La Haute Cour refuse de reconnaître un otage tué par erreur comme soldat tombé au combat
La famille d’Alon Shamriz qualifie cette décision de “crachat au visage” ; elle avait fait valoir qu’il avait reçu, le 7-Octobre, un ordre de mobilisation en tant que réserviste et qu’il aurait répondu à cet appel lorsqu'il a été enlevé
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Dimanche, la Haute Cour de justice a rejeté un recours déposé par les parents d’Alon Shamriz, otage assassiné, qui demandaient que l’armée israélienne le reconnaisse comme un soldat tombé au combat.
Alon avait été enlevé à son domicile de Kfar Aza le 7 octobre 2023, lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, puis emmené en otage à Gaza.
En décembre 2023, Alon et deux autres otages avaient réussi à s’échapper de leur captivité dans le quartier de Shejaiya, au nord de Gaza, avant d’être tués par erreur par des soldats de Tsahal opérant dans la zone.
Les trois hommes ont été reconnus comme victimes du terrorisme, mais les parents d’Alon ont demandé à l’armée de le reconnaître également comme soldat tombé au combat, ce qui lui donnerait droit à des funérailles militaires et leur permettrait d’être reconnus comme parents d’un soldat tombé au combat.
Toutefois, Tsahal considère que les funérailles militaires sont réservées à ceux qui meurent alors qu’ils sont en service actif, qu’ils soient dans l’armée régulière ou dans la réserve.
Les parents ont fait valoir que, puisqu’Alon avait reçu le 7-Octobre une convocation en tant que réserviste au sein de l’unité d’élite du Corps du Génie Militaire Yahalom – à laquelle, selon eux, il se serait conformé -, il devait être reconnu comme soldat tombé au combat. Ils ont également souligné qu’il avait été actif dans la réserve avant la guerre et qu’il avait fait preuve d’un entraînement militaire et de capacités lui permettant de se libérer, ainsi que ses compagnons otages, de leur captivité.
Dans son arrêt, la Haute Cour a déclaré qu’en se limitant strictement à la lettre de la loi, elle estime que la décision de Tsahal de ne pas reconnaître Alon comme soldat tombé au combat est légale et que la Cour n’a donc pas le pouvoir d’intervenir.
« Cet arrêt n’enlève rien à la profonde reconnaissance due à feu Alon, qui a fait preuve d’un courage extraordinaire et exceptionnel dans des circonstances inimaginablement difficiles », a ajouté la Cour.
« Nous nous associons à l’hommage rendu à sa mémoire et tenons à présenter nos condoléances aux requérants et à sa famille. »
Réagissant à cette décision, le frère d’Alon, Yonatan, l’a qualifiée de « crachat au visage » de sa famille, affirmant qu’elle causerait « un chagrin supplémentaire, injustifié et intense ».
« Cette décision était politique de bout en bout et n’aurait jamais dû être portée devant la Haute Cour », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par le site d’information Ynet.
D’autres cas de familles demandant que leurs proches décédés soient reconnus comme soldats tombés au combat, bien qu’ils ne répondent pas aux critères requis, ont été signalés ; un fait que la famille Shamriz a mis en avant dans son recours adressé au tribunal.
Au début du mois, Tsahal a annoncé avoir éliminé un terroriste qui détenait Alon en otage à Gaza.
En réaction à cette annonce, les frères d’Alon, Yonatan et Ido, ont déclaré : « Le monde est un peu meilleur sans ce terroriste du Hamas », ajoutant toutefois : « Rien ne nous rendra notre héros Alon, et aucune élimination ne pourra effacer la douleur et le vide qui se sont creusés dans nos vies. »
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