La Haute Cour saisie pour faire cesser les transports d’animaux vivants vers Israël
Les défenseurs de la cause animale estiment que le transport maritime enfreint les normes minimales de bien-être animal et ils réclament une fiscalité favorable à la viande réfrigérée
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Des défenseurs du bien-être animal ont de nouveau saisi la Haute Cour afin de mettre fin au transport maritime d’animaux vivants destinés à l’engraissement et à l’abattage en Israël, dénonçant une cruauté extrême envers les animaux.
L’association Freedom for Animals, à l’origine de la campagne « Israel Against Live Shipments », a déposé jeudi une requête de près de 500 pages comprenant les témoignages de trois personnes ayant travaillé dans ce secteur, qui ont décrit des conditions particulièrement éprouvantes.
La requête demande un arrêt progressif de ces transports sur une période de trois ans, assorti de mesures provisoires garantissant que les conditions de transport maritime ne seront pas inférieures aux normes minimales de bien-être animal prévues dans le cadre de la législation israélienne. Elle réclame également l’arrêt immédiat de tout transport maritime d’une durée supérieure à dix jours.
« Aujourd’hui, il ne fait plus aucun doute que les transports d’animaux vivants constituent une grave forme de maltraitance animale », affirme la requête. Celle-ci décrit un stress extrême, des maladies, une chaleur intense qui, selon elle, « cuit les animaux alors qu’ils sont encore vivants », un accès insuffisant à la nourriture et à l’eau potable, des concentrations élevées d’ammoniac provenant de l’urine qui endommagent les muqueuses des yeux et du nez, ainsi qu’une surpopulation extrême qui accroît le stress, provoque des blessures et empêche les animaux les plus faibles de se reposer ou d’accéder à la nourriture et à l’eau.
Jusqu’aux années 1990, les Israéliens consommaient de la viande issue d’animaux élevés et abattus localement, ainsi que de la viande importée, congelée ou réfrigérée.
Dans les années 1990, l’État a commencé à réduire les droits de douane sur les importations de bétail, avant de les supprimer totalement à partir de 2014, tout en maintenant les taxes sur les importations de viande réfrigérée et congelée. Depuis lors, les importations d’animaux vivants ont connu une croissance exponentielle, atteignant un pic en 2021 et 2022 avec près de 300 000 veaux et plus de 540 000 agneaux importés chaque année.
Jusqu’à récemment, ces expéditions provenaient principalement d’Europe, pour des trajets de quatre à onze jours, ou d’Australie, pour des voyages pouvant durer jusqu’à dix-huit jours. À la suite des attaques terroristes des Houthis en mer Rouge et de la décision qui a été prise par l’Australie d’interdire progressivement les exportations d’animaux vivants, Israël a autorisé les importations de bétail en provenance d’Uruguay, un trajet pouvant durer jusqu’à vingt-sept jours.
Dans un arrêt rendu en 2017, la Haute Cour a refusé d’ordonner l’arrêt des transports d’animaux vivants, tout en estimant que la souffrance animale devait être réduite autant que possible. Les services vétérinaires ont ensuite adopté une réglementation fixant diverses exigences, notamment en matière de ventilation des navires et d’approvisionnement quotidien minimal en nourriture et en eau propre.
En 2018, la Knesset avait donné son feu vert en lecture préliminaire à un projet de loi qui prévoyait de réduire progressivement le nombre de bêtes importées en Israël, avec un arrêt de ces importations d’animaux vivants dans les trois ans en passant entièrement à l’importation de viande réfrigérée.
Selon la requête qui a été déposée ce mois-ci, ces réglementations auraient non seulement été élaborées en violation de la loi, mais elles n’auraient pas davantage permis de réduire la souffrance animale. Les requérants et leurs experts affirment que les animaux continueraient de patauger dans leurs propres excréments, qui recouvriraient leur corps et souilleraient leurs abreuvoirs. Ils souffriraient également de fractures causées par le roulis des navires, beaucoup étant laissés pour morts après avoir succombé à leurs blessures ou au manque de nourriture et d’eau.
« Non seulement cette réglementation n’est pas appliquée, mais même si elle l’était, elle entérine des règles qui s’écartent considérablement de toute norme minimale de bien-être animal en vigueur en Israël », soutiennent les requérants.
La requête cite un rapport publié en 2022 par le Centre d’information et de recherche de la Knesset, selon lequel le fait d’encourager les importations de viande réfrigérée plutôt que d’animaux vivants ferait baisser le prix de la viande après une hausse initiale.
Depuis le dépôt de la première requête devant la Haute Cour en 2017, plusieurs pays ont décidé d’interdire les exportations d’animaux vivants, notamment la Nouvelle-Zélande, la Grande-Bretagne (à l’exception de l’Irlande du Nord), l’Australie (à compter de 2028) et l’Inde.
la Communauté du Times of Israël !







