures immédiates pour fournir de la nourriture et des soins médicaux aux otages, lors d’une conversation avec Julien Lerisson, chef de la délégation de la Croix-Rouge dans la région.
Suite à cet appel, le CICR a déclaré que les otages détenus à Gaza « doivent recevoir d’urgence les soins médicaux et l’attention dont ils ont besoin » et a réitéré sa demande d’accès.
Dans un communiqué, l’organisation a déclaré être « consternée par les vidéos poignantes publiées ces derniers jours montrant des otages israéliens détenus à Gaza ».
« Ces vidéos sont la preuve flagrante des conditions de détention extrêmement dangereuses dans lesquelles se trouvent les otages », ajoute le communiqué.
« Nous savons que les familles qui regardent ces vidéos sont horrifiées et bouleversées par les conditions dans lesquelles leurs proches sont détenus. »
Les otages doivent « bénéficier d’un traitement humain et de conditions acceptables. Ils doivent recevoir d’urgence les soins médicaux et l’attention dont ils ont besoin », a ajouté le CICR.
« Tant que les otages resteront en captivité, nous sommes prêts à remplir notre rôle d’intermédiaire humanitaire neutre et à faciliter la libération de tous les otages à tout moment. »
« Nous réitérons également notre appel pour obtenir un accès aux otages afin de pouvoir évaluer leur état, leur apporter une aide médicale et faciliter les contacts avec leurs familles », a déclaré le CICR.
Au cours des vingt-deux mois de guerre, la Croix-Rouge n’a obtenu aucun accès aux otages et a été vivement critiquée par Israël et des groupes juifs pour ne pas y être parvenue. L’organisation, qui affirme devoir rester neutre pour pouvoir intervenir dans les zones de guerre, a servi d’intermédiaire lors de la libération d’otages israéliens et étrangers en novembre 2023, puis à nouveau en janvier et février 2024.
En réponse à cette déclaration, les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, ont affirmé être « prêtes à coopérer et à répondre favorablement à toute demande de la Croix-Rouge visant à acheminer de la nourriture et des médicaments » aux otages qu’elles détiennent, que le groupe terroriste qualifie de « prisonniers ennemis », à condition qu’Israël ouvre des couloirs humanitaires.
Le porte-parole du groupe terroriste, Hudhaifa Kahlout, connu sous son nom de guerre Abu Obeida, a déclaré que l’accès de la Croix-Rouge aux otages était conditionné « à l’ouverture de couloirs humanitaires normaux et permanents pour acheminer de la nourriture et des médicaments à toute notre population dans toutes les zones de la bande de Gaza, ainsi qu’à la cessation de toute forme d’activité aérienne ennemie pendant les livraisons de colis aux prisonniers ».
« Les Brigades Ezzedine al-Qassam n’affament pas délibérément les prisonniers, mais ils mangent ce que mangent nos moudjahidines [combattants] et la population en général, et ils ne bénéficieront d’aucun privilège particulier dans le contexte de ce crime de famine et de siège », a-t-il ajouté.
Israël dément les informations faisant état d’une famine généralisée dans la bande de Gaza et accuse les Nations unies et le Hamas d’entraver et de détourner l’aide humanitaire.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, 175 personnes, dont 93 enfants, seraient mortes de malnutrition depuis le début de la guerre. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état de 63 décès liés à la malnutrition à Gaza pour le seul mois de juillet, dont 25 enfants de moins de 5 ans, à l’exception d’un.
Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.
La semaine dernière, Israël a annoncé des pauses humanitaires quotidiennes d’une durée de dix heures dans les zones peuplées de l’enclave et a considérablement accru l’aide humanitaire acheminée vers Gaza. Il n’est pas encore clair si les conditions fixées par le Hamas sont acceptables pour Israël.
Emanuel Fabian a contribué à cet article.
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