Le Grand Rabbinat ouvre enfin les examens rabbiniques aux femmes
Les requérants, qui avaient initialement sollicité la Haute Cour en 2019, saluent cette décision ; le Rabbinat annonce également qu'il va mener une réforme complète du système
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Après des années de batailles juridiques, le Grand Rabbinat a annoncé, mercredi, l’ouverture des inscriptions aux prochains examens rabbiniques pour les femmes.
Un porte-parole du Grand Rabbinat a publié un communiqué annonçant le début de la période d’inscription aux examens, qui aura lieu au cours du mois du calendrier hébraïque d’Iyar, entre avril et mai. Cette annonce met fin à plusieurs mois d’incertitude, suite à une décision historique de la Haute Cour de justice en juillet.
Bien que le communiqué du Grand Rabbinat ne mentionne pas explicitement que les femmes peuvent s’inscrire aux examens, le porte-parole a confirmé au Times of Israel que c’était bien le cas, « comme l’a décidé la Haute Cour ».
« Je suis vraiment ravie », a déclaré la rabbanit Sarah Segal-Katz, qui faisait partie du groupe de femmes et d’organisations de défense des droits qui ont déposé un recours auprès de la Cour en 2019 pour demander l’autorisation pour les femmes de passer les examens.
« Nous attendions cette opportunité de nous inscrire depuis juillet. »
Le Grand Rabbinat organise des examens dans les principaux domaines de la halakha (loi juive orthodoxe), notamment la casheroute, la niddah (lois sur la pureté familiale), le Shabbat, le deuil et les lois sur le mariage. Les candidats qui souhaitent être reconnus comme rabbins doivent réussir un certain nombre de ces examens (six suffisent pour obtenir le titre de « rabbin de quartier », tandis que le titre de « rabbin de ville » nécessite onze examens).
Cependant, le Grand Rabbinat délivre également d’autres types de certificats à ceux qui réussissent les examens, avec d’importantes implications économiques et sociales.
Par exemple, le certificat « Yoreh Yoreh » (« il peut enseigner »), obtenu après avoir réussi six examens, est, sous certaines conditions, considéré comme équivalent à un diplôme universitaire en termes d’avantages salariaux. Il constitue également une condition préalable pour accéder à certains emplois publics.
La rabbanit Segal-Katz a décidé de saisir la justice après avoir tenté de postuler au poste de superviseur des bains rituels à Jérusalem. Selon la halakha, les femmes mariées doivent s’immerger après leurs menstruations.
La rabbanit Segal-Katz possédait toutes les connaissances halakhiques requises : elle avait étudié à Beit Morasha, une organisation qui, très tôt, a proposé un enseignement de haut niveau aux femmes érudites de la Torah en Israël ; elle était diplômée du programme Rabbanut Yisraelit pour les leaders juifs de l’Institut Hartman ; et elle avait ensuite reçu la semicha (ordination rabbinique) de la Yeshivat Maharat à New York, l’une des premières institutions orthodoxes à ordonner des femmes.
Cependant, le poste de superviseur des bains rituels, qui est administratif plutôt que religieux, n’est ouvert qu’aux candidats ayant réussi au moins trois des examens du Grand Rabbinat, ce qui exclut les femmes.
« Le premier examen que je passerai portera sur la niddah, car je pense que c’est très important sur le plan symbolique », a déclaré la rabbanit Segal-Katz au Times of Israel par téléphone.
« Il s’agit de halakhot [lois] qui traitent du corps de la femme, et nous n’avons pas été autorisées à passer l’examen. »
La rabbanit, qui est israélienne mais vit à New York depuis deux ans, estime déjà bénéficier de la reconnaissance de la société israélienne, mais a souligné qu’il était également important pour elle-même et pour les jeunes générations de femmes érudites de la Torah que l’État reconnaisse officiellement ses connaissances.
Elle a toutefois précisé qu’elle ne cherchait pas à obtenir du Grand Rabbinat une certification officielle en tant que « rabbin », ce qui n’est pas accepté dans l’orthodoxie traditionnelle.
Ni les requérants ni le tribunal n’ont demandé au Grand Rabbinat de certifier officiellement les femmes en tant que rabbins, mais seulement de leur permettre de passer les examens afin qu’elles puissent bénéficier des avantages sociaux et financiers équivalents à ceux des hommes, en cas de notes comparables.
Le groupe de défense des droits religieux ITIM a indiqué dans un communiqué que cette décision du Grand Rabbinat était « un événement historique ».
« Nous saluons la décision du Grand Rabbinat d’honorer la décision de la Haute Cour de justice et d’ouvrir les examens halakhiques aux femmes », a déclaré le président de l’ITIM, le rabbin Seth (Shaul) Farber.
« Il s’agit d’une étape importante et significative qui renforce la confiance du public dans les institutions religieuses et témoigne d’un engagement en faveur de l’égalité dans le cadre de la halakha et de la loi. »
« Nous espérons que le processus d’inscription et d’examen se déroulera sans heurts, de manière professionnelle et respectueuse, afin que chaque candidate puisse réaliser ses aspirations en matière d’étude de la Torah et d’obtention d’un certificat », a-t-il ajouté.
« Il s’agit d’une évolution positive pour la Torah, pour la société israélienne et pour l’avenir de la vie juive en Israël. »
Depuis la décision rendue en juillet, le Grand Rabbinat avait tardé à la mettre en œuvre.
Les examens ont généralement lieu trois fois par an, en été, au printemps et à l’automne, mais les inscriptions pour les examens d’automne n’ont jamais été ouvertes, le Rabbinat ayant demandé à la Cour de se prononcer à nouveau sur l’affaire, tout en exprimant sa volonté de n’autoriser les femmes à passer des examens que dans certaines matières (la demande a été rejetée, comme c’est le cas dans la grande majorité des affaires où une audience supplémentaire est demandée après une décision).
Dans sa déclaration de mercredi, le Grand Rabbinat n’a pas seulement omis de mentionner explicitement que les femmes étaient autorisées à passer l’examen, mais il semblait également s’opposer à la possibilité pour elles d’obtenir la certification.
« Les examens administrés par le Grand Rabbinat constituent une entreprise spirituelle considérable », ont déclaré les grands rabbins Kalman Ber et David Yosef.
« Avec l’aide de Dieu, nous resterons résolument vigilants afin de garantir que seules les personnes qui, selon la halakha, sont dignes de porter un certificat signé par le Grand Rabbinat mériteront de le recevoir, et que celles qui ne le sont pas ne l’obtiendront pas », ont-ils ajouté.
Le communiqué a également annoncé la mise en place par le Conseil du Grand Rabbinat d’une commission professionnelle « chargée de revoir les critères des examens et de mener une réforme complète du système d’examen, qui devrait être publiée dans le courant de l’année ».
la Communauté du Times of Israël !







