L’Autorité aéroportuaire israélienne et le personnel s’accordent sur une série de mesures
Le président de l’IAA, Yiftah Ron-Tal, chercherait par ailleurs à limoger le dirigeant du syndicat des employés des aéroports, Pinchas Idan
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L’Autorité aéroportuaire israélienne (IAA) a annoncé dimanche avoir convenu, avec les représentants du personnel, d’une série de mesures visant à stabiliser l’activité et à réduire les encombrements à l’aéroport international Ben Gurion, notamment en faisant intervenir des cadres sur le terrain, suite à la grève surprise de deux heures qui a eu lieu jeudi à l’aéroport international Ben Gurion et qui a semé le chaos lors de ce qui aurait dû être la journée la plus chargée de l’année 2026 en termes de trafic aérien.
La direction de l’IAA et le syndicat des travailleurs, qui représente les salariés syndiqués de l’aéroport, se sont réunis dimanche matin et sont parvenus à un accord sur une série de mesures immédiates destinées à rétablir le fonctionnement normal de l’aéroport Ben Gurion, a indiqué l’IAA dans un communiqué.
Les responsables syndicaux affirment que l’aéroport manque de personnel et n’est pas en mesure de gérer le nombre de passagers qui y transitent en haute saison. Selon l’IAA, les salariés ont accepté de s’abstenir de toute action collective pendant que l’aéroport tente de retrouver son fonctionnement normal, notamment en matière de manutention des bagages, de sécurité et de services au sol. Pour pallier le manque de personnel, des cadres se joindront aux équipes des services au sol, en se concentrant sur la manutention des bagages et la gestion des files d’attente, afin de désengorger les lieux et de résorber le retard accumulé.
Les deux parties ont convenu qu’aucune modification ne serait apportée aux plans existants visant à recruter de nouveaux employés avant les fêtes du Nouvel an juif, qui constituent une autre période de forte affluence, selon l’Autorité.
Le président de l’IAA, Yiftah Ron-Tal, chercherait par ailleurs à limoger le dirigeant du syndicat des employés des aéroports, Pinchas Idan, selon une information diffusée samedi par la chaîne N12.
Ron-Tal tente de convoquer le conseil d’administration de l’IAA pour évincer Idan, précise le reportage, et sollicite actuellement un avis juridique sur la manière de gérer cette affaire.
Idan, 70 ans, fait déjà face à la colère du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a déclaré vendredi avoir déposé une demande officielle visant à l’exclure de son parti, le Likud. La grève spontanée de jeudi a entraîné d’importants retards et de nombreuses annulations de vols, les comptoirs d’enregistrement et les postes de bagagistes étant restés sans personnel jeudi après-midi.
Le mandat d’Idan à la tête du syndicat devait initialement prendre fin en mai 2026, mais il a été prolongé, vraisemblablement sous la pression de responsables politiques de haut rang du Likud sur l’IAA. Idan est membre du comité central du Likud et aurait recruté des milliers de personnes au sein du parti (il s’était présenté à la Knesset sous la bannière du Likud en 2019, mais on lui avait fait savoir qu’il ne pouvait pas le faire tout en conservant son poste ; il avait donc renoncé à cette candidature).
Le reportage de la chaîne N12 a également rapporté que l’IAA s’apprêtait à licencier un haut responsable administratif proche d’Idan, qui faisait l’objet d’une enquête de la commission de la Fonction publique car il aurait pointé à l’aéroport pendant une dizaine d’années sans réellement travailler.
Un reportage de cette chaîne, diffusé plus tôt cette année, affirmait également que de nombreux proches d’Idan étaient employés à l’aéroport sans y travailler en réalité.
Idan a nié avoir appelé à une grève, quelle qu’elle soit, et a plutôt imputé ces troubles à des pénuries de personnel et aux décisions de la direction de l’aéroport.
Selon la chaîne N12, Idan a déposé un recours devant le tribunal du travail samedi soir, alléguant que l’IAA bafouait les droits des employés de l’aéroport, notamment en imposant aux bagagistes des plages de travail de 12 heures, six jours par semaine.
Selon le reportage télévisé, Idan affirme que les bagagistes étaient épuisés jeudi – alors que l’aéroport devait accueillir quelque 107 000 passagers sur plus de 600 vols – et qu’il a autorisé ceux qui avaient travaillé neuf heures ce jour-là à cesser le travail à la fin de leur service prévu, plutôt que de poursuivre en heures supplémentaires.
N12 a déclaré avoir confirmé que tel était bien le cas, et que c’était la direction de l’aéroport Ben Gurion – sous la responsabilité de Ron-Tal et de la PDG de Ben Gurion, Sharon Kedmi – qui avait ordonné au personnel de l’aéroport, y compris aux comptoirs d’enregistrement, de cesser le travail, car l’aéroport ne pouvait plus fonctionner après le départ de 12 à 20 bagagistes. Les bagages sortant et entrant dans les avions s’accumulaient, et la situation était ingérable.
Selon le reportage, la direction de l’aéroport impute néanmoins la responsabilité de ce chaos à Idan, car la charge de travail importante durant les derniers mois d’été est bien connue, les horaires sont régulièrement prolongés et les heures supplémentaires sont systématiquement payées.
Il précise que Kedmi et Idan devaient se rencontrer jeudi matin pour discuter de la question, compte tenu du nombre très élevé de passagers transitant par l’aéroport ces dernières semaines. Idan ne s’est toutefois pas présenté à la réunion et n’a donné aucun préavis indiquant qu’il autoriserait les bagagistes à rentrer chez eux sans effectuer leurs heures supplémentaires. Cette absence a inévitablement entraîné la fermeture de l’aéroport.
Le coût de cette fermeture a été estimé entre 25 et 30 millions de shekels.
Après le chaos survenu à l’aéroport et avant la conclusion du dernier accord, le syndicat des salariés de l’IAA a déclaré avoir lancé plusieurs avertissements avant la période de forte affluence des vacances d’août. Il a souligné qu’une pénurie aiguë de 400 à 500 employés entraverait la capacité à répondre aux exigences opérationnelles et à assurer les services aux passagers. Outre cette grave pénurie, plus de cent employés sont actuellement mobilisés dans le cadre du service militaire de réserve et des dizaines d’autres sont absents pour cause de maladie de longue durée, de blessures ou d’accidents du travail.
Selon le syndicat, le manque de personnel dans les différents services de l’aéroport affecte les opérations, notamment l’assistance au sol, la lutte contre les incendies, la sécurité, la récupération des bagages et le transport.
Le syndicat a indiqué que le personnel de service de l’IAA, chargé d’assurer le bon déroulement et l’ordre des opérations aéroportuaires, travaille entre 220 et 260 heures par mois, souvent dans des conditions de chaleur intense et sans pause, les services étant prolongés de huit à douze heures pendant la haute saison estivale en raison du manque de personnel.
Le syndicat attribue cette pénurie de personnel en grande partie à des problèmes de gestion et à des difficultés de recrutement. L’IAA a contesté ces chiffres, affirmant qu’Idan avait profité de la période estivale de forte affluence à l’aéroport pour faire pression sur la direction afin d’obtenir des effectifs supplémentaires et des postes permanents.
L’IAA a affirmé avoir travaillé d’arrache-pied ces derniers mois pour recruter du personnel supplémentaire dans tous ses services. Des dizaines d’employés supplémentaires ont déjà été embauchés, et les efforts de recrutement se poursuivent, a déclaré l’Autorité.
L’ancienne directrice générale du ministère des Transports, Keren Turner, désormais membre du parti politique Beyahad, a fait valoir que les voyageurs étaient lésés par la médiocrité des services publics et a vivement critiqué la gestion, par le gouvernement actuel, d’une crise qui, selon elle, était prévisible.
« Les voyageurs paient le prix d’un ministère au bord de l’effondrement en raison de nominations politiques excessives et d’une gestion défaillante », a déclaré Turner.
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