La Haute Cour autorise les manifestations contre la guerre – sous réserve de restrictions strictes
L’Association pour les droits civils a demandé une audience d'urgence, arguant une atteinte au droit de protester ; pour Isaac Amit, la guerre ne remet pas en cause le droit de manifester
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Conformément à une décision du Commandement du Front intérieur de Tsahal et de la police israélienne, les manifestants anti-guerre ont été autorisés à se rassembler samedi soir dans tout le pays, sous réserve du respect de restrictions strictes concernant le nombre de participants.
La semaine dernière, les forces de l’ordre avaient arrêté plus de 20 personnes participant à des manifestations contre la guerre avec l’Iran alors qu’elles dispersaient la foule dans plusieurs grandes villes, notamment à Tel-Aviv, Jérusalem, Haïfa et Beer Sheva.
Ces rassemblements avaient été les premiers auxquels avaient pris part les groupes antigouvernementaux traditionnels pour protester contre la guerre en cours. Durant les premières semaines des combats, ces mouvements de protestation avaient été organisés et suivis quasi exclusivement par des militants de gauche.
Les directives du Commandement du Front intérieur en temps de guerre imposent une limite de 50 personnes pour les rassemblements publics en plein air.
Cette semaine, les organisateurs ont saisi la Haute Cour de justice afin qu’elle autorise la participation de 1 000 personnes à une manifestation sur la place Habima à Tel Aviv, de 300 personnes au Centre Horev à Haïfa, de 300 personnes également sur la place de Paris à Jérusalem, et de 200 personnes dans la rue Weizmann Sokolov à Kfar Saba, a fait savoir le site d’information Ynet.
En réponse à ces requêtes, le Commandement du Front intérieur a indiqué à la Haute Cour qu’il autoriserait des manifestations à petite fréquentation.
Deux rassemblements seront autorisés dans des lieux distincts, avec un maximum de 75 personnes chacun sur la place Habima, ont annoncé les médias israéliens.
Les manifestations prévues dans d’autres lieux à travers le pays seront limitées à 50 personnes chacune.
Pour justifier ces restrictions, le Commandement du Front intérieur et la police ont invoqué des raisons d’ordre opérationnel et de sécurité. Les directives limitant les rassemblements en raison des tirs de missiles et de roquettes restent en effet en vigueur.
Le Commandement du Front intérieur a indiqué avoir donné son feu vert après avoir inspecté les différents lieux de manifestation et après s’être assuré de l’existence d’espaces protégés dans lesquels les manifestants pourraient se réfugier en cas d’alerte. La distance par rapport aux abris ainsi que la capacité d’accueil maximale des zones protégées à proximité ont aussi été évaluées.
L’Association pour les droits civils a pour sa part réclamé une audience d’urgence samedi, estimant que le droit de manifester n’était pas respecté.
Selon elle, « les déclarations sur l’importance de la liberté d’expression politique en temps de guerre restent lettre morte », arguant que la décision rendue par la cour lors de l’audience précédente n’avait pas été mise en œuvre dans la pratique.
Vendredi, le président de la Haute Cour, le juge Isaac Amit, a vivement critiqué la position de l’État, faisant valoir que la guerre ne remettait pas en cause le droit de manifester et que la police devait proposer un cadre permettant aux manifestations de se dérouler.
« Nous avons le sentiment que ces dernières années, et pour un avenir proche, le front intérieur est devenu un front », a ainsi déclaré Amit lors de l’audience.
« Telle est la vie, et telle est la réalité. Si nous interdisons les manifestations, cela signifie qu’il n’y aura plus de manifestations en temps de guerre. Au moment même où nous parlons, des centaines de personnes se trouvent dans le centre commercial Big Fashion », a-t-il ajouté.
Le bureau de la procureure générale a fait savoir à la Haute Cour qu’il s’agissait d’une question de fond qui devait absolument être traitée, et qui nécessiterait probablement que le Commandement du Front intérieur présente ses arguments devant les magistrats.
Le Peace Partnership, une coalition de groupes qui appellent à un cessez-le-feu, a commenté ces nouvelles restrictions, soulignant que « 150 manifestants, ce n’est pas un droit de manifester – c’est un quota imposé pour faire taire la contestation ».
« Ce soir, la population va se rassembler en masse dans plus de 20 endroits dans tout le pays. On ne peut pas museler la contestation publique contre la guerre par des restrictions administratives », ont-ils affirmé.
la Communauté du Times of Israël !







