Le gouvernement retire la réforme controversée du secteur laitier du prochain budget
Agriculteurs, kibboutzim et moshavim saluent cette décision et appellent à un accord qui renforcera l'économie, réduira le coût de la vie et soutiendra la production locale
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La réforme controversée du secteur laitier du ministre des Finances Bezalel Smotrich a été retirée mardi de la loi sur les arrangements de 2026, qui accompagne le budget de l’État pour 2026.
Cette réforme avait suscité une forte opposition et des protestations de la part des agriculteurs, ainsi que des actions syndicales qui avaient privé les supermarchés de lait cru pendant une journée. Les agriculteurs, les kibboutzim et les moshavim soutenaient que la réforme entraînerait des pertes d’emplois massives et nuirait à la sécurité alimentaire nationale. Elle avait également rencontré une opposition au sein du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, notamment de la part du ministre de l’Agriculture Avi Dichter et du ministre de l’Économie Nir Barkat.
À la suite d’informations publiées dans la presse israélienne qui avaient laissé entendre que Netanyahu avait insisté pour retirer la réforme de Smotrich de la loi afin de faire adopter le budget, un porte-parole du bureau du ministre des Finances a indiqué au Times of Israel « qu’il avait été décidé de séparer les questions litigieuses, telles que la réforme du secteur laitier, de la loi sur les arrangements », précisant que cette décision avait été prise conjointement par le Premier ministre et Smotrich.
« Pour l’instant, la tâche principale est de garantir l’adoption d’un budget qui réponde à tous les besoins en matière de sécurité et qui assure la stabilité de l’économie », a déclaré le bureau du ministre des Finances.
Le bureau a ajouté « qu’en coordination avec le Premier ministre, il a été convenu que la réforme continuerait à progresser en commission et, après la fin de la guerre, qu’elle serait promue au niveau législatif, conformément à la discipline de coalition ».
S’inscrivant dans un plan plus large visant à réduire le coût de la vie, le projet de loi proposé par Smotrich réduirait la production laitière de 1,5 milliard de litres actuellement à 1 milliard, diminuerait de 15 % le prix au litre payé par les transformateurs laitiers aux agriculteurs et supprimerait les droits de douane pouvant atteindre 40 % afin d’inonder le marché israélien de produits laitiers importés.
Bien que ce plan ait été approuvé par le gouvernement en décembre, il doit encore être autorisé par la Knesset pour entrer en vigueur.
La réforme laitière est la dernière mesure soutenue par Smotrich à être rejetée. Le mois dernier, la Knesset avait révoqué son décret visant à permettre aux Israéliens d’acheter jusqu’à 150 dollars de biens personnels sur des sites web étrangers sans payer la TVA de 18 %, après le refus de Netanyahu d’imposer la discipline de coalition, alors qu’il avait initialement déclaré qu’il le ferait.
Amit Yifrach, secrétaire général du Moshav Movement et président de la Fédération des agriculteurs israéliens, a salué la décision de suspendre la réforme, en déclarant que « depuis le début de la lutte contre la réforme, nous avons souligné l’importance de renforcer la production locale et la sécurité alimentaire, qui constituent des éléments essentiels, tant en temps normal qu’aujourd’hui, dans cette période complexe sur le plan sécuritaire et économique ».
Shay Hajaj, président de la Fédération des autorités locales et chef du Conseil régional de Merhavim, près de la frontière avec Gaza, a quant à lui déclaré « qu’une telle réforme nécessite un examen approfondi, du temps et un processus responsable afin de garantir qu’elle renforce l’industrie et ne nuise pas aux exploitations laitières et aux communautés agricoles qui supportent le poids des implantations (le long des frontières israéliennes) et de la sécurité. »
Lior Simcha, secrétaire général du mouvement kibboutz, a lui indiqué que « le moment était venu pour nous tous de nous unir contre l’ennemi iranien et ceux qui veulent voir l’État d’Israël détruit. Après la guerre, nous nous réunirons tous pour conclure des accords visant à renforcer l’économie, à réduire le coût de la vie et à soutenir l’agriculture et les implantations israéliennes le long des frontières ».
Uri Dorman, secrétaire général de la Fédération des agriculteurs israéliens, a pour sa part déclaré « qu’en cette période difficile, alors que nous sommes engagés dans une campagne contre l’Iran et dans l’opération Lion rugissant, nous avons vu une nouvelle preuve du danger que représentent l’ouverture aux importations, la fermeture des fermes laitières israéliennes, les dommages économiques causés aux familles et la disparition de l’industrie laitière locale. »
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