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Le cabinet de sécurité approuve en principe une force internationale de 200 soldats à Gaza

Les ministres valident le cadre juridique régissant l'ISF, qui ne pourra pénétrer dans l'enclave et opérer dans la zone humanitaire qu'après avoir obtenu l'aval de Benjamin Netanyahu, d'Israel Katz et de Gideon Saar

Des soldats israéliens à un poste militaire surplombant la « Ligne jaune », dans le centre de la bande de Gaza, le 26 mai 2026. (Crédit : Ariel Schalit/AP)
Des soldats israéliens à un poste militaire surplombant la « Ligne jaune », dans le centre de la bande de Gaza, le 26 mai 2026. (Crédit : Ariel Schalit/AP)

Le cabinet de sécurité israélien a voté dimanche en faveur d’une entrée limitée de la Force internationale de stabilisation (ISF) dans le cadre du plan pour Gaza mené par le Conseil de Paix, qui inclurait 200 soldats issus de « pays amis », ont déclaré des responsables israéliens au Times of Israel.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a voté contre la proposition, tandis que le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, s’est prononcé en faveur, a indiqué un responsable israélien, sans préciser s’il existait un calendrier pour le déploiement de cette force naissante.

Les soldats de l’ISF seraient, dans un premier temps, déployés le long des frontières d’une zone humanitaire pilote à Gaza, actuellement en cours de planification par le Conseil de Paix dans la région de Rafah, une ville aujourd’hui en ruines.

Le cabinet a également approuvé l’octroi de l’immunité à l’ISF en vertu de la « loi israélienne sur les immunités des organisations internationales », a déclaré un haut responsable israélien, ajoutant que la force opérerait en « totale coordination avec Tsahal » dans des zones situées hors du contrôle de l’armée israélienne.

L’entrée de tout membre de l’ISF restera soumise à l’autorisation spécifique du Premier ministre Benjamin Netanyahu, du ministre de la Défense, Israel Katz, et de Saar, a ajouté le responsable, indiquant vraisemblablement que cette décision n’autorise pas le déploiement immédiat de la force.

« Israël maintient que Tsahal continuera à tenir la ‘Ligne jaune’ [jusqu’à laquelle les troupes se sont retirées en octobre dernier], et qu’il n’y aura aucun [autre] retrait d’aucune sorte tant que le Hamas n’aura pas été complètement désarmé et que la bande de Gaza n’aura pas été entièrement démilitarisée », a déclaré le responsable.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontrant l’envoyé du Conseil de Paix pour Gaza, Nickolay Mladenov, à Jérusalem, le 13 mai 2026. (Crédit : Maayan Toaf/Bureau de la presse gouvernementale)

Le Conseil des ministres a également décidé qu’Israël déterminerait quels pays seraient autorisés à fournir du personnel à l’ISF, a poursuivi le responsable, précisant que « seuls les pays avec lesquels Israël a conclu un accord de paix et qui n’agissent pas contre l’État d’Israël ou ses représentants dans les instances internationales seront admissibles ».

Cette condition semble exclure l’Indonésie, qui n’entretient pas de relations diplomatiques officielles avec Israël et s’était initialement engagée à fournir quelque 8 000 soldats à l’ISF. Toutefois, elle s’est rétractée ces derniers mois en raison d’une levée de boucliers au niveau national et de doutes quant à l’avancement du plan pour Gaza.

Elle exclurait également les troupes turques, la Turquie figurant parmi les critiques les plus virulentes de la guerre menée par Israël contre le Hamas, lancée après le pogrom du 7 octobre 2023, et ayant accueilli des dirigeants du groupe terroriste palestinien.

« À ce stade, la force devrait compter environ 200 membres issus de pays amis tels que l’Ouganda et le Maroc », a déclaré le responsable.

Alors que trois autres pays, l’Albanie, le Kazakhstan et le Kosovo, ont également accepté de fournir des troupes à l’ISF, le Maroc devrait être le premier à déployer effectivement des troupes à Gaza, ont indiqué au Times of Israel des responsables au fait des projets du Conseil de Paix.

Le Conseil de Paix promeut ce plan depuis plusieurs mois. Il prévoit la création d’une zone humanitaire pilote dans la région de Rafah, au sud de Gaza, d’où les troupes israéliennes se retireraient pour laisser la place aux membres de l’ISF. Cet arrangement permettrait à un premier groupe de Gazaouis ayant fait l’objet d’une vérification de leurs antécédents de quitter le territoire contrôlé par le Hamas. Le groupe terroriste a jusqu’à présent catégoriquement refusé de déposer les armes, comme le prévoit le plan en vingt points du président américain Donald Trump pour Gaza. Le Conseil de Paix peine à obtenir l’accord d’Israël sur certains éléments clés de ce plan.

« Je salue les mesures prises par Israël qui permettent le déploiement de la Force internationale de stabilisation à Gaza, conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies », a indiqué le haut-représentant du Conseil de Paix pour Gaza, Nickolay Mladenov, sur le réseau social X.

« Il s’agit d’un élément essentiel du cadre convenu pour stabiliser Gaza, soutenir la démilitarisation et permettre la transition vers une administration palestinienne de transition efficace sous l’égide de la NCAG [Comité national pour l’administration de Gaza]. »

« L’accent est désormais mis sur la mise en œuvre du plan en 20 points pour Gaza, y compris l’application de la feuille de route présentée par les médiateurs », a-t-il ajouté.

Sans mentionner le vote du Conseil des ministres, le NCAG a déclaré dimanche avoir « achevé les préparatifs institutionnels et opérationnels nécessaires pour assumer son mandat dans la bande de Gaza dans le cadre du plan de paix global, dès que le Conseil de Paix et de sécurité aura autorisé le déploiement, que les troupes israéliennes se seront retirées et que les modalités de mise en œuvre convenues seront en place ».

La semaine dernière, Mladenov et Aryeh Lightstone, conseiller spécial du Conseil de Paix, ont rencontré Netanyahu pour l’informer des plans relatifs au projet pilote, et ont reçu une réponse « positive » du Premier ministre, a déclaré dimanche un responsable du Conseil de Paix au Times of Israel.

Une grande partie des sujets qui devaient être abordés lors de la réunion du Conseil des ministres de dimanche portait sur les propositions exposées dans une lettre privée que Lightstone avait adressée au gouvernement israélien le mois dernier, a précisé ce responsable du Conseil de Paix, confirmant ainsi un précédent reportage de Kan sur cette lettre. Selon ce reportage, la lettre appelait à un assouplissement de certaines restrictions sur les biens « à double usage » entrant à Gaza, ainsi qu’à la signature d’accords permettant aux troupes des pays contributeurs à l’ISF d’entrer à Gaza, et à l’approbation de mesures relatives à la sélection et à l’entrée d’une force de police palestinienne devant être déployée dans le cadre du plan Trump.

Ali Shaath, haut responsable du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), signant la déclaration de mission du NCAG, sur une photo publiée le 17 janvier 2026. (Crédit : Ali Shaath/X)

Alors que des diplomates arabes et des responsables israéliens ont déclaré au Times of Israel que la mise en place de la zone humanitaire s’avérait difficile à l’approche des élections israéliennes – la coalition Netanyahu restant réticente à l’idée d’entamer la reconstruction tant que le Hamas reste armé dans la moitié de la bande de Gaza -, le responsable du Conseil de Paix a indiqué qu’Israël s’était montré globalement coopératif, tout en admettant que, même avec l’approbation par le gouvernement de certaines mesures, des progrès significatifs concernant la zone pilote ne se concrétiseraient qu’à long-terme.

« Tous ces éléments avancent. Cela prend simplement un peu de temps », a ajouté le responsable, précisant que le Conseil de Paix comprenait « la réalité » des élections israéliennes, mais que « nous constatons néanmoins que les choses peuvent avancer, au moins au niveau du processus d’approbation ou de coopération, même si la mise en œuvre n’intervient pas 24 heures plus tard ».

L’accord de cessez-le-feu fragile conclu en octobre visait à mettre fin à une guerre de deux ans entre Israël et le Hamas, déclenchée suite au 7-Octobre.

Si les combats les plus violents se sont apaisés, au moins 1 123 personnes auraient été tuées à Gaza depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Ces chiffres, publiés par le groupe terroriste, sont invérifiables et ne font pas la distinction entre civils et terroristes.

Des terroristes armés ont mené des attaques contre les troupes. Israël affirme que ses frappes sont une réponse à ces attaques et à d’autres violations du cessez-le-feu. Cinq soldats israéliens ont été tués depuis lors.

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