Le NYT réagit aux critiques israéliennes sur un article alléguant le viol de détenus palestiniens
Des groupes juifs annoncent une manifestation contre ces "calomnies" devant les locaux du journal à Manhattan ; Ehud Olmert affirme que ses propos ont été déformés pour donner l'impression qu'il validait ces allégations
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Le New York Times défend un article affirmant que les forces de sécurité israéliennes violaient des détenus palestiniens, tandis que des groupes juifs annoncent qu’ils manifesteront jeudi devant les locaux du journal à Manhattan pour dénoncer ces « calomnies ».
Cependant, le New York Times n’a pas encore répondu au communiqué de l’ancien Premier ministre, Ehud Olmert, qui accuse le chroniqueur, Nicholas Kristof, d’avoir déformé ses propos afin de donner du crédit aux allégations contenues dans le texte publié lundi et intitulé « Le silence face au viol des Palestiniens ».
Israël a vivement critiqué cet éditorial, le qualifiant de « l’une des pires calomnies de meurtre rituel » de l’histoire des médias modernes, et dénonçant l’utilisation par le journaliste d’un rapport d’une ONG dont les dirigeants ont été photographiés aux côtés de hauts responsables du groupe terroriste palestinien du Hamas.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a également affirmé que le New York Times avait délibérément publié la chronique de Kristof avant la sortie d’un rapport israélien indépendant concluant que le Hamas avait recouru de manière systématique aux violences sexuelles lors du pogrom qu’il a perpétré le 7 octobre 2023, déclenchant ainsi la guerre à Gaza.
Le ministère des Affaires étrangères a affirmé que le New York Times avait été contacté au sujet de l’enquête israélienne « il y a plusieurs mois ».
Dans un communiqué publié mercredi, le New York Times a déclaré qu’il n’avait « jamais transmis » le rapport d’enquête « et n’avait pas été informé de son achèvement ni de la date de sa publication ».
« Une fois le rapport rendu public, nous avons rendu compte de ses conclusions », a-t-il poursuivi, ajoutant que le rapport d’enquête israélien « n’avait aucune incidence sur la chronique d’opinion de Nicholas Kristof ni sur le moment de sa publication ».
Dans un communiqué distinct, le New York Times a également démenti mardi l’affirmation du journaliste David Shuster sur le réseau social X selon laquelle il y avait « déjà des discussions, y compris au plus haut niveau de la rédaction, concernant le retrait » de la chronique de Kristof en raison de « problèmes de crédibilité des sources et d’un manque de preuves ».
Le quotidien a répondu qu’il n’y avait « absolument aucune vérité » dans ces propos, soulignant que Kristof était « un journaliste deux fois lauréat du prix Pulitzer qui couvre les violences sexuelles depuis des décennies ».
« Il s’est rendu dans la région pour recueillir les témoignages de Palestiniens victimes d’abus, et son article relate leurs récits dans leurs propres mots, appuyés par des études indépendantes », a assuré le New York Times.
La chronique de Kristof dénonce, selon le journal, « un schéma de violences sexuelles généralisées commises par des Israéliens contre des hommes, des femmes et même des enfants – par des soldats, des résidents d’implantations, des interrogateurs de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet et, surtout, des gardiens de prison ».
Elle cite des témoignages de Palestiniens et inclut les observations d’Ehud Olmert vers la fin, de sorte qu’elles paraissent confirmer ce qui précède.
« Olmert m’a dit qu’il ne savait pas grand-chose des violences sexuelles commises contre les Palestiniens, mais qu’il n’était pas surpris par les récits que j’avais entendus », a écrit Kristof, avant de citer Olmert : « Est-ce que je crois que cela se produit ? Absolument… Des crimes de guerre sont commis chaque jour dans les Territoires palestiniens. »
Olmert, qui, dans des interviews accordées à des médias étrangers, accuse souvent le gouvernement israélien actuel de crimes de guerre, a déclaré mardi dans un communiqué cité par The Free Press que les propos cités étaient placés de manière trompeuse et qu’il ne pouvait pas confirmer les allégations contenues dans la chronique de Kristof.
« L’article de M. Kristof contient des allégations d’une gravité extraordinaire : les autorités israéliennes auraient ordonné le viol d’enfants, des chiens auraient été utilisés comme instruments d’agression sexuelle, et la torture sexuelle systématique serait une politique d’État. Je n’ai pas validé ces allégations », a affirmé Olmert dans son communiqué.
« Je ne dispose d’aucune information étayant ces allégations, comme je l’ai dit à M. Kristof. Par conséquent, le placement de ma citation après des pages de telles allégations déforme mes opinions », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, les groupes juifs pro-Israël EndJewHatred, Stop Antizionism, Hineni et le Mouvement contre l’anti-sionisme ont annoncé qu’ils organiseraient une manifestation devant le siège du New York Times, sur la 8ᵉ Avenue, jeudi, à la suite de la publication de la chronique de Kristof.
À l’exception d’EndJewHatred, les organisations à l’origine de ce rassemblement sont relativement récentes, ayant été créées à la suite du 7-Octobre et de la montée en flèche de l’antisémitisme aux États-Unis qui s’en est suivie. Ce rassemblement est une première dans le monde des manifestations organisées pour Stop Antizionism, Hineni et le Movement Against Antizionism.
????NEW YORK CITY: We need YOU to come out strong this Thursday May 14th at 5PM to the NYT Headquarters at 620 8th Avenue.
Call out FAKE NEWS. It’s time to send a message to @nytimes that enough is enough!@EndJewHatred https://t.co/ufXz1SHMDi pic.twitter.com/AUv7OTzJQ9
— Jayne Zirkle (@JayneZirkle) May 12, 2026
« Rejoignez-nous pour manifester et faire savoir au New York Times qu’il doit mettre fin aux calomnies anti-sionistes ! Ça suffit ! », ont déclaré les organisateurs.
Cette manifestation fait suite à une marche menée lundi par des militants anti-sionistes dans un quartier juif de Brooklyn. Des échauffourées ont éclaté entre les manifestants et des habitants alors qu’une synagogue locale, Young Israel, accueillait un événement organisé par un groupe immobilier faisant la promotion de biens à vendre dans les implantations de Cisjordanie.
Des images de la manifestation de lundi ont montré des manifestants antisionistes insultant un journaliste du New York Times, qui leur a brandi un bloc-notes sur lequel il avait griffonné : « Avez-vous lu Kristof ? »
On a ensuite vu des policiers interroger le journaliste, qui a déclaré, compte tenu de l’hostilité des manifestants envers le New York Times : « Je pense pouvoir leur demander s’ils ont lu l’article poignant que Nick Kristof a publié aujourd’hui sur les violences sexuelles commises contre les Palestiniens. »
NYPD then pulled the reporter to the side and chastised him.
Cop asked him he’s reporting on the story becoming part of it. pic.twitter.com/PFeBsugbjC
— Timmy Facciola (@TimmyFacciola_) May 12, 2026
« Cela devrait les intéresser. Je pense que c’est une question légitime », a déclaré le journaliste, qui portait un badge de presse.
Le Jewish News Syndicate a identifié le journaliste comme étant le pigiste Nate Schweber et a cité un porte-parole du New York Times confirmant que ce dernier couvrait l’événement pour le journal depuis Brooklyn, lundi.
« La couverture par le Times de la guerre entre Israël et le Hamas a été révélatrice, honnête et sans concession », aurait déclaré le porte-parole.
« Malgré les attaques quasi quotidiennes contre notre couverture provenant de tous bords, nous ne laisserons pas les critiques ou les campagnes de sensibilisation nous dissuader de poursuivre ce journalisme indépendant. »
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