La police autorise désormais des prières imprimées juives au mont du Temple
Cette décision intervient peu après la nomination d'Avshalom Peled, proche d'Itamar Ben Gvir, au poste de chef de la police de Jérusalem ; les militants juifs s'en réjouissent
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Mercredi, la police a autorisé les Juifs à se rendre sur le mont du Temple avec des feuilles de prière imprimées, défiant ainsi une nouvelle fois les réglementations interdisant aux non-musulmans de prier sur ce site sensible de la Vieille Ville de Jérusalem.
Mercredi matin, de bonne heure, des étudiants de la yeshiva du mont du Temple ont distribué des documents liturgiques imprimés sous forme de tracts aux visiteurs juifs qui attendaient d’accéder au mont du Temple. Ces feuillets comprenaient des directives religieuses pour visiter le site sacré, une prière à réciter avant d’y monter et la Amidah, une prière récitée debout trois fois par jour dans la tradition juive.
La police a déclaré avoir accédé à la demande de la yeshiva du mont du Temple – qui encourage les Juifs à monter et à prier sur le site – afin que les visiteurs soient autorisés à emporter avec eux des «fiches d’orientation» dans l’enceinte.
« Afin de maintenir l’ordre existant, il a été décidé que l’utilisation de ces fiches serait limitée uniquement à certaines zones définies par les forces de l’ordre », ont ajouté les forces de l’ordre.
Le mont du Temple, connu en hébreu sous le nom de Har HaBayit, est le site le plus sacré du judaïsme, car il abritait les deux Temples bibliques. La mosquée Al-Aqsa, située sur le mont, est quant à elle le troisième lieu saint de l’islam. Cette zone est donc un point de tension majeur dans le conflit israélo-arabe.
Les prières non musulmanes y sont officiellement interdites, conformément à une série d’accords non écrits entre Israël et la Jordanie, qui administre le site par l’intermédiaire du Waqf islamique de Jérusalem.
Lieu de fortes tensions, sacré à la fois pour le judaïsme et l’islam, le mont du Temple abritait les deux anciens Temples juifs et accueille, depuis le VIIᵉ siècle, la mosquée Al-Aqsa et le sanctuaire du Dôme du Rocher.
Si par le passé, la police expulsait ou interpellait les Juifs surpris en train de prier sur l’esplanade, cette pratique a toutefois largement été abandonnée au cours des trois dernières années, sous l’autorité du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui a maintes fois appelé les forces de l’ordre à autoriser les prières juives sur le site.
Ces dernières années, les visiteurs juifs ont été autorisés à prier et à se prosterner dans la partie orientale du complexe, mais sans pouvoir y introduire des objets de prière tels que des tefillin, des talit – châles de prière – ou des textes liturgiques imprimés.
Mercredi, la police a semblé confirmer sa position officielle en matière de prière non musulmane dans une déclaration qui soulignait que les agents s’efforçaient de « permettre la liberté de culte et de visite au mont du Temple pour toutes les religions et toutes les communautés ».
Les principaux militants en faveur de la prière juive sur le mont du Temple ont minimisé la gravité de cette nouvelle politique, insistant sur le fait qu’il s’agissait simplement d’une reconnaissance de la situation actuelle.
« Les Juifs apportent depuis longtemps des pages et des livres de prières sur le mont du Temple, même si la police n’apprécie pas toujours. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est simplement que la police approuve officiellement ce qui se passe déjà sur le terrain », a déclaré Akiva Ariel, PDG de Beyadenu, une organisation qui œuvre à renforcer la présence juive sur le site.
« Nous allons continuer jusqu’à ce que la prière sur le mont du Temple devienne une réalité normale et courante », a-t-il promis.
« C’est désormais officiel. D’après ce que j’ai compris, la police autorise les tracts », a déclaré un porte-parole de Beyadenu.
S’exprimant auprès du Times of Israel, Ariel a souligné l’importance de ce changement, rappelant que ces documents imprimés faisaient auparavant l’objet de contrôles, « les forces de sécurité israéliennes veillant à ce qu’ils ne soient pas introduits » sur le site.
רגע מרגש בתולדות המאבק היהודי להשבת הר הבית לתפארתו. כעת המשטרה מתירה ליהודים להתפלל מתוך דף תפילה (ביום כיפור האחרון יהודים נעצרו והורחקו בגלל דפים כאלה). שימו לב במיוחד לנוסח ה"לשם ייחוד".
אשרינו שזכינו. תודה לשר בן גביר שמחולל בהר שינוי היסטורי בלתי נתפס.
צילום: אלקנה וולפסון pic.twitter.com/ACS4K85Ycb— ארנון סגל (@arnonsegal1) January 21, 2026
Ce changement survient deux semaines après la nomination d’Avshalom Peled, un proche de Ben Gvir, au poste sensible de commandant du district de Jérusalem, en remplacement d’Amir Arzani. Peled occupait auparavant le poste de chef adjoint de la police.
Haaretz a rapporté qu’Arzani aurait quitté ses fonctions sous la contrainte après s’être opposé aux tentatives de Ben Gvir d’assouplir davantage les restrictions sur le mont du Temple.
Selon Beyadenu, la police n’a autorisé que le dépliant imprimé par la yeshiva du mont du Temple à être apporté sur le site.
Cette disposition pourrait toutefois changer dans un avenir proche, a noté le porte-parole du groupe.
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