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Le gouvernement Trump cherche à rassurer sur l’énergie, les patrons moins confiants

Les perturbations sont "temporaires", a affirmé le ministre américain de l'Énergie lors de la CERAWeek, à laquelle plusieurs des plus grands patrons du Golfe n’ont pas participé en raison de la guerre

Un homme passant devant une affiche annonçant la CERAWeek, le salon annuel dédié au secteur de l'énergie organisé par S&P Global, à Houston, au Texas, le 22 mars 2026. (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP)
Un homme passant devant une affiche annonçant la CERAWeek, le salon annuel dédié au secteur de l'énergie organisé par S&P Global, à Houston, au Texas, le 22 mars 2026. (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP)

Lundi, un ministre de Donald Trump a affirmé que les répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur les prix de l’énergie seraient « temporaires », une certitude à laquelle plusieurs patrons pétroliers et gaziers réunis au plus grand rendez-vous mondial de l’énergie, au Texas, ne souscrivent pas.

Jusqu’à vendredi, la ville américaine de Houston accueille dans un immense hôtel résonnant de langues du monde entier la CERAWeek, un forum réunissant 10 000 patrons et acteurs d’un secteur heurté par la guerre et le blocage du détroit d’Ormuz.

Engagé dans le conflit contre le régime iranien aux côtés d’Israël, l’exécutif américain est confronté à la hausse très impopulaire des prix à la pompe, à quelques mois des élections de mi-mandat.

Les perturbations sont « temporaires », a argué lundi le ministre de l’Énergie, Chris Wright, dès l’ouverture de la CERAWeek, devant un auditoire électrique et sans une chaise de libre dans la salle.

Un peu plus tard, lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision CNBC, il s’est adressé au « peuple américain » : « Nous traversons actuellement des turbulences à court terme, mais les avantages à long terme seront énormes. Pensez aux années et aux décennies à venir pour vous et vos enfants : vous verrez un monde bien meilleur. »

Il a ajouté que le gouvernement faisait « tout son possible pour atténuer ces perturbations ». Il a notamment suspendu une partie des sanctions imposées au pétrole russe et iranien, qui visaient à assécher les ressources de ces pays.

Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright (à gauche), s’exprimant aux côtés de Daniel Yergin, auteur et vice-président de S&P Global, lors de la conférence sur l’énergie « CERAWeek by S&P Global », à Houston, au Texas, le 23 mars 2026. (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP)

Quasiment au même moment, le président Trump affirmait que les États-Unis négociaient la fin des hostilités avec des responsables iraniens non identifiés, ce qui a immédiatement fait chuter les cours mondiaux du pétrole de plus de 10 %.

« Il faudra du temps »

En raison de la guerre, de grands patrons du Golfe ont annulé leur participation, notamment ceux des géants nationaux saoudien (Saudi Aramco) et émirati (Adnoc).

Sultan al-Jaber, le directeur général d’Adnoc, a toutefois envoyé un message vidéo alarmant, tranchant avec le ton rassurant des Américains.

Selon lui, le blocage de facto du détroit d’Ormuz par l’Iran relève du « terrorisme économique contre tous les pays », prenant l’image d’une « artère » coupée.

« On ne doit laisser aucun pays prendre Ormuz en otage, ni maintenant, ni à l’avenir », a-t-il ajouté.

Le patron de la compagnie pétrolière américaine Chevron, Mike Wirth, a estimé que les marchés de l’énergie avaient tendance à sous-estimer l’impact du conflit en pariant sur une résolution rapide.

« L’Asie, en particulier, fait face à de vraies inquiétudes concernant l’approvisionnement en pétrole et produits dérivés », a-t-il remarqué.

Même après la fin du conflit, « il faudra du temps pour reconstituer les stocks », a-t-il aussi prévenu, à quoi s’ajouteront les délais nécessaires à la remise en état des infrastructures endommagées.

Patrick Pouyanné, patron du groupe français TotalEnergies, a quant à lui prédit des prix du gaz « très élevés d’ici l’été » si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert, anticipant que l’Europe notamment aurait besoin de beaucoup de gaz pour remplir ses réserves hivernales.

TotalEnergies renonce à l’éolien en mer aux États-Unis

Le début du forum texan a par ailleurs été marqué par l’annonce selon laquelle TotalEnergies récupérerait près d’un milliard de dollars auprès du gouvernement américain pour compenser l’abandon de ses deux projets de parcs éoliens en mer aux États-Unis. Une somme qu’il réinvestira dans les énergies fossiles aux États-Unis, notamment dans un projet de gaz fossile liquéfié (GNL), l’un des axes majeurs de développement du groupe.

(De gauche à droite: Patrick Pouyanne, PDG de TotalEnergies SE, serre la main du secrétaire américain à l’Intérieur, Doug Burgum, après la signature d’un accord lors de la conférence sur l’énergie « CERAWeek by S&P Global » de 2026, à Houston, au Texas, le 23 mars 2026. (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP)

Trump est hostile aux éoliennes, qui selon lui gâchent les paysages et coûtent cher, sans produire en continu.

Depuis son retour au pouvoir pour un second mandat, il a relancé l’exploitation du charbon et encouragé celle du pétrole et du gaz.

TotalEnergies a conclu que l’éolien en mer n’était « pas la méthode la moins chère pour produire de l’électricité » aux États-Unis, a affirmé lundi Pouyanné.

« Cette administration croit aux réalités énergétiques, pas aux fantasmes climatiques », a lancé le ministre américain de l’Intérieur, Doug Burgum.

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