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Le leader des Strokes accuse les « sionistes privilégiés » de parler « comme les esclaves noirs »

Dans une web-série, Julian Casablancas affirme que des sionistes américains bénéficient de privilèges tout en se disant opprimés et l’animateur approuve à 100 %

Julian Casablancas, leader du groupe The Strokes, s’entretient avec Kareem Rahma, animateur de la série web « SubwayTakes », dans un train à New York le 22 avril 2026. (Crédit : Capture d’écran/YouTube)
Julian Casablancas, leader du groupe The Strokes, s’entretient avec Kareem Rahma, animateur de la série web « SubwayTakes », dans un train à New York le 22 avril 2026. (Crédit : Capture d’écran/YouTube)

JTA – Dans un épisode d’une web-série populaire qui a été diffusé mardi, le musicien américain Julian Casablancas a affirmé que les « sionistes américains » bénéficiaient de privilèges importants, mais qu’ils « parlent comme s’ils étaient des Noirs à l’époque de l’esclavage ».

Ces propos apparaissent dans une version « non censurée » de 21 minutes de la série SubwayTakes, dans laquelle l’animateur Kareem Rahma interroge des New-Yorkais connus ou émergents sur leurs opinions les plus controversées.

« Bon ben, c’est sympa d’avoir eu une carrière », déclare Casablancas, le leader du groupe The Strokes, avant de se lancer dans sa prise de position controversée selon laquelle « les sionistes américains profitent des avantages des Blancs privilégiés, mais ils parlent comme s’ils étaient des Noirs à l’époque de l’esclavage. »

Rahma, humoriste, réagit dans la foulée, comme à son habitude, en donnant son propre avis, se disant « d’accord à 100 % ».

La version intégrale de la vidéo a été publiée sur la chaîne YouTube SubwayTakes, qui compte près d’un million d’abonnés. Une version abrégée, sans les propos sur les « sionistes américains », a été diffusée sur les comptes Instagram et TikTok du projet, où son audience est encore plus large.

Ce n’est pas la première fois que Casablancas tient ce type de propos. Plus tôt cette semaine, son groupe a utilisé sa dernière chanson lors du festival de Coachella pour dénoncer la guerre américano-israélienne contre la République islamique d’Iran ainsi que la campagne menée par Israël à Gaza. Le chanteur avait également signé auparavant une lettre appelant à un boycott culturel d’Israël.

Julian Casablancas, du groupe The Strokes, se produit lors du premier week-end du Coachella Valley Music and Arts Festival, à Indio, en Californie, le 11 avril 2026. (Crédit : Amy Harris/Invision/AP)

Son échange avec Rahma illustre la banalisation, dans certains milieux américains jeunes et de gauche, d’une critique généralisée des « sionistes ». Dans les commentaires, plusieurs internautes ont salué la prise de position du musicien, certains le présentant comme un modèle pour les artistes souhaitant s’opposer à Israël et à ses soutiens.

« Le fait que Julian persiste à critiquer les sionistes américains, le sionisme et l’impérialisme américain en général me donne de l’espoir et me rend fier. Intelligent, bruyant et vraiment cool », a écrit un internaute sur YouTube. « Franchement, c’est aussi simple que ça, @ tous les autres dans l’industrie. »

Cette vidéo a également été l’occasion pour Rahma de tenir ses propos publics les plus virulents sur Israël, même si ni lui ni Casablancas n’ont mentionné explicitement le pays. Il avait auparavant expliqué avoir tenté d’interroger la vice-présidente Kamala Harris sur la guerre à Gaza, à laquelle il s’opposait, lors de son passage dans l’émission en 2024, mais s’être heurté à un refus.

« Je n’ai jamais rien vu d’aussi choquant, quand ils te disent : ‘Je suis tellement opprimé. Je suis une personne opprimée’ », a dit Rahma en approuvant Casablancas. « Je me dis : tu vas à un mariage à Tel Aviv en ce moment même, alors qu’il y a 80 000 morts – et plus encore – plus de 80 000 morts, dont des femmes et des enfants, à moins d’un kilomètre.” » (La frontière avec Gaza se trouve à environ une heure de route au sud de Tel Aviv.)

Et Rahma de conclure que « c’est complètement fucked up. Et franchement, vous savez quoi ? Je ne pense pas que ce soit mal de le dire. »

Poursuivant son raisonnement, Casablancas a reconnu que le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 était « grave », tout en anticipant ce que pourraient dire ceux qui ne sont pas d’accord avec lui au sujet d’Israël.

« Et pour tous ceux qui vont dire : ‘Hamas !’, ‘7-Octobre !’, je réponds, ‘Oui, c’est grave’ » dit-il, en enchaînant aussitôt : « Mais les révoltes amérindiennes n’ont pas rendu nos actes acceptables pour autant. Les révoltes d’esclaves, même violentes, n’ont pas rendu l’esclavage acceptable. Vous voyez ? C’est le sens de ma réponse. Juste pour être clair – pour les haters, pour ceux qui ne comprennent rien aux médias. »

Dans cette vidéo de 21 minutes, Casablancas s’est également dit opposé aux longs messages vocaux et il a estimé que conservateurs et progressistes devaient s’unir pour « créer un parti populiste consensuel, indépendant des intérêts des grandes entreprises, et lutter contre l’agenda des milliardaires ».

Lorsque Rahma a suggéré que les Américains devaient pouvoir cesser de payer leurs impôts si les États-Unis bombardaient leur pays d’origine, Casablancas a répondu qu’il connaissait néanmoins « des Américains d’origine iranienne qui veulent que les États-Unis bombardent l’Iran ».

Casablancas dirige les Strokes depuis leur premier album, Is This It, sorti en 2001, qui les a propulsés au rang de stars du rock et il est souvent considéré comme le point de départ du renouveau du garage rock des années 2000. Le groupe a remporté plusieurs Brit Awards, et son album de 2021, The New Abnormal, a reçu le Grammy du meilleur album rock. Casablancas a également mené une carrière solo.

Le guitariste des Strokes, Nick Valensi, a indiqué au magazine Tablet en 2018 être le fils d’un père juif tunisien pratiquant et l’époux d’une femme juive séfarade.

Rahma, Égypto-Américain, est également le créateur de Keep the Meter Running, une série web dans laquelle il interviewe des chauffeurs de taxi en leur demandant de le conduire à leur lieu préféré, compteur enclenché.

Dans un épisode d’août 2023, il rencontre un chauffeur boukhariote originaire d’Ouzbékistan qui l’emmène au 2nd Avenue Deli, une institution casher de l’Upper East Side.

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