Rechercher

Le film sur l’otage Alon Shamriz, tué par erreur par Tsahal, nominé aux Oscars étudiants

Le film d'Omri Koren "Alon, My Brother the Hero" est demi-finaliste du prix du film étudiant décerné par l'Académie des arts et des sciences du cinéma

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Yonatan Shamriz, frère de l'otage Alon Shamriz, accidentellement tué par les troupes de l'armée israélienne à Gaza en décembre 2023, lors d'une manifestation à Tel Aviv après la mort de son frère. (Crédit : Omri Koren)
Yonatan Shamriz, frère de l'otage Alon Shamriz, accidentellement tué par les troupes de l'armée israélienne à Gaza en décembre 2023, lors d'une manifestation à Tel Aviv après la mort de son frère. (Crédit : Omri Koren)

Lorsque le cinéaste étudiant Omri Koren a rencontré des familles évacuées du kibboutz Kfar Aza dans les semaines qui ont suivi le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, il recueillait des informations sur les personnes portées disparues.

Il a rencontré la famille Shamriz, dont le fils et frère de 26 ans, Alon, avait été pris en otage dans la communauté frontalière de Gaza. Il a alors commencé à documenter leur parcours pour obtenir sa libération. Deux mois plus tard, Alon a réussi à s’échapper avec ses compagnons d’infortune, Yotam Haïm et Samer Talalka. Mais les trois hommes ont ensuite été abattus par des soldats israéliens qui les avaient pris pour des terroristes.

Aujourd’hui, le film de 36 minutes de Koren, « Alon, My Brother the Hero », fait partie des quinze demi-finalistes des Oscars étudiants décernés par l’Académie des arts et des sciences du cinéma. La cérémonie de remise des prix est prévue en octobre à New York.

« Cela semble plus précieux en cette période », a déclaré Koren, faisant référence aux films israéliens qui sont rejetés des festivals et des cérémonies de remise de prix en raison du sentiment anti-Israël croissant dans le monde.

« Cela m’a réchauffé le cœur que des gens en dehors d’Israël aient vu le film et qu’il ait eu un impact, qu’ils aient ressenti quelque chose. »

Comme de nombreux cinéastes israéliens, Koren s’est porté volontaire dans les semaines qui ont suivi le l’assaut barbare et sanglant du Hamas du 7 octobre, passant au crible des photos et des vidéos afin d’identifier et de dresser une liste définitive des otages connus.

Le match de football amical du kibboutz Kfar Aza, où le cinéaste Omri Koren a rencontré la famille Shamriz, après le 7 octobre 2023. (Crédit : Autorisation)

Étudiant à l’École de cinéma Sam Spiegel de Jérusalem, Koren a rencontré la famille Shamriz pour la première fois lors d’un match de football improvisé, le vendredi, dans le kibboutz Shefayim, dans le centre d’Israël, où les habitants de Kfar Aza avaient été évacués quelques semaines plus tôt, le 7 octobre.

« J’étais sous le choc. Cette communauté, dont certains membres avaient disparu ou étaient morts, me disait en quasi-unanimité : ‘Si nous ne jouons pas ce match vendredi, c’est déjà perdu’ », a raconté Koren.

« Cela m’a tellement impressionné que j’ai voulu immortaliser ce match. »

Il ne connaissait aucune de ces familles, mais il a rencontré Dikla Shamriz, qui lui a dit qu’elle avait deux fils sur le terrain, Yonatan et Ido, et un troisième fils pris en otage, Alon, ainsi qu’une fille plus jeune.

« Je lui ai demandé : ‘Alors, qu’est-ce que vous faites ici ?’ », a raconté Koren, vraisemblablement perplexe que la mère d’un otage soit capable de fonctionner normalement.

« Si je ne suis pas là, alors j’ai perdu », lui avait répondu Dikla.

Koren a alors décidé d’accompagner Dikla dans ses efforts quotidiens pour obtenir plus d’informations sur Alon, qui avait été pris en otage dans le quartier des jeunes de la communauté, en même temps que dix-huit autres jeunes de Kfar Aza.

Au début, il y avait beaucoup de photographes et de journalistes autour de la famille, et les Shamriz ne faisaient pas de différence entre Koren et les autres.

Extrait de « Alon My Brother the Hero », le film sur l’otage Alon Shamriz, réalisé par Omri Koren en octobre 2024. (Crédit : Autorisation)

Mais il a progressivement commencé à travailler plus étroitement avec la famille, documentant leurs missions, leurs apparitions et leurs déplacements, dans l’idée de montrer un jour à Alon ce qu’ils avaient fait pour le ramener à la maison, une fois qu’il serait relâché.

Le voyage a commencé en Israël, mais ils se sont rapidement retrouvés à l’étranger, car les Shamriz avaient internationalisé la campagne pour la libération d’Alon.
« Yonatan m’a dit qu’ils partaient pour Paris, et je me suis retrouvé à acheter un billet à la dernière minute », a expliqué Koren.

Le film montre des extraits de ces voyages. On y voit notamment Yonatan entrer au Parlement français, s’entretenir avec des responsables de l’ONU et manger un morceau dans un taxi.

« Nous pensions que cela prendrait un mois [jusqu’à la libération de tous les otages], puis trois mois, mais certainement pas près de deux ans, ni que cela se terminerait ainsi pour lui », a déclaré Koren.

Au départ, c’était un projet passionnant. Mais il s’est transformé en projet de fin d’études à mesure que l’histoire évoluait et que les circonstances tragiques de la mort d’Alon se précisaient, a-t-il ajouté.

Le film ne se limite pas à la mort d’Alon, mais suit également la famille alors qu’elle fait face aux conséquences de cet événement, notamment aux funérailles et à l’enterrement douloureux et triste de leur frère et fils au kibboutz Shefayim.

« Il était très clair que je ne quitterais pas la famille, et ils étaient d’accord pour que je continue à filmer », a déclaré Koren.

En seulement 36 minutes, Koren montre l’évolution de la famille après la mort d’Alon, avec le frère aîné Yonatan s’exprimant devant des milliers de personnes lors d’une manifestation anti-gouvernement à Tel Aviv, sur la Place Habima, puis lors de la cérémonie de circoncision de son fils nouveau-né, l’hiver suivant la mort d’Alon.

Lors des funérailles d’Alon Shamriz en décembre 2023, incluses dans le film d’Omri Koren « My Brother Alon the Hero ». (Crédit : Omri Koren)

« En tant que personne qui les accompagne dans ce parcours, j’ai ressenti la pression, le stress et la peur. Mais je ne connaissais pas Alon », a expliqué Koren, âgé de 29 ans, soit à peu près le même âge qu’Alon et ses frères.

« Je l’ai pleuré, et je le pleure encore. Mais c’était quelqu’un que je ne connaissais pas. J’ai appris à le connaître à travers ses proches, mais ce que j’ai vécu n’est rien comparé à leur chagrin. »

« Alon, My Brother the Hero » a été créé et produit par l’École de cinéma Sam Spiegel, avec le soutien du Nouveau Fonds pour le cinéma et la télévision israéliens. Il a été achevé quelques jours avant sa diffusion sur la chaîne israélienne Yes Documentary, à l’occasion du premier anniversaire des massacres du 7 octobre.

La première projection a eu lieu dans un pub temporaire du kibboutz de Kfar Aza, à Shefayim, après que la famille Shamriz a visionné le film à plusieurs reprises et a fait part de ses impressions.

La famille Shamriz lors de la cérémonie de circoncision du nouveau fils de Yonatan Shamriz, après la mort accidentelle de son frère Alon à Gaza en décembre 2023. (Crédit : Omri Koren)

Koren a déclaré qu’il ignorait que l’École de cinéma Sam Spiegel avait envoyé son court métrage aux Oscars étudiants.

Recevoir le titre de demi-finaliste des Oscars étudiants a été émouvant et excitant.

« Le monde ne nous aime pas en ce moment, et à mon grand désespoir, je comprends parfois pourquoi », a déclaré Koren, faisant manifestement référence à la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza.

Le jeune cinéaste travaille actuellement sur son prochain film, un autre court métrage, une tragicomédie qui traite également du deuil.

« Je pense que c’est assez représentatif de ma vie en ce moment, utiliser l’humour pour faire face aux choses sombres », a-t-il déclaré.

« C’est ce que m’ont appris les Shamriz. Ce sont des gens qui ont un grand sens de l’humour et qui essaient de rire à la fin de la journée. On ne peut pas toujours le faire, et on ne veut pas toujours le faire, mais c’est ma nouvelle approche. »

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.